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D’UN VAGABOND HOMÉRIEN À UN AMI

vagabond homérien d’écrire par votre blog à un ami:)))

HOMMAGE A DENIS LAMARRE

article sur Google
pdf, juin 2008, Flèche Mag

(Denis Lamarre)…«Mon retour à la chanson a duré près d’une vingtaine d’années, entre 1982 et 2000…

C’est pendant cette période fébrile qu’il est parti en tournée en duo avec son ami Pierre Rochette, des 2 Pierrots.
Les deux complices ont donné plus de 3 000 spectacles, parcourant le Québec dans tous les sens, sans jamais manquer de revenir régulièrement chanter à l’auberge La Calèche de Sainte-Agathe.

(Denis Lamarre) « Au milieu des années 90, Pierre et moi avons reçu un prix de l’ATL comme employés touristiques de l’année »

——-

Cher Denis Lamarre,

lorsque j’ai quitté la scène en plein milieu d’un spectacle, j’aimerais te confier d’une façon systémique ce qui s’est passé dans ma tête. ce soir-là, pendant la chanson
LA QUÊTE de Jacques Brel…

CE SOIR-LÀ….

Je chantais la quête de Jacques Brel… et soudain tout est apparu très clair dans ma tête… mon merveilleux partenaire de scène qui pendant 18 ans fut d’un comportement éthique et artistique exemplaire venait de se faire offrir le théâtre le Patriote en partenariat avec Percival Broomfield puis après la mort de Percival, en successeur. Pour lui, l’appel a une réorientation de carrière devenait évident.

Mais il devenait aussi évident pour la famille Grand-Maison de l’auberge la Calèche, qui a pris soin de moi comme artiste avec respect et coopération durant 18 belles années, de s ‘associer a Denis pour mieux réussir en affaire…

De mon côté, un photographe de Québec qui avait tout abandonné pour jouer de l’orgue de Barbarie sur les routes du soleil de la France a l’Espagne avait aussi eu l’effet d’un coup de tonnerre sur ma vie… Depuis l’enfance, mon rêve avait toujours été d’être vagabond céleste et non d’être artiste de scène.

Durant la chanson de Brel, je ressentis instantanément et profondément l’appel a la liberté comme l’appel à la créativité de l’écrivain…

Pierrot Rochette, Denis Lamarre, Mario Grand-maison de la Calèche, nos trois routes du rêve compatibles durant 18 ans explosèrent en un coup de tonnerre dans ma tête pendant que je chantais sur scène.

Dans la finale de la chanson de Jacques Brel… l ‘inaccessible étoile est venue me chercher de sa voix amour-présence… même s’il me restait trois ans de contrat et que j’aurais pu rester avec Denis au Patriote jusqu’à ma mort, j’ai quitté calmement la scène, j’ai déposé ma guitare dans la coulisse et je suis sorti par la porte d’en arrière… Ce ne fut pas prémédité… Ce fut vécu comme un coup de foudre pour le vagabondage littéraire et géographique.

J’ai marché jusqu’à la Butte a Mathieu où j’habitais l’ancienne maison de Raymond Lévesque… je venais de devenir écrivain-nomade…

Je ne sais pas si j’aurais eu le même courage si j’avais agi rationnellement…

J ‘ai mis 7 ans à mon 1000 pages , 7 ans de ma vie, dont 2 ans et demie en bibliothèque à savoir où était ma place dans la littérature mondiale…

A 20 ans, je savais comme Cézanne , Proust et Picasso, qu’après ma mort, mon oeuvre serait reconnue comme une grande oeuvre canadienne..

J ‘ai fait pour la littérature ce que Jackson Pollock a fait pour la peinture… le renversement idéologique de l’acte de peindre… pour moi la littérature, c’est le placenta de ce que je suis devenu… De la même manière qu’on ne peut comprendre les demoiselles d’Avignon et son importance culturelle sans une connaissance amoureuse de l’histoire de l’art, on ne peut saisir la musique de mon 1000 pages sans une connaissance de l’histoire de l’écriture au Québec comme au Canada

Ce MONSIEUR 2.7K, c ‘est l’histoire de Monsieur K, prisonnier numérique, qui réussit a s’évader de 1000 pages de débris de bitts pour enfin réaliser son rêve… marcher la fraîcheur existentielle de la beauté du monde sans que le boulet de l’information soit enchaîné a un de ses pieds… retrouver l’ile de l’éternité de l’instant présent telle qu’elle existait avant l’Ulysse de James Joyce et l’Épopée comme l’Iliade d ‘Homère, en faisant par l’errance philosophique le plein d’espace et de temps.… Une épopée du 21eme siècle s’évadant de la dématérialisation numérique graduelle du 20ème.

Dans la lecture de ce 1000 pages, Il ne faut pas trop accorder d’importance aux débrits de bitts (le coté éclaté de l’histoire, du récit).. il faut lire l’ oeuvre comme si on écoutait de la musique contemporaine, dodécaphonique ou sérielle… et suivre la danse concrète et visuelle de Monsieur k (Krishnamurti, Kafka ou Kerouac, selon les pages) danse euphorique comme celle de Zorba le grec, la danse de l’instant présent, la danse de l’île de l’instant présent, celle des brosses d’être et des attaques d’être, la littérature écrite par des pieds qui dansent sur des debits de bitts placentas:))))

En ce sens, mes 100 chansons écrites sur la route furent un journal de bord du journaliste de l’être pendant qu’il danse la fraicheur existentielle de la beauté du monde tout au long de son vagabondage à travers le pays.

…Est-ce folie? Est-ce l’homme du 21eme siècle tel qu’il sera dans deux générations, une masse critique de vagabonds célestes avec vie privée oeuvre d’art en marche épopée vers un pays oeuvre d’art? Seule l’histoire pourra un jour en faire le compte-rendu.

Chose certaine, la communauté des historiens de l’art finit toujours par nettoyer le fil d’or de l’histoire de la pensée en séparant le bon grain de la poussière des mots…

Servir l’histoire de l’art par une vision en signant son siècle, voila le rêve de tout créateur. Comme si on écrivait au clair de la lune et que 1000 ans plus tard , quelques enfants reprenaient le refrain sans se douter qu’ils utilisent un morceau essentiel du patrimoine universel:))))

Je n’aurais pu vagabonder le pays sans le placenta de ma gestation littéraire…

CECI DIT
ET EN CONSÉQUENCE DE QUOI

J ‘aimerais remercier publiquement Denis Lamarre pour ses 18 ans de loyauté sans faille.. et la famille Grand-Maison pour leur coopération financière durant 18 ans, aussi sans faille, à ma vie de créateur…

Ma rupture ne fut pas à la hauteur des 18 années de rêve vécues en équipe et cela uniquement a cause de ma façon romantique de concevoir les changements de cap….

LE DUO ROCHETTE-LAMARRE EN SPECTACLE FURENT 18 ANS DE PUR BONHEUR…

Merci Denis
Merci Mario et la famille

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L’ART EST UNE SORTE DE SCIENCE DE LA LIBERTÉ…. JOSEPH BEUYS

Ce que j’ai adoré le plus dans ma vie d’artiste de scène (32 ans), c’est ce qui se passait entre deux spectacles…

Dans ma vingtaine, je traînais mon gros dactylo dans mon automobile et la nuit, après le spectacle, dans ma chambre de motel, je retapais les textes de mes chansons dans de nouveaux cahiers et j’en apprenais de nouvelles… et surtout, je réfléchissais sur les perles majeures qui trainaient ça et là au cœur de cet art mineur de la ballade… je n’apprenais rien par cœur… je chantais en lisant les textes et souvent, j’arrêtais entre deux couplets pour raconter au public CETTE SCIENCE DE LA LIBERTÉ… qu’y traçaient les Brassens, Brel, Béart, Félix Leclerc…

A cette époque-là, la radio fm de radio-Canada était une radio culturelle et élitiste qui nous faisait découvrir un grand nombre de productions de France-Culture… que d’innombrables heures à rouler en me cultivant.

Puis, en vieillissant, (mes 18 ans en duo avec Denis Lamarre) j’arrêtais la nuit entre deux spectacles pour lire, là où il y avait de la lumière… à une telle intensité que parfois j’oubliais de passer voir une femme ou l’autre parce que mes livres étaient plus intéressants que ce que ces honnêtes représentantes de la beauté du monde auraient pu me conter…

Je n’ai jamais eu de patron, pour ainsi dire, pigiste, libre, hors temps, hors réalité hors servitude, je détestais toute dépendance (j’ai fais ma carrière sans boire, ni droguer, ni fumer)… j’avais même horreur qu’on me touche parce que ça nuisait à mon cerveau:))))))))))))))))))).

J’étais passionné de recherche intellectuelle au point d’avoir mis 14 ans à me taper une mâitrise sur le rire dans une forme de la question doctorante suivante: COMMENT SE FAIT-IL QUE LE SUCRE EST SUCRÉ POUR TOUS ET QU’UN GAG NE SOIT PAS DRÔLE POUR TOUS?

Ce que j’aimais de la scène, c’est qu’elle me permettait une sortie de la prison que constitue la vie axiologique ou fantomatique. Et comme je n’étais pas sensible aux applaudissements où à une réussite au niveau carrière, j’étais comme LA LETTRE VOLÉE D’EDGAR POE… bien cachée parce que visible…

J’ai vécu mes mariages et vies de couple comme John Wayne a fait ses films…. en passant… parce que je ne savais pas encore intellectuellement que toute forme d’engagement est en soi une toile d’araignée axiologique…. je n’avais pas les mots… Le mariage, la famille, la religion, l’état, sont des séquelles désenchantées des errants axiologiques ayant en horreur la peur fantomatique de la survie. Comme disait Einstein, l’homme est d’abord esclave de son estomac.

Musil, Kafka, Bretch, Becket ont contribué mondialement par la littérature à décreypter les pièges de l’errance axiologique en en dénonçant les conséquences fantomatiques… Beuys et Duchamps de leur côté ont ouvert le chantier de l’errance poétique au niveau de l’armature comme de la structure de l’ontologie existentielle bien encadrée théoriquement par l’ÊTRE ET LE NÉANT et LA NOUVELLE THÉORIE DES ÉMOTIONS de Jean-Paul Sartre…

Et en ce sens, L’homme sans qualité de Robert Musil est l’antithèse de L’homme aux quatre questions du vagabond céleste.

Oui, Joseph Beuys a eu raison d’affirmer que L’ART EST UNE ESPÈCE DE SCIENCE DE LA LIBERTÉ.

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5 LETTRES DE SARAH ROUBATO À PIERROT LE VAGABOND CÉLESTE

Montréal, le 8 novembre 2015

Cher Pierrot,

On ne se connaît pas, mais je vous ai tout de suite reconnu. Vous n’étiez même pas là. Je veux dire, pas là physiquement. Mais pendant plus d’une heure, il ne s’agissait que de vous. De vous et de moi.
C’était il y a deux semaines, sur une scène de Montréal. Par la voix les mots et les yeux pétillants de Simon Gauthier, le conteur. Son spectacle Le vagabond céleste, c’Est vous. Enfin c’est un autre vous. Un Pierrot tricoté avec deux pelotes de laine : celle de l’imaginaire et celle du réel.

Dans la première partie du spectacle, Simon vous gonfle d’éther, et nous présente la légende du vagabond céleste. Un personnage de conte, de pur imagination. Puis il le fait descendre dans nos rues, le fait pousser la porte d’un bar et monter sur une scène. À la fin, il vous recoud de chair. Et vous voilà. Le vagabond céleste est une légende réelle. Vous êtes ce que chacun porte en soi.

L’histoire d’un homme qui a quitté sa vie qui ne lui ressemblait plus. Parce que parfois nos vies se mettent à n’en faire qu’à leur tête, à se maquiller et à n’être plus reconnaissable. Il a donc quitté sa maison, ses biens, ses comptes en banque, pour devenir vagabond. En errance poétique. Pour aller chercher la poésie du quotidien auprès des rêveurs, et la redonner à ceux qui ont perdu leur lumière. Offrir des chansons, comme un pont jeté sur la rivière de leur vie. Un pont qui mène sur l’autre rive. Vous savez, celle qui recule toujours. La rive de notre rêve.

C’est à un moment précis du spectacle que je vous ai reconnu. Et en vous reconnaissant, je c’est moi que j’ai reconnu. C’était le moment de cette fameuse nuit. Mais je vous en parlerai dans mon prochain bout de lettre.

entretien avec Simon Gauthier à écouter ici

—–
Montréal, le lendemain du premier morceau

Bonjour Pierrot

Cette fameuse nuit… parce que c’est toujours la nuit que ce genre de chose arrive. À L’heure où le carrefour des petites préoccupations du quotidien est fermé. L’heure où il n’y a plus personne à appeler. C’est une nuit qui tourbillonne. Les objets qui nous entourent ont l’air d’inconnus familiers qui nous demandent ce qu’on fait là. C’est la nuit où toutes les vérités nous rendent visite, l’une après l’autre, chacun accompagnée de sa petite sœur, la peur.

Combien de temps les miroirs mentent avant que cette nuit n’arrive, Pierrot ? Que s’est-il passé cette nuit-là ? Un de ces petits événements qui font tout basculer ? Un enchaînement de petits riens qui ont fini par faire craquer la chaine ? Ça fait mal, hein Pierrot, quand nos chainent craquent. Quand on réalise qu’on ne mène pas la vie qu’on voudrait. Et qu’il faut partir. Briser ses chaines. Ne plus tricher avec son rêve.

signature Sarah NB

——- Montréal, une nuit après le deuxième morceau

Bien cher Pierrot,

Vous avez décidé de tout perdre pour gagner l’essentiel. Vous marchez vos questions : « Qu’est-ce que j’ai fait pour mon rêve aujourd’hui et en quoi s’occupe-t-il de la beauté du monde ? » Vous n’avez pas de maison. Tout ce que vous portez sur vous – manteau, chapeau, chandail, bottes – on vous les a donnés. Vous n’avez que votre guitare et un cahier.

Alors Pierrot, vous ne risquez plus de perdre quoi que ce soit. Ni un chez soi, ni un travail, ni un espoir, même des amis. Puisque vous n’attendez rien et que vous cultivez l’éphémère. Vous n’avez même pas d’itinéraire à suivre, vous allez là où celui qui vous aura pris en pouce va. Enfin si, quand même … vous devez suivre le chemin de votre rêve. Réenchanter le quotidien des autres. C’est un chemin difficile. Car les tentations de la facilité sont partout.

Vous savez Pierrot, c’est devenu à la mode de présenter les itinéraires de grands voyageurs. Untel parcourt l’Afrique à pied, un autre ne dépense pas plus de 1$ par jour. Et tout le monde partage et tout le monde aime. À force d’en voir défiler, tous plus extrêmes et exotiques les uns que les autres, j’ai pensé que c’était trop lointain pour que la plupart des gens se sente concernée.

Mais vous n’êtes pas exotique, Pierrot. Parce que les gens vous connaissent et parlent de vous, ici et partout. Vous êtes parmi nous. Et puis parce qu’il importe peu que vous marchiez le Québec avec un case de guitare ou que vous rouliez dans une belle auto. L’important c’est ce que vous transmettez à tous ceux que vous rencontrez. On peut marcher son rêve sur une route, dans la montagne ou entre les tours d’un building. L’important est de ne se charger de rien d’autre que de ce qui nourrit son rêve. Faire en sorte qu’on ne puisse plus rien perdre.

Ne se charger
De rien d’autre
Que de ce qui nourrit
Mon rêve
signature Sarah NB

——
Montréal, quelques heures après le précédent morceau

Salut Pierrot,

À la sortie du théâtre, j’ai entendu quelques personnes se questionner : « Bon alors c’est qui ce Pierrot ? Il chante ? Ah alors c’est un auteur compositeur interprète ! Un artiste, un vrai ! »

J’imagine que la chanson, vous l’avez pratiqué d’abord comme on panse un bobo avec ce qu’on a sous la main. Écrire, chanter, s’exprimer. Et puis partager. Alors les bars, et puis les scènes. Puis son propre bar, sa propre scène. Et puis… et puis quoi ?

Le partage qui devient une performance ? L’émerveillement qui se fane dans l’habitude ? Le chemin qu’on nous dit le seul : spectacles, albums, promo, affiches, démo, agent, presse…

Alors tu as ramené la chanson à la petite vie des gens de peu. Des gens qui ne vont pas forcément aux spectacles. Vous l’amenez comme les médecins de campagne dans le temps se déplaçaient avec leur trousse de médicaments. Une chanson sans billet de spectacle, sans diffusion, sans programmation, sans applaudissement.

Vous savez, c’est ça à l’origine, la musique et la poésie. Pour appeler les esprits, la pluie, pour se donner du courage avant la chasse ou la guerre ou avant la nuit de noces, pour accompagner les morts, pour soigner, pour consoler, pour partir ailleurs. Je suis partie pendant sept ans, treize fois, pour aller écouter les chansons des femmes à la rivière, au tapis, les chants du berger, dans les montagnes du Maroc. Mais vous savez quoi, Pierrot ? Leurs lanternes s’éteignaient. Ils ne racontaient plus, et chantaient bien moins. Bien sûr à force de me voir revenir, ils ont rallumé une belle lanterne. Trois jours durant, il y eut un feu de joie, un grand événement de poésie de contes de chants.

Mais je devais reprendre ma route. Et aujourd’hui le feu est éteint. On ne peut que rallumer le feu des autres, mais c’est à eux de l’entretenir, pas vrai ? Et notre feu à nous, qui va le nourrir ? Je me souviens de cette question :

« Est-ce que l’univers va s’occuper de moi comme je m’apprête à m’occuper des autres ? »

On s’en parle au prochain morceau !
J’ai bien hâte
signature Sarah NB

—–

Quelques temps après le quatrième morceau

Allo Pierrot

« Est-ce que l’univers va s’occuper de moi comme je m’apprête à m’occuper des autres ? » Quand le vagabond céleste jette cette question à l’assaut du ciel, j’ai ouvert grand les yeux et je me suis avancée comme pour bien entendre la réponse qu’allait lui faire l’univers. Mais rien. Il n’y eut pas de réponse.

Vois-tu, Pierrot, moi aussi je l’ai poussé, ce cri où on met l’univers au défi. Et dans cette question, c’est toute la question de la justice. Le monde est-il juste et équilibré ? Je sais que depuis que tu as chaussé tes bottes, tu as trouvé que oui, l’univers s’occupe de nous quand on lâche tout et qu’on poursuit seulement son rêve. Que vous recevez quand vous donnez. Parce que vous réveillez chez les gens l’envie de donner et de partager. Quelqu’un finit toujours par s’arrêter pour vous prendre dans son char.
Et pourtant, Pierrot, on ne va pas dire au gamin des banlieues de Kiev irradié par Tchernobyl ou celui des campagnes d’Argentine empoisonné par Monsanto, que ce qu’ils vivent est le juste retour de l’univers à ce qu’ils ont fait, n’est-ce pas ? On ne va pas dire aux ouvriers, paysans et artisans qui aiment leur travail et ont trimé toute leur vie, et qui ont tout perdu parce que des businessmen se sont amusés avec la valeur de tout, que ça leur est arrivé parce qu’ils ont triché avec leurs rêves ? Et les businessmen repus et enflés de pouvoir et heureux à leur manière, va-t-on leur dire qu’ils ont la vie qu’ils méritent ?
J’ai beaucoup voyagé et j’ai côtoyé des milieux très différents. Et partout je n’ai vu que le règne du chaos. J’ai vu des gens méritants talentueux et travailleurs trouver leur rêve, et d’autres tout aussi talentueux, travaillants, généreux, finir misérables et seuls. Je vois chaque jour la bêtise, la facilité et le conformisme être récompensé. Entendons-nous bien, Pierrot. Je ne parle pas de succès et de gloire décadente à la Whitney Houston. Je parle bien d’épanouissement personnel, de paix intérieure et de rêve accompli.

Les gens peuvent être aussi méprisants et indifférents qu’ils savent être attentifs et généreux. Et je maintiens que l’univers ne s’occupe pas toujours de ceux qui s’occupent des autres. Ne pensez-vous pas que le monde aurait une autre tête, si c’était le cas ?

Je crois que chacun pétrit moule et taille son rêve, mais qu’aucun rêve ne peut marcher tout seul. Il lui faut un sol avec du sable ou des graviers, de la terre ou du bois, il lui faut aussi un air, un soleil, un horizon. Je crois que sans sa femme, Nelson Mandela aurait été oublié au fond de sa prison. Je crois que sans Jacques Canetti, les Brel, les Barbara, les Brassens, les Piaf, seraient restés – comme d’autres – des amuseurs de cabaret. Parce qu’il a cru en eux au moment où personne n’y croyait.

Je crois que la meilleure des graines peut ne pas pousser si le sol, la lumière et l’eau ne sont pas cléments. Je crois qu’il existe beaucoup de puissances endormies en nous, qui resteront toujours inactivées. Je crois que des vies pleines de ces puissances sont arrêtées chaque jour, pour rien. Je crois que toute personne qui a connu un champ de bataille, et l’obus qui tombe ici et pas un mètre plus loin, le sait.

Je crois aux rencontres avortées qui auraient pu construire bien des rêves, mais qui ne se sont pas faites. Parce que ça n’était pas le bon moment. Je crois qu’on fait ce qu’on peut et qu’il manque quelque chose à l’équation : si tu ne triches pas avec ton rêve, l’univers te répondra. L’univers est capricieux, Pierrot.

Je ne crois pas que les choses sont comme elles devraient être. Et que c’est bien pour ça qu’il faut avoir un rêve. Un rêve qui s’occupe de la beauté du monde, puisque le monde est parfois bien négligent de sa beauté.

Voilà Pierrot, je ne sais pas si dans tes vagabondages sur la sphère virtuelle tu trouveras cette lettre, ces morceaux que je dépose au bord de la route en attendant que quelqu’un s’arrête.

Je te laisse avec deux chansons entre lesquelles je tangue :

C’est peut-être de Allain Leprest

La prière de Brassens
signature Sarah NB

—–

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ARCHIVE COURRIEL DE SEPT-ILES À ISABELLE LA BOXEUSE

2014-05-12 13:53
chère Isabelle

Si tu savais comme garder son ancrage sur la route comme vagabond est intensément essentiel… J’y arrive mais cela demande une vigilance quotidienne. Ne pas perdre son rêve de vue, ne vivre que pour son rêve, et ne vivre que pour la route disciplinée menant à son rêve, au point où j’évite de parler de mon rêve, pour ne pas me disperser, je m’enferme en moi-même plus que nécessaire pour ne pas me perdre et je fonce… L’onu m’attend en 2018 et je n’ai pas besoin que personne ne le sache d’ici là (sauf Alexis et toi:))))) bien sur…

Je suis en ce moment en bibliotheque jusqu’à 8 h ce soir, puis ce sera le Tim Horton et si on ne vient pas me chercher, je marcherai 24 kilomètres avec mon bâton de pélerin par pure fierté d’être à la hauteur d’un pays… d’être à la hauteur des vagabonds de l’histoire qui m’ont précédé…

Fonce, garde ton calme, corrige peu à peu les irritants par des études d’ancrage en essai et erreur et tu y arriveras

Lâche pas

Pierrot

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ARCHIVE D’UN COURRIEL À SIMON SUR LE VAGABOND FRANÇOIS VILLON CHANTÉ PAR REGIANNI

mon rapport avec villon regianni
From pierrot@reveursequitables.com
To Simon Gauthier
Date 2012-11-19 13:50

Quand je suis arrivé à Montréal chez ma tante lucienne pour étudier à Brébeuf, Regianni avait sorti un long jeu avec un 45 tours, sur lequel il y avait la ballade des pendus… C’était mon seul disque sur mon petit pick up:))) et cette chanson a joué sans arrêt durant des mois.Je pleurais toutes les larmes de mon corps, de joie car Je reliais en moi le Jean Narrache de mon enfance avec le Villon de la fin de mon adolescence, deux vagabonds poètes dont la légende en faisait des personnages aussi poétiques de ceux du loup des steppes de Hermann Hess, dont j,achetai une cinquantaine de copie que je donnai à différents artistes en difficultés pour qu’ils gardent confiance en leur vocation.

durant les fêtes de 1970 je crois, je fis le tour de la Gaspésie sur le pouce avec Pierre Angers des Contretemps ( nous avons fait 2 long jeu si je me souviens bien) ils doivent être à la bibliothèque nationale avec celui que j’ai fait qui s’intitule Pierre Rochette chante le vieux Montréal et le livre de poésie.

Pierre Angers et moi ne pûmes dépasser Chandler, les tempêtes ayant bloqué les routes, nous dumes revenir sur nos pas. Mais notre vagabondage nous a rapporté des contrats dans la vallée de Matapédia. Je rêvais de poétiser Villon par ma vie même, et je me rappelle avoir chanté le poème de Villon sur la musique de Regianni dans les moments les plus difficiles.

Pierrot

Simon Gauthier <simondufleuve@gmail.com> a écrit :

Merci Pierro, je vais prendre le temps de
lire ce que tu m’envois et plus encore!
Merci encore pour tes histoires
et notre rencontre.
C’est un oeuf
+++

Aujourd’hui il fait beau soleil.
Je vais prendre une marche et quelques rayons d’automne.

J’ai rencontré juste après notre séparation au Salon du livre mon ami (et
le tien aussi)
Richard Gamache

Il me fait te mettre à l’oreille “Vas dire à ma mère que le poête est mort”

!!!! avec un grand sourire toujours cet éclatant Gamache de la Gamacherie”

Il va bien.
Il te salue affectueusement le fil d’or
À bientôt
à plus
Simon
on on on on on

ARCHIVE D’UN COURRIEL A SIMON GAUTHIER SUR LE THÈME DU VAGABOND

2013-01-15

wowwwww
tu vois
le sens historique du mot vagabond
s’est détérioré
avec la société de consommation.

l’autobiographie
d’Ignace de Loyola
en donne le vrai sens
soit celui de pélerin

un vagabond est un pélerin
de l’impossibe
un freeman
de l’être

son sens nord-américain
le plus précieux
en fut
coureur des bois

p.s.
je vais voir ton site
sur la rencotnre des vagabonds

Le vrai sens de Noel
c’est une histoire à son sujet
qui transcende toutes celles des cadeaux empilés

On m’a raconté sur la route
la plus belle histoire de Noel
que je conte maintenant

Un monsieur très riche
était allé frappé à la porte d’une femme monoparentale
pour lui donner de l’argent
afin qu’elle s’achète
de la nourriture pour noel
avec ses enfants.

Le soir de Noel
sachant que le monsieur était seul
elle lui a téléphoné
pour l’inviter à réveillonnse
avec ses enfants

ce soir là
cet homme
devint vagabond hors de la prison de sa vie privée
un freeman de l’existence
un pélerin de l’essentiel
soit
la bienveillance les uns envers les autres
le soir de Noel

bonne route
dans ta vie privée oeuvre d’art
qu’est ta vie d’artiste

Pierrot

Simon Gauthier <simondufleuve@gmail.com> a écrit :

Allo Pierrot, j’ai entendu à radio-canada
à l’émission “La tête en l’air”,
vers 5- 6 heures
dimanche dernier
qu’il y avait une rencontre annuelle de vagabond aux Étas-Unis,
J’ai trouvé le site.
Je te le fais passer.
Pour ton info,

http://www.brittiowa.com/hobo/index.htm

++Bonne journée
Je suis dans mon pays oeuvre d’art à Forestville.
Je travaille avec des enfants à l’écriture d’un conte.
Je leur sème le plus de liberté possible.
Dans ces région où subsiste un désert culturel.

Les enfants sont les plantes à nourrir

+++
Merci pour toutes tes lettres que je n’ai pas fini de lire,
elles sont des cadeaux que j’ouvre une à une, lentement.

Tu sais, j’aurais aimé dans ma famille qu’on déballe un cadeau par jour
(pour Noel)
Déballer un cadeau par jour pour bien le sentir, sentir l’intention… que
ce soit long.
ET au contraire (comme le dernier Noel), il s’agit plutôt d’empifrement de
cadeaux.
LEs enfants ne voyaient plus passer les cadeaux, même qu’il y eu une
indigestion de cadeaux. L’intérêt s’est momentanément perdu. Tous les
cadeaux étaient laissé sans intérêt dans les coin et les enfants avaient
disparus!

Wow, qu’est ce que je trouvais révélateur sur notre société de consommation.

Beau et triste à la fois,
enfin
j’espère vivre Noel autrement l’année prochaine!

++
Je t’encourage dans tes recherches

Simon

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ARCHIVE D’UN COURRIEL À SIMON GAUTHIER SUR LA PHILOSOPHIE DE L’ERRANCE

2013-09-15
WOWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWW
MERVEILLEUX D’AVOIR DE TES NOUVELLES

Je répondrai passionnément à chacune de tes questions d’autant plus que ma thèse de doctorat en phénoménologie par l’argumentation de la 5eme loi (loi que je surnomme temporairement la loi François d’Assise ou la loi de la beauté du monde comme don par le don) repose essentiellement sur une analyse chirurgicale des petites choses de mon quotidien après avoir passé un mois à dormir sous le même arbre devant la même carte postale dans l’objectif de me dissoudre sous un archétype, celui du vagabond philosophique, trop heureux de s’envoler tel un oiseau-poète hors du iceberg psychologique que constitue trop souvent les irritants de la vie domestique et sociale.

Mais en préambule, si tu vas sur Google, et que tu tapes philosophie de l’errance, tu tomberas sur l’?uvre d’Edouard Gallant et le MOTIF DE L’ERRANCE comme motif de PRÉSENCE POÉTIQUE AU MONDE, qui a atteint sa maturité dans sa dernière ?uvre, PHILOSOPHIE DE LA RELATION.

——

Mais d’abord quelques phrases de Dominique Berthet, dans son avant-propos d’un petit livre intitulé FIGURES DE L’ERRANCE (L’HARMATTAN, 2007)

” Errer possède un double sens. Un premier venant du latin errare signifie aller de côté et d’autre, au hasard, à l’aventure. Référence à la pensée qui ne se fixe pas, qui vagabonde. Laisser errer signifie alors laisser en toute liberté…

Mais ce verbe signifie aussi se tromper, avoir une fausse opinion, s’écarter de la vérité. Par le passé, l’errant était celui qui errait contre la foi, c’était le méchant, l’infidèle, le pécheur. Ici l’errance conduit à l’erreur: Le littré donne d’ailleurs comme définition de erreur:ACTION D’ERRER CA ET LÀ. ACTION D’ERRER MORALEMENT OU INTELLECTUELLEMENT, ÉTAT D’ESPRIT QUI SE TROMPE. On parlera ainsi d’errements.

Mais ce verbe errer ne doit pas être confondu avec un autre, qui se trouve dans l’ancien français et qui signifie, aller, voyager, cheminer, verbe qui était très employé sous cette forme, venant du bas-latin iterare. C’est ce verbe qui est usité pour parler DU CHEVALIER ERRANT, du JUIN ERRant, ce personnage imaginaire tant peint par Chagall, que l’on suppose condamné à voyager incessamment jusqu’à la fin des temps. C’est aussi Zarathoustra, voyageur errant. Ici existe donc l’idée de voyager même si c’est au hasard.

L’errance peut s’envisager au moins sous deux aspects: D’ordinaire, elle est associée au mouvement, souvent À LA MARCHE, à l’idée d’égarement, à l’absence de but. On la décrit comme une obligation à laquelle on succombe sans trop savoir pourquoi, QUI NOUS JETTE HORS DE NOUS-MÊMES, et qui ne mène nulle part.
L’errance, toujours vue sous cet angle, s’accompagne d’incertitude, de mystère, d’angoisse et de peur. C’est une épreuve. Elle est perte de soi-même. CETTE CONCEPTION DE L’ERRANCE NÉGATIVE envisage l’errant comme un être égaré, désoeuvré, à la dérive, sorte de SDF de notre période contemporaine. Mais l’errance est-elle toujours l’expression d’une crise? Faut-il n’envisager que les affres de l’errance? Sans doute pas car elle possède de nombreuses autres facettes.

En référence au second verbe errer (iterare), être errant c’est être, à un moment donné, SANS ATTACHE PARTICULIÈRE, ALLANT D’UN LIEU A L’AUTRE, EN APPARENCE SANS VÉRITABLE BUT. En apparence seulement car l’errance EST UNE QUÊTE: une quête d’autre chose, d’un autre lieu qu’Alexandre Laumonier appelle LE LIEU ACCEPTABLE.

L’errance pose en effet un certain nombre de questions concernant le lieu, l’espace, le mouvement, le temps. Cette recherche du lieu acceptable distingue l’errance du voyage.

Voyager, c’est quitter son domicile ordinaire pour l’inconnu, sachant que le voyage n’est vraiment jamais accompli qu’avec le retour. Dans le voyage, il n’est pas recherché un autre lieu ou vivre. Le voyage est un éloignement momentané…. ( MOI JE NE VOYAGE JAMAIS SIMON)

Cela dit, d’autres voyages s’apparentent à L’ERRANCE telle qu’elle vient d’être évoqués (iterare). VOYAGE INITIATIQUE À LA DÉCOUVERTE DE SOI-MÊME ET DES AUTRES DANS UN REVE DE L’AILLEURS (CA C’EST MOI LE VAGABOND CELESTE SIMON) tel qu’en firent l’expérience Rimbaud, Gauguin ou les hippies des ann.es 1970 sillonnant l’Inde. Long périple à la recherche de ce lieu acceptable dont l’inattendu, l’inconnu et l’errance sont les composantes.

Dans cette errance, l’objectif n’est pas de se perdre mais de se trouver. L’errance est la quête incessante d’un ailleurs. Du fait de cette quête, généralement. IL N’EST PAS ENVISAGÉ DE RETOUR EN ARRIERE (ca c’est le vagabond céleste Simon) c’est à dire de retour à l’endroit dont on a senti le besoin de partir.

Car l’errance relève de LA NÉCESSITÉ INTÉRIEURE, NÉCESSITÉ DE PARTIR, DE PORTER SES PAS PLUS LOIN *** (les fameuses bottes pour aller plus loin dans la vie) et son existence ailleurs.

LE RETOUR SERAIT LA MARQUE DE L’ECHEC DE L’ERRANCE (ca aussi c’est le vagabond celeste simon) parce que l’expression de l’inaccessibilité de la quête.

Mais l’errance n’est pas nécessairement continue (ca c’est aussi moi). Elle peut s’accompagner de pauses, de temps d’arret, de même qu’elle peut comprendre des étapes. (ca aussi c’est moi) De plus elle ne relève pas d’une condamnation à l,errance perpétuelle (TOUT À FAIT MOI). Elle peut avoir une fin.

Quoi qu’il en soit, on en ressort toujours autre, différent. L’expérience de l,errance transforme, comme tout moment fort de l’existence. Après plus rien n’est pareil. LE REGARD QUE L’ON PORTE SUR LES CHOSES A CHANGÉ.

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pierrot vagabond

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michel le concierge

ARCHIVE D’UN COURRIEL A SIMON GAUTHIER… LE MENTEUX POURQUOI IL MENT

Pierrot pourrais-tu me renseigner sur la “fonction” du menteux.
Pourquoi il “ment” ?. À quoi sert son mensonge? Pourquoi doit-il mentir?
C’est plus fort que lui?
La provenance de son mensonge?
Qu’elle est la réalité du menteux? Vit-il dans le mensonge?
Sait-Il qu’il ment?
Est-ce un art?

Simon

———–
Je dirais que le menteux ne vit pas dans le mensonge, mais dans LE SONGE….

Et il doit avoir appris son métier d’un menteux du village engagé pour l’hiver pour en devenir un lui-même.

Le village où j’ai appris le mien s’appelle LA BUTTE À MATHIEU et mes trois maîtres y vivaient… Laurence Lepage, son frère Cyril Lepage et Philippe Gagnon le violonneux au violon de stainless.

Je vais maintenant te conter ma plus belle histoire de menteux:)))

LA VRAIE HISTOIRE DE LA BUTTE À MATHIEU, celle qu’on ne raconte nulle part parce qu’il faut avoir vécu jour après jour sur les lieux mêmes pour en deviner la beauté de ce qui fut UN SONGE FABULEUX DANS L’HISTOIRE DU QUÉBEC…

Et j’ai bien peur de ne pas être capable de retenir mes larmes parce que le meilleur de ma jeunesse s’y cache encore aujourd’hui. J’y suis allé l’année passée lors d’un vagabondage…

….et dans mon vagabondage tardif, je me faisais penser à Raymond Levesque qui un soir rentra seul dans son ancienne maison pour y revivre le meilleur de lui-même à moitié sourd, me racontant… comment il avait écrit quand les hommes vivront d’amour. ” J’étais à Paris, complètement saoul, qu’il me dit, et un gars m’a dit une phrase… quand les hommes vivront d’amour… je l’ai transcrit sur mon paquet de cigarettes… le lendemain avec un mal de tête, je retrouve ma phrase en prenant une cigarette… 15 minutes plus tard, ma chanson était écrite…”

Ma maison est encore là, presque telle quelle et à côté ils ont démoli ma chère boîte à chansons, LA BUTTRE AUX PIERROTS où j’ai joué durant deux ans sans interruption avec l’autre Pierrot les fins de semaine et 5 jours par semaine l’été, tout en animant nos boîtes les pierrots et les deux Pierrots dans le Vieux Montréal les débuts de semaine.

Mais il reste mon chemin de pierre que j’avais construit la nuit, pierre par pierre, avec une brouette, qui partait de ma maison RAYMOND LEVESQUE jusqu’à sous la scène de la Butte aux Pierrots où j’envisageais d’y déposer mes cendres à ma mort.

Tu te rends compte… Ma chambre à coucher était située à côté de la scène de la butte aux Pierrots… J’en étais tellement amoureux que la nuit, entre deux tours de brouettes remplies de pierres ramassées sur un chemin de campagne, j’allais en pyjama laver ma scène à la moppe, toutes les lumières de scène allumées en me disant…. Je dois préserver le côté sacré de ce lieu où Félix Leclerc et les autres sont venus construire LE SONGE DU QUEBEC DE DEMAIN… Je dois laver la poussière déposer par ma vie d’artiste pour y faire resplendir la beauté de leur vie de pionnier culturel. Et je fredonnais de leurs chansons pour bien y dessiner leurs menteries dans le creux des miennes…et je refaisais leurs chansons chaque soir sur scène pour faire vibrer le peuple à ses racines, dans l’espoir d’un Québec indépendant (nous étions en 1975 je crois). A cette époque, nos salles étaient remplies de familles… les enfants emmenaient leurs parents et leurs grands-parents… c’était LA GRAND MESSE DU QUÉBEC DE DEMAIN célébrée par les MENTEUX DU VILLAGE DE LA BUTTE… que nous étions devenus Jos Leroux, Daniel Blouin, Pierrot David et Pierrot Rochette, Blouin et Leroux, chansonniers-animateurs ayant acheté les maisons de Laurence et Cyril Lepage…et Philippe Gagnon était parti avec sa roulotte. Nous étions les héritiers…

LES DEUX PIERROTS étaient alors un véritable triomphe de la contre-culture. Nous remplissions nos salles qu’importe où nous allions à travers le Québec.Nous portions le SONGE DU PAYS VU COMME UN MENSONGE PAR LES ANGLAIS:)))) et cela en chantant nos folklores, nos grands textes et cela avec une seule guitare aussi nue que son petit micro devant son ouverture et l’autre kicro devant notre bouche. Le peuple criait, pleurait, chantait, riait… et non les gens, tous avaient le sentiment d’être un dans quelque chose de grand qui s’annonce à l’horizon, LE GRAND MENSONGE QUI VA A LUI SEUL CHASSER NOTRE MISERE…

——-

Mais ma vraie fierté était ailleurs…

En 1974, mes trois maîtres du songe vivaient autour de moi. Philippe Gagnon le violonneux au violon de stainless dans sa roulotte, LA GAROUINE, juste en face de ma fenêtre de cuisine, Cyril Lepage le créateur de la chanson Marilou chantée par plume, astrologue dans la maison à l’horizon de la mienne et notre maître menteux à tous Laurence Lepage, chansonnier icône des années 60 créateur des deux hits des boites d’animations sur tout le territoire du Québec, Monsieur Marcoux Labonté et mon vieux François.

A cette époque, la Butte (son terrain autour de la boîte à chansons de Gilles Mathieu) était un VILLAGE de 6 maisons, une roulotte, plus une série de 6 petits motels grands comme ma main. Pierrot David et moi Pierrot Rochette, Michel Mc lain des Karricks, Philippe Gagnon, Cyril Lepage et Laurence Lepage son frère.Les autres étant locataires de passage…

Je me rappelle toutes ces années où j’ai vécu sur la Butte à Mathieu devenue la Butte aux Pierrots où j’avais acheté l’ancienne maison où Raymond Levesque vivait quand il écrivait ses revues qu’il jouait au théâtre de la Butte.

Autour de moi vivaient les trois plus grands menteux que j’ai connu dans ma vie…Mes MAITRES DU SONGE…. Ils avaient été réunis là par Gilles Mathieu de Val David, le propriétaire des lieux qui d’instinct reconnaissait les personnages qui allait faire de son lieu un songe à la hauteur des plus grands mensonges sans quoi on ne peut créer un pays:)))

Homère a créé la Grèce avec l’Odyssée et l’Illyade… au point où c’est avec ses vers qu’on enseignait à tous les enfants dans les écoles DE TOUTE LA GRÈCE à devenir des hommes…

Nous les chansonniers-ANIMATEURS fumes les liquidateurs du petit catéchisme… MON PAYS CE N’EST PAS UN PAYS C’EST L’HIVER disait Vigneault… notre Homère à nous les québécois. Et nous bâtissions un songe, en récitant soir après soir les vers de Félix, Vigneault, Gauthier et Laurence Lepage… nOUS BÂTISSIONS UN PAYS PAR LE MENSONGE… c’est à dire par l’audace d’habiter le songe en disant merde à la réalité de gagne-misère. Nous chassions la misère pour mieux faire naviguer LE PAYS-SONGE vers le quai du réel.

—–

Revenons à mes maîtres…L’hiver venu, la Butte n’ouvrait que le vendredi et samedi soir, chauffée par d’immenses chaudières poêles à bois… Mais le reste de la semaine… Nous vivions isolés…

Le premier Philippe Gagnon le violonneux au violon de stainless habitait une roulotte… Elle était équipée d’une petite scène qui basculait vers le dehors

Autour du petit poêle à bois, dans l’entrée de la Butte, Philippe avec quelques verres dans le nez, me disait que l’été prochain il allait faire le tour du monde avec sa garouine… Pour gagner des sous, facile, arrive dans un village, baisse la scène et joue du violon avec un chapeau. Et j’avais beau lui dire en riant que sa garouine était si vieille qu’il aurait de la misère à faire le tour des routes du Québec, il en rajoutait pour me dire qu’il ferait non seulement le tour de la planète, mais il parcourerait les étoiles et le cosmos tout entier:))))Et que personne ne serait capable de l’en empêcher… Quel chasse-misère extraordinaire… Il y avait une tempête de neige dehors.. mais lui, le menteux du village engagé pour l’hiver… nous faisait rêver à la magie des étoiles l’été.

—–

IL EST TEMPS MAINTENANT DE RÉPONDRE À TES QUESTIONS SIMON

1- Pourrais-tu me renseigner sur la fonction du menteux?

Il est essentiel à un village… c’est celui qui montre du doigt le SONGE À REVER POUR QUE SON VILLAGE DEVIENNE ENFIN LE PAYS CHASSE-MISÈRE OÙ IL FERA BON VIVRE.

2- pourquoi il ment?

Le menteux du village ne ment jamais, il CONTE une menterie… Une menterie est un CONTE chasse-misère…

3- A quoi sert son mensonge?

Sa menterie… sert…A faire de la vie des humains une aventure collective à la grandeur d’un SONGE…

4- pourquoi doit-il mentir?

parce que seul l’impossible est fascinant dans cette vie… Mentir c’est dire non au possible pour faire exploser le feu d’artifice de l’impossible…

5- c’est plus fort que lui?

Oui, le menteux du village est un prophète engagé par la beauté du monde elle-même))))))) comme chasse-misère autour du poêle à bois l’hiver.

6- la provenance de son mensonge?

la poésie du quotidien

7- Quelle est la réalité du menteux?

les étoiles 24 heures par jour… Il regarde la terre et le petit point sur terre qu’est son village avec les yeux d’un prince des étoiles.

8- Vit-il dans le mensonge?…

Tout menteux a horreur du mensonge… il vit dans la poésie de la menterie:)))

9- sait-il qu’il ment?

Un menteux ne ment jamais… il ne dit que la moitié de la vérité

10- Est-ce un art?

Je crois que c’est le plus grand des arts sur cette terre… mais il ne s’apprend pas… Homère n’a probablement jamais existé… c’est un archétype de milleurs de troubadours dont on a un jour rassemblé les vers de la tradition orale pour en faire un pays chasse-misère:)))

Pierrot
vagabond de l’impossible…

SUR GOOGLE
PIERROT VAGABOND

www.lepaysoeuvredart.com
michel le concierge

ARCHIVES… QUELQUES NOM PIGÉS ICI ET LÀ

2013-10-06

SALUT PIERROT
ICI SIMON

pourrais-tu stp me dresser un itinéraire sur les personnes que je devrai aller rencontrer pour dresser une carte des rêveurs et aller collecter leur histoire et itoo leur histoire reliée à la tienne.
mme George Leboeuf à la tuque, le camionneur de la Tuque, et d’autres personnes que tu me pointeras pour qu’éventuellement je mette mes bottes afin d’aller les rencontrer.
Ce serait super.

—-
MICHEL WOODARD A 20 HEURES DE VIDEO
MON ARRIVE CHEZ LUI COMME VAGABOND EN 2007
michel@reveursequitables.com
ce serait le fun
que toi et ta compagne veniez passer
une fin de semaine a grandes-iles, Valleyfield
avec Michel et Marlene
pour puiser dans ce coffre-au trésor:))
ce que tu veux savoir:::

Je suis sur que Michel et Marlene
seront fiers de vous recevoir:)))

Michel a vécu ma vie d’artiste
8 ans avec moi au st-vincent et au pierrot»:)))

église de mont carmel
la tombe du curé et de mon père

Merc
Je te souhaite en forme
Simon
Tadoussac / sous le soleil

—–

DENIS LAMARRE
ST-ADOLPHE D’HOWARD
MON ANCIEN PARTENAIRE DE SCENE DURANT 18 ANS
PLEIN DE DOCUMENTS PERTINENTS:)))

LA TUQUE

LUC LAVOIE DE LA TUQUE
PEINTRE… TRES IMPORTANT:))))
une vraie mémoire de mon vagabondage

aNDRÉ mERCIER

Ginette et Jean-René

PIERROT!

Merci pour notre complicité!
Merci pour tes chansons!
Merci pour ta bonne humeur!
Merci pour tes WOW!
Merci d?avoir égayé nos déjeuners!
Merci de nous avoir écouté et ce fut un grand plaisir de t?écouter a notre tour.
Tu es un être extraordinaire. Nous sommes tres heureux de t?avoir connu et nous te demandons de faire attention a toi.
Tu ne peux nous oublier car les pieds de Jean-René te suivront partout avec ses bottes et ses combines te réchaufferont.

Réalise ton REVE!

A bientôt! Ginette et Jean-René.

PS Annick aimerait communiquer avec toi, laisse un no. de tel ou appelle-la.

—–

Chanrasmey Sam, Cambodgienne a La Tuque
Jonathan Dufresne chante de mes chansons sur Youtube
Denis Cantin
Clément Lebel
Francoise Ferron, mon ancien professeur du primaire
Renald Boutin
Ma nièce Karinne, petite fille de Paulo chez qui j’ai laissé mon baton de pelerin de la Gaspésie
(René Moisan ou Denis Rochette te donneront son adresse)

ST-BRUNO
steve couture proprietaire centre de ski st-bruno

MONTREAL

Yves Casgrain, specialiste des sectes

Andrée Anne Fréchette, écrivaine

CLAUDE DESJARDINS QUI FAIT QUOI MONTREAL

Michel labrosse montreal

ste-agathe
sylvain Bedard

st-raymond de portneuf
valerie paquette

Jacques du mini jardin botanique ste-anne de beaupré

Pascale vertigo natashquan

Lucie gérante d’un subway dans le bout de Sherbrooke
(la femme au char dans l’noir)voici le mot que m’a laissé dans ma guitare
Madame Subway lorsque nous nous sommes
quittés dans l’Eglise de Natashquan ou je priais pour elle.

CADEAU
A MON ANGE DU BOUT DU MONDE

au vieux
j’ai donné un coeur de mère à aimer

au vagabond au coeur d’or
j’ai donné une femme à réparer

à l’itinérant boiteux
j’ai donné l’enfant à élever

à l’artiste
j’ai donné une artiste à aimer
réparer, élever, éduquer
et de façon équitable

bonne route
ne t’arrête pas de semer la bonne nouvelle
et la clarté

que de partout
à travers ce beau pays
les hommes puissent se souvenir
et les femmes pleurer le vieillard
du bout du monde
avec un sourire enchanteur
qui leur a ravi leur coeur
en chantant le bonheur
sur le bord d’une route enchantée

vagabond au grand coeur
lorsqu’un jour
plein de sagesse
tu reviendras meubler
une page ou deux de mon quotidien

et que d’un regard plein de tristesse
épuisé de tant de largesses
tu puisses dans un élan de tendresse
étancher ta souffrance passagère

et moi la mère de tous les enfants
prendrai ta tête entre mes mains
et la déposerai sur mon coeur
en te berçant doucement
pour alléger ton coeur d’enfant

au revoir ami

—-
Raoul inou manutenan

ARCHIVE DE MON PROJET DE DOCTORAT EN 2014

AOÛT 2014
PROJET DE DOCTORAT
LA VIE PERSONNELLE OEUVRE D’ART

1- Qu’est-ce qu’une vie personnelle œuvre d’art?

C’est une expérience existentielle en dialogue avec une philosophie existentielle.

2- Quel est l’objectif de la thèse?
Il est double…

A- Ayant défini le concept « d’expérience existentielle» comme une performance(Pierre Restany dans «l’inflexion de l’art dans la sphère existentielle)et comme une manœuvre (Guy Sioui Durand, l’art comme alternative)

B- Ayant défini le concept de «philosophie existentielle» comme l’ultime liberté responsable du sujet humain (Karl Jaspers, Philosophie, orientation dans le monde, éclairement de l’existence et métaphysique)

C- Ce doctorat désirant se sculpter comme une majeure en philosophie et une mineure en performance, a comme objectif de se munir d’une armature intellectuelle dans le but d’accompagner UNE PERFORMANCE ET UNE MANOEUVRE.

1- LA-DITE PERFORMANCE: au festival d’art contemporain de Richard Martel de Québec, présenter un documentaire de Michel Woodart intitulé la vie personnelle œuvre d’art, fondement du pays œuvre d’art tiré de 27 heures de videos témoignant du making of du projet de performance et de manoeuvre depuis 2007, le tout suivi d’une performance life par Pierre Rochette et Michel Woodart intitulée: 39 ARTISTES ACTIVISTES HUMANISTES… où 39 personnes ANONYMES se posent les quatre questions existentielles du doctorat: Quel est ton rêve? Dans combien de jours? Qu’as-tu fait aujourd’hui pour ton rêve? En quoi ton rêve prend-t-il soin de la beauté du monde? Le tout documenté en direct sur internet, inaugurant ainsi le CHANTIER-MANOEUVRE d’un futur pays œuvre d’art.

2- LA DITE-MANOEUVRE… en 2018, pour le 70eme anniversaire de la déclaration de l’homme, organiser un march-o-t-on avec comme présidente d’honneur Johanne Chagnon qui a su par sa fondation et son éthique d’artiste-activiste-humaniste, faire de la performance comme de la manœuvre une célébration de l’existence humaine. J’aimerais aussi être accompagné des gardiens de sécurité de l’université du Québec dont j’ai appris chaque prénom et me suis préoccupé de chaque rêve tout le long de mon squattage intellectuel à l’Uquam, manoeuvrant à titre de vagabond-poète…… Objectif: qu’en annexe de la déclaration des droits de l’homme, l’ONU reconnaisse à toute personne humaine vivant sur cette terre, le droit universel à une vie personnelle œuvre d’art.

www.reveursequitables.com, presse, monsieur 2.7 k et show-case st-jerome
www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.demers.qc.ca, l’île de l’éternité de l’instant présent, prologue

www.google, pierrot vagabond
www.youtube.com, Simon Gauthier vagabond céleste

Pierrot
ermite des routes

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PIERROT VAGABOND

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