POÉSIE D’UNE AMITIÉ OEUVRE D’ART …… PAR LE CANOTAGE DE LA RIVIÈRE DU VOIR …. AU SOLEIL DE SON RÊVE BIG BANG ….. ROUGE COUCHANT D’UNE EXTASE DE BROSSES D’ÊTRE ET D’ATTAQUES D’ÊTRE AUX HORIZONS IMPOSSIBLES… HEUREUX…. INDÉCEMMENT HEUREUX…. CAR LA DÉVOTION AU RÊVE BIG BANG DE L’AUTRE ILLUMINE LE SENS MÊME DU PAYS RU RIEN…. QUI SIGNE LE RÉEL MAIS N’EN FAIT PAS PARTIE…. ET POURTANT …. CES DEUX RIVIÈRES DES PULSIONS ET DES SENTIMENTS QUI TEMPÊTÈRENT MES 32 ANS D’ARTISTE DE SCÈNE …. S’ÉLOIGNENT COMME UN ICEBERG QUI FOND…. NE LAISSANT FLOTTANT COMME DES BRINDILLES S’ÉCHAPPANT DU FEU DU VOIR … QUE DES DÉBRIS DE LA MÉMOIRE DU K-OEUR

Quelle poésie que cette amitié oeuvre d’art avec G. …. plus de deux ans 2 mois maintenant …. et il en est ressorti un été 2020 fait d’une épopée créatrice heureuse comme le vagabond céleste n’en a jamais vécu dans sa vie… La poésie …. la poésie d’être vivant…..ohhhhhhhh …

Qu’est-ce qu’écrire pour le vagabond céleste? Je dirais qu’écrire c’est vagabonder des mots qui flottent comme des bulles de savon qu’un enfant ferait en soufflant dans un petit outil enchanteur….
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J’ai vagabondé le pays oeuvre d’art de Frank Scott quand j’étais squatter à Recyclo-livres, librairie alternative de Victoriaville. j’y ai dormi pendant 4 ans sur une table dans la cave, recouvert d’un drap blanc taché de peintures… 4 ans… à la recherche du wow…. par le -T (la tricherie) avec le merveilleux Gérard C.…. que de nuits nous avons passé …. Gérard et moi …. devant le grand tableau vert avec nos craies… à chercher la philosophie du wow….
Quand j’y repense….. Je sais qu’il y a un journal de 3000 pages qui traîne fort probablement dans un courriel dont je n’ai plus le mot de passe …. en fichier attaché… que j’écrivais jour après jour… comme je le fais dans ce blogue depuis 5 ou 6 ans….
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Comment ais-je pu survivre sans souffrir avec 2 paires de jeans , 2 chandails, des bas troués, un vieux manteau d’hiver…. à me laver dans un back à vaisselle… à marcher la nuit la beauté du monde toute en étreinte dans une empilade de livres …. Je rêvais poésie… je n’étais que poésie …. j’achevais d’écrire Monsieur 2.7k? …. Tout n’était que poésie…. Mais j’avais ma guitare et mon vieux cahier de chansons… quand même…..
Ah Gérard …. Nous avons été vraiment heureux….. Parfois… après une nuit de travail de recherche au tableau vert… nous sortions notre jeu d’échec…. puis …à 9 heures pile am… Nous ouvrions la librairie tout en continuant à jouer aux échecs… jusqu’à épuisement…
Puis… totalement épuisé, je descendais dans la cave . Tout au fond… enseveli de livres, une table m’attendait entre des rideaux disparates… Je m’écroulais épuisé… Combien de fois les clients ou clientes de recyclo-livres sont descendus dans la cave sans même se douter qu’un vagabond y dormait… Combien de fois mes pieds se sont retrouvés directement sur le corps des clients penchés sur une rangée de livres… Je ne bougeais pas… Incroyable… Un simple rideau cachait l’impossible…..
Que j’adorais quand la librairie fermait le soir, Gérard…. Tu partais dormir chez ta mère…Moi… je montais un hamac en haut sur le plancher de la librairie et m’y étendais en écoutant la radio de Radio-Canada…
4 ans comme cela… J’étais président d’une association des écrivains de la région… Nous étions une quinzaine je crois… Une fois par deux semaines je crois… je tirais ma table … et les 15… autour de ma table… nous tenions assemblée… puis recyclo-livres payait la pizza pour tout le monde…..
Quand tout le monde partait… je replaçais ma table entre les rideaux et je retombais dans une solitude poétique de plus en plus hors temps, hors réalité, hors servitude….
Je réussis enfin à donner par élection ma place de président à un autre… et me fit fantôme de moi-même… Les réunions se tinrent en haut… Il y avait tempête de neige dehors…. et les années passaient… j’avais disparu de la réalité sociale…. et pourtant… je rêvais d’un pays oeuvre d’art pour tous… ne sachant trop comment m’y prendre pour que mon rêve devienne une épopée pour tous et par tous….
Des nuits entières à marcher le plancher de la librairie, à lire, à fuir l’ustensilaire pour accéder intemporellement à l’île de l’éternité de l’instant présent…
Nous avions toi et moi une amitié oeuvre d’art Gérard. Je prenais soin de ton rêve et tu prenais soin du mien…. Mais je n’avais pas encore les mots pour le dire…
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Aujourd’hui avec G. 2 ans et 2 mois d’une amitié oeuvre d’art qui porte poésie par les mots…. en cet été 2020…. Une épopée au quotidien d’une poésie heureuse… C’est fou… ma vie fut la fuite de gare en gare de l’ontike par le rêve big bang onti-kha-tif d’une vie personnelle oeuvre d’art à la recherche des mots pour le dire….
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Vers la fin de mon séjour à Recyclo-livres,,, Gérard …… je me rappelle d’une crise que j’ai faite à une cliente qui me demandait conseil au sujet d’un livre…. J’étais furieux après cet écrivain carriériste dont le livre m’apparaissait une fraude ustensilaire comme bien des livres… Je criai… je hurlai… je jetai le livre contre le mur en disant que la poésie méritait que cela… Je fis peur à la dame….
C’est là que je me suis dit… Il est temps de fuir…. de partir… En aurais-je le courage?…. les nuits devinrent plus fragiles…. Tous ces livres m’apparaissaient soudain des prisons … même la table ou je dormais entre les rideaux dans la cave ne portait plus la poésie qui m’habitait….
La gare de mes brosses d’être et de mes attaques d’être ….était soudain devenue désuète … Je quittai Recyclo-livres comme je quittai la scène …. abruptement… sans préparation aucune… Je n’avais même pas de sac de couchaqe, de sac à dos…. Je marchai… c’était en avril… j’arrêtai chez le poète Ubald… Il me donna un vieux sac à dos, un vieux sac de couchage, une gourde…. Je n’avais pris aucun morceau de linge sauf ce que j’avais sur le dos… mais j’avais ma guitare… et mon vieux cahier de chansons…. que je mis aussitôt dans le vieux sac à dos……
Et je marchai… fin avril…. Et je sus…. qu’instantanément… la rue deviendrait mon apothéose sur terre… J’arrivai dans une route de bois…. Le ciel était noir d’un orage à venir…. Une ferme… des jeunes sur la galerie… Je demande mon chemin… on me demande qui je suis… je leur dis Philosophe… et un jeune dit… Tu couches ici ce soir… elle aime la philosophie… Dès que j,entrai dans la maison de la ferme (les parents étaient absents pour la fin de semaine) le ciel se déchaîna d’un orage qui tomba toute la nuit… Je sus instantanément que je serais protégé parce que j’avais posé la bonne question au réel:
SI JE PRENDS SOIN DE TOI UNIVERS … VAS-TU PRENDRE SOIN DE MOI?
Le lendemain matin, comme la pluie avait cessé… sans un sou dans mes poches… je partis avant qu’on se lève… et c’est la faim au ventre que la poésie revint dans ma vie.
Pierrot vagabond