UNE BRÈVE HISTOIRE DU MULTIVERS

Une brève histoire des multivers

L’idée d’univers multiples se rencontre chez différents auteurs à travers l’histoire. C’est sans doute chez Anaximandre (vie siècle avant J.-C.) qu’elle apparaît en premier, au détour d’une réflexion sur le concept d’apeiron, littéralement « l’illimité ». Anaximandre pense une multitude de mondes successifs définis par leurs rapports à la qualité, à l’espace et au temps. La proposition, sous une autre forme, se trouve également chez les grandes figures de l’atomisme ancien : Démocrite, par exemple (ve siècle avant J.-C.), considère que les mondes sont en nombre infini, naissent et se forment.

Au Moyen Âge et à l’âge classique, les mondes multiples fleurissent à nouveau. Au début du xve siècle, Nicolas de Cues – contemporain de la redécouverte de l’ouvrage de Lucrèce De la nature – imagine une pluralité de mondes dont les habitants se distingueraient par leur caractère propre. Giordano Bruno (1548-1600) évoque, dans des textes d’une extraordinaire audace et clairvoyance, les « grands et spacieux mondes infinis » tandis que son frère de pensée français, François Rabelais (1483 ?-1553), imagine des mondes co-existants, magiques ou mystiques, et inspirés des cent quatre-vingt-trois mondes du philosophe présocratique Petron d’Himère. En un sens très différent, Leibniz (1646-1716) pense des mondes multiples qui permettent de comprendre le nôtre comme le « meilleur » et d’introduire une forme de contingence au cœur de la définition des possibles.

La philosophie contemporaine recourt aux univers pluriels suivant deux axes disjoints. Le premier, celui de David Kellogg Lewis (1941-2001), consiste à considérer que tout ce qui est possible est effectivement réel dans un certain monde. Contrairement à son apparence échevelée, cette proposition permet de faire face à des questions techniques de philosophie analytique, en particulier concernant les énoncés contrefactuels (du type : « A est la cause de B » signifiant « Si A ne s’était pas produit, B ne se serait pas […]

À SUIVRE….

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