Category Archives: Uncategorized

ASPECT ET EINSTEIN

Alain Aspect L’homme qui a donné tort à Einstein


PHOTO MARTIN BLACHE, FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE

Le physicien et Prix Nobel de physique, Alain Aspect, discutant avec le directeur scientifique de l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke, Alexandre Blais, devant des étudiants

Philippe Mercure

PHILIPPE MERCURELA PRESSE

Qui, sur cette Terre, peut se vanter d’avoir pris en défaut le grand Albert Einstein ?

 

C’est le cas du physicien français Alain Aspect, à l’origine d’une expérience devenue mythique réalisée en 1982 et qui lui a valu le prix Nobel de physique l’an dernier.

Quand j’ai appris que le professeur Aspect était de passage à Sherbrooke à la fin de l’année dernière, j’ai réagi comme le ferait mon collègue Alexandre Sirois si Taylor Swift annonçait un spectacle au Vieux Clocher de Magog à deux jours d’avis. (Oui, Alex est un Swiftie, il s’en est confessé publiquement⁠1.)

C’est donc à des patrons un brin perplexes que j’ai annoncé devoir absolument chambouler mon horaire pour aller rencontrer celui dont les travaux m’ont fasciné dès mes premiers contacts avec la physique moderne, au cégep.

J’ai eu le privilège d’avoir un peu de temps seul à seul avec ce maître de la physique expérimentale. Puis j’ai assisté à la conférence (magistrale) qu’il a donnée à l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke, avant d’y recevoir un doctorat honorifique.


PHOTO MARTIN BLACHE, FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE

La conférence d’Alain Aspect à l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke, avant d’y recevoir un doctorat honorifique

Il en ressort qu’Alain Aspect n’est pas du genre à s’enorgueillir d’avoir donné tort à Einstein.

Si vous avez bien écouté ma conférence, c’est qui, mon héros ? C’est Einstein. Il avait tort, oui. Mais à l’époque où il a développé sa position, il ne savait pas qu’il avait tort. Sa position était tout à fait légitime. Alors si je pouvais rencontrer Einstein, je lui dirais : […] voilà le résultat des expériences. Alors, qu’est-ce que vous en concluez, mon cher Albert ?

 Alain Aspect, physicien

Pour comprendre la contribution fondamentale d’Alain Aspect à la physique moderne, il faut remonter aux années 1920 et 1930.

Si vous ne comprenez pas tout ce qui suit, ce n’est pas grave et c’est normal. L’important est de réaliser qu’on touche ici à la nature même du monde – et à la façon dont l’humain peut la comprendre.

À l’époque, la physique quantique, cette science qui décrit le comportement des objets dans l’infiniment petit, est en plein développement.

La mécanique quantique est une discipline étrange, profondément contre-intuitive, avec laquelle j’ai moi-même jonglé pendant ma maîtrise en génie physique sans jamais avoir le sentiment de bien la comprendre.

Cette science est probabiliste, dans le sens où elle ne permet de prédire à peu près rien avec certitude. Elle décrit des objets qui peuvent être à la fois des ondes et des particules, et dont il est impossible de connaître simultanément la vitesse et la position.

Einstein est connu pour la relativité et sa fameuse équation E = mc⁠2, mais il est aussi l’un des fondateurs de la mécanique quantique. À l’époque où il la développe, il a toutefois le sentiment que la science est incomplète. Il estime que son aspect probabiliste cache une incompréhension.

« Dieu ne joue pas aux dés », lance-t-il dans une phrase devenue célèbre.


PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Le physicien Albert Einstein

En 1935, avec les physiciens Boris Podolsky et Nathan Rosen, Einstein publie un article qui fait grand bruit. Les physiciens montrent que les équations de la physique quantique conduisent à un phénomène extrêmement étrange : l’intrication.

Par une expérience de pensée, Einstein et ses comparses imaginent deux particules de lumière envoyées dans des directions opposées. Ils montrent que selon la mécanique quantique, une mesure faite sur une particule conduit automatiquement à la même valeur sur l’autre, de façon instantanée.

Quel lien magique peut bien relier ainsi les particules distantes ? Comment de l’information peut-elle voyager à une vitesse infiniment grande entre les deux ? Mystère. L’affaire est appelée « paradoxe EPR », pour Einstein-Podolsky-Rosen.

Einstein y voit la preuve que la mécanique quantique est incomplète. Il estime que si les deux particules peuvent ainsi s’influencer l’une l’autre à distance, c’est qu’il existe des « variables cachées » qui étaient présentes avant leur séparation.

Son point de vue s’oppose à celui de son grand ami Niels Bohr, un physicien danois qui soutient au contraire qu’il faut accepter l’intrication et la nature probabiliste de la mécanique quantique.

« Mais qui êtes-vous, Albert Einstein, pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ? », dit Bohr à Einstein en réponse à sa boutade sur les dés.


PHOTO TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

Le physicien Niels Bohr

Ce débat entre titans, c’est l’homme que j’ai devant moi qui le tranchera.

Alain Aspect mettra sept ans à reproduire en laboratoire l’expérience de pensée imaginée par Einstein, Podolsky et Rosen.

Vous avez deux énormes physiciens que sont Niels Bohr et Albert Einstein. Les deux n’étaient pas d’accord. On pensait que le débat était purement philosophique. Et puis on comprend qu’on va pouvoir le trancher par une expérience. Je trouvais ça passionnant.

 Alain Aspect, physicien

Grâce à un mécanisme extrêmement astucieux et des manipulations expérimentales exceptionnelles, le professeur Aspect prouve hors de tout doute que les « variables cachées » d’Einstein n’existent pas. Il en sera récompensé par le Nobel de physique 40 ans plus tard.

Savait-il à l’époque qu’il donnerait raison à Bohr plutôt qu’à Einstein ?

« Non, non, non, me répond-il. L’expérimentateur doit être complètement ouvert. »

Une autre question me brûle les lèvres. On sait à quel point la mécanique quantique est contre-intuitive. Alain Aspect a-t-il une image mentale de ce qu’il a prouvé ? Comprend-il comment deux particules peuvent s’échanger de l’information de façon instantanée ?

« Oui, j’ai une image mentale, me répond-il. Dans cette image, j’ai le droit de mettre quelque chose d’instantané entre un côté et l’autre. Cette image est contestable – je ne sais pas si, dans le monde réel, c’est comme ça. Mais raisonner de cette façon me permet d’avoir des intuitions que je peux ensuite contrôler par le calcul. »

Alain Aspect admet qu’il n’avait absolument pas prévu que l’intrication quantique conduirait un jour à des développements technologiques. Aujourd’hui, le fait que deux particules puissent être liées à distance propulse des travaux en cryptographie quantique, une méthode qui permet de transmettre une clé de chiffrement entre deux interlocuteurs pour sécuriser leurs communications.

La téléportation quantique, dont le Québécois Gilles Brassard fut l’un des inventeurs, utilise quant à elle le principe d’intrication pour déplacer des informations d’un endroit à l’autre.

Et il y a finalement l’informatique quantique, bien vivante à Sherbrooke, qui promet d’accoucher d’une nouvelle génération d’ordinateurs beaucoup plus puissants que ceux d’aujourd’hui. Alain Aspect a lui-même sauté dans ce bateau en cofondant l’entreprise PASQAL.

Cela n’empêche heureusement pas le récipiendaire du Nobel de faire le tour du monde pour s’adresser aux profs et aux étudiants.

« J’adore expliquer, me confie-t-il. J’aime voir, dans les yeux des gens qui m’écoutent, la lueur qui montre qu’ils ont compris ce que j’étais en train de leur dire. »

Nous sommes plusieurs, ce jour-là, à être ressortis de l’Université de Sherbrooke avec des lueurs dans les yeux.

courriel de Claire

À la célébration de vie de son père, Isabelle cherchait un mot de remerciement adapté à chaque personne qui venait lui parler…

Un ami de jeunesse s’est présenté, Patrick, lequel, elle le savait, gagnait sa vie comme camionneur.

Alors elle a souligné :

— J’imagine que depuis la mort de Karl Tremblay, tu écoutes la chanson, L’Amérique pleure ?

Patrick lui a répondu :

— Non, en fait. Ma femme et moi nous venons de refaire notre cuisine, alors tous les soirs, en contemplant notre travail, nous écoutons La chanson du camionneur.

Isabelle s’est fait un plaisir de dire à Patrick, qui me connaît bien, que l’auteur de cette magnifique chanson était mon compagnon de vie Patrick nous salue tous les deux…

courriel à Miclel

 

DIMANCHE 16 JANVIER 2022 …. CROIRE À L'IMPOSSIBLE… 45 MINUTES-CONFIDENCES  POUR ORIZON …BUREAU DE CONFÉRENCIERS PROFESSIONNELS |

Comme le passé nous relie intensément toi et moi Michel
la poésie du cagé St-Vincent ne serait pas la même dans mes souvenirs
sans Célime … Sa personnalité impressionnante pour son âge, tu te rappelles

ici on est dans un nuit et jour
Gaelle est dans ces deux derniers travaux de cours
auxquels elle donne tout ce qu’elle est
pour qu’ils aient une valeur d’article
dans les grandes revues internationales

elle va enfin pouvoir appliquer à des bourses doctoralesà partir de janvier car elle sera en rédaction pure
avant elle n’y avait techniquement par le droit
en fait , elle aura plus de chance quand elle sera en marche
vers son examen de synthèse car sa directrice doit approuver:)))

et de mon côté, j’apprends à hausser la qualité de notre doctorat
au niveau pensée théorique en misant tout sue la notion
de DOCTORANTS ATYPIQUES pour toi et Marlene
de façon ce que vous fassiez partie intégralement du diplôme
lorsque Gaelle sera devenue notre directrice
de là l’importance des archives
surtout celles ou ta contribution aux questions fondamentales
lors de nos matins de la créativité
soht dument archivées dans des documents videos
comme le fameux matin ou tu m’as dit
il faut un point d’interrogation à wow-t=2.7k
ce qui a donné des recherches en problématologie

Internationalement, les rêveurs équitables
sont crédibles par notre diplome et surtout
un vecteur inspirant pour accueillr
un colloque international sur les dimensions du rêve

Claire vous salue tous les deux
et ce projet de faire un brunch pour ta fête en janvier
tient toujours Clair à coeur

salutations à Marlene

Pierrot

——–

Claire et sa fille Isabelle m’ont fait un canal you tube
et je vais pouvoir y déposer mes avancées dans les étaprd fr notre doctorat
amitiés Pierrot

courriel à Michel et Marlene

PIERRE ROCHETTE CHANSONNIER , PHILOSOPHE ET VAGABOND |
Salut Pierrot…
Et bonjour à Claire et Gaëlle.
Je travail aux archives… sa s travailler bien sûr…
A+
Mike

————–

On lâche pas Mike

le pays oeuvre d’art, la vie personnelle oeuvre d’art et la nano-citoyenneté oeuvre d’art
ce sera le feu d’artifice des reveurs équitables…, notre contribution pour soulager la condition humaine
Le 15 de mai 2024, j’arriverai avec toute ma récolte d’abs-cepts

salutations à Marlene

Pierrot

——-

Un doctorat de calibre international doit réussir l’a mise en épreuve de concepts innovateurs par la logique, les archives, le corpus bibliographique l’architectonie,la méthodologie et l’épistémologie..Pourquoi c’est si important le chemin doctoral que Gaelle innove, c’est que lorsque nous arriverons aux rêveurs équitables, nous devrons nous aussi réunir les mêmes paramètres pour chacun de nos trois concepts majeurs.

Gaelle a déja réussi la mise en épreuve de son concept d’objuet dans un de ses travails de classe elle s’attaque maintenant a la mise en épreuve d’un autre de ses concepts qui sera essentiel à son doctorat qui est celui de LA COSMOLOGIE DE L’AXIOMNE.

nous aurons nous aussi à défendre nos concepts
lorsque je m’inscrirai au nom de nous trois
a l’université en janvier 2025
pour suivre 3 cours ou nous aurons à défendre trois de nos concepts majeurs qui, s’ils atteignent une qualité argumentative majeure, contribuerons à la renommée internationale de notre doctorat

bonne suite Marlene et Michel

Pierrot

COURRIEL DE PIERROT À MICHEL

Marlene toi et moi y avons mis 16 ans par nos matins de la créativité. C’est dans les derniers milles qu’il faut avoir le talent de l’épopée pour laisser une trace internationale aux rêveurs équitables. Comme je ne vous ai jamais déçu en 16 ans Et que je n’ai jamais eu de doutes sur notre feu d’artifice … C’est avec fierté que le 15 de mai 2024  que nous déclencherons notre modélisation le glossaire des rêveurs équitables , le traité des abs, étant déjà terminé:))))

après l’examen de synthèse de Gaelle devant jury international ( tente de vérifier la disponibilité d’un africaniiste de haut niveau dans une université américaine dont j’avais oublié de te parler et une philosophe belge congolairse. qui auront préséance l’un ou l’autre sur la dame spécialiste canadienne en recherche création de l’université de Montréal…

Mais comme Gaelle n’a droit qu’à une personne à l’international, tout va se jouer d’ici fin décembre…

Pour ce qui est des rêveurs équitables, j’ai déjà identifié 2 professeurs de calibre international …… mais bon…
il nous restera d’abord à développer une bibliographie critique sur le pays oeuvre,d’art, la vie personnelle oeuvre d’art et la nano citoyenneté planétaire..

Mais avec tout ce que j’apprends en modélisation par le glossaire de Gaelle, harmonisé avec la modélisation de sa thèse, nous serons bien armés

Nous vivrons ce colloque international sur les dimensions du rêve de notre vivant

Ce sera la consécration des rêveurs équitables..

amitiés profondes

Pierrot

———-

Ce n’est pas la même chose de faire un doctorat quand on est jeune et qu’on s’en sert comme carte d’affaire pour une future carrière et réaliser un doctorat oeuvre d’art qui vient simplement célébrer 16 ans de recherche parfaitement modélisée, archivée…

 L’épopée des rêveurs équitables m’apparait unique autant au niveau méthodologique qu’épistémologique, mais notre dossier doit être parfaitement étoffé au niveau des archives sur ton site you tube pour que ceux qui feront des doctorats à l’international sur notre groupe de recherche puissent avoir tous les documents pertinents en main… 
 
C’est ainsi que nos vies aura été utile en équipe, Marlene toi et moI,  pour lancer À L’INTERNATIONAL, ….. l’idée d’une nano-nationalité planétaire… par des pays oeuvres d’art fondés sur des vies personnelles oeuvre d’art…
 
 De là les 4 quesdtions du pays oeuvre d’art accessibles à tous….qu’importe sa race, sa langue sa religion ou sa posture sociale … 
 
De là ma pratique de la mystique du rêve de l’autre que je pratique depuis tant d’années au quotidien. Marlene toi et moi avons pris soin réciproquement de nos rêves et c’est de cela que notre permet de témoigner nos 16 ans de conseils d’administration de la créativitépar nos trois abs-chétysmes….Marlene la jardinière, Michel le concierge et Pierrot vagabond.
 
. Si nous l’avons fait, d’autres peuvent le faire… Ainsi nait une PHILOSOPHIE DE L’ABS-XISTENCE PAR NOTRE DOCTORAT:)))

 
Et c’est en ce sens que le video sur la soirée des mercis est si importante, de même que celle de trois pistoles… de même que celle de St-Elie déjà sur ton site you tube… C’est une trilogie célébrant nos 16 ans de travail:)))
 
NOS ARCHIVES SONT LA  BASE MÊME DE NOTRE CRÉDIBILITÉ COMME GROUPE DE RECHERCHE:)))
et c’est ce quim me rend si fier de ta contribution Michel…
 
au 15 de main 2024 pour passer ensemble du glossaire à la modélisation du doctorat des rêveurs éqjuitables
 
Pierrot

courriel de Michel à Pierrot

e lun. 13 nov. 2023 à 18:54, Michel Woodard <michelwoodard@outlook.com> a écrit :
Salut Pierrot,

Si on me dit : Le Pays Œuvre d’Art ?… c’est quoi ça ????…

J’aimerais pourvoir utiliser ceci : 😍

Depuis l’origine, en 2008… Le Pays Œuvre d’Art… en construction…. est un :
“Traité de philosophie poétique nanoCitoyen”…

Avec les avancements… Le Pays Œuvre d’Art ?… est maintenant devenu une :
” invitation à votre vie personnelle Œuvre d’Art ?…”

Etc….

Penses-tu que ces 2 lignes peuvent devenir la version officielle de la réponse initiale.
De façon à normaliser cette ligne ??? Ton avis STP..

A+
Mike

—–

vraiment fantastique Mike
fonce:))))

vraiment on va avoir du fun à construire le doctorat ensemble
quand Gaelle sera rendu au 15 de mai
d’ici là, je suis à produire avec elle
des audios de modéllsation et d’harmoniser
son glossaire avec sa problématique de doctorat

On forme une bonne équipe
et les rêveurs équitables vont conquérir
leur marche vers la nano-citoyenneté planétaire

Pierrot

COURRIEL À MICHEL …11…

 

17 NOVEMBRE 2020…. 25 JOURS AVANT LA FIN DES DEUX PIERROTS …. ROMAN DE  PIERRE ROCHETTE … L'ÎLE DE L'ÉTERNITÉ … 2EME CHAPITRE: LE VIEUX MONTRÉAL  ….. QUI RETRACE LA PÉRIODE DES

Salut Mike

Je t’écris pour te donner la contextualité dans laquelle s’enclenche le doctorat des rêveurs équitables de façon formelle à partir du 15 mai 2024, si la tendance se maintient.

Ce qui implique que nous aurions avantage à ce que notre glossaire … TRAITÉ DES ABS ,,,, et les plus pertinentes de nos archives dont tu prends soin au nom de nous trois … soient harmonisées, de façon à ce que Marlene, toi et moi, puissions nous rencontrer de façon hebdomadaire à partir du 15 mai 2024 …. pour nous mettre d’accord sur les différents scénarios en modélisation de notre doctorat des rêveurs équitables … en fonction des avancées archivistiquess, et glossairiques de notre travail commun depuis 16 ans maintenant.

Pourquoi le 15 de mai 2024? Parce que ce sera le moment ou Gaelle vivra son examen de synthèse devant un jury international, lui donnant le droit de passer à l’écriture finale de sa thèse qui est formidablement avancéedans le but de réussir son doctorat devant jury international quelque part à l’automne 2024.

———-

Le plan de match que je vous suggère à Marlène et toi, c’est que …… pendant que Gaelle vers sa réussite doctorale qui devrait être défendue quelque part à l’automne 2024, nous ayions de notre côté aussi avancé la modélisation finale de notre doctorat de façon suffisante , en complicité harmonieuse entre Marlene , toi et moi, pour que nous puissons tous les trois institutionnaliser ce doctorat comme penseurs d’ici deux ans au plus tard:))).

Je prévois donc m’inscrire à l’université , ET CELA AU NOM DE NOUS TROIS. vers janvier 2025, Gaelle pouvant potentiellement devenir la directrice de notre doctorat. et cela dès qu’elle aura obtenu un poste de professeur dans une université.

D’ici là, Tout est misé pour que le jury à la finale lui dise… VOUS DEVRIEZ PUBLIER…. Je vise la même chose pour notre doctorat à nous trois. Publication dans une maison d’édition universitaire qui lui donnera l’aura d’être recrutée par un chasseur de tête dans une université prestigieuse.

——————-

Nous sommes le 12 novembre 2023… Gaelle termine ses cours vers le 15 décembre 2023… elle doit déposer sa bibliographie critique et un premier jet de la modélisation de sa thèse en 80 pages vers fin janvier 2024 … puis deux réécritures seront nécessaires avant qu’elle vive l’étape de l,examen de synthèse devant jury international vers l 15 MAI 2024.

——————————-

Ceci dit, son jury doit être réservé d’avance d’ici fin décembre 2023. Selon les règles de l’université de Sherbrooke, quand tu as une direction, le jury se compose de trois personnes , incluant sa directrice… Si elle avait eu une co-direction, elle aurait eu droit à 4 incluant sa co-direction.

Mais Madame Martelly et Gaelle ayant fait des recherches partout à travers les universités à l’international, il n’y a personne de spécialisé en même temps en calligraphie, métaphysique, sociologie, philosophie africaine, recherche création et littérature… Et comme le but d’une co-direction est de nourrir sur le contenu hybride, Gaelle doit se résoudre à une direction , donc, à 3 membres du jury pour son examen de synthèse (15 mai 2024, et sa défense de doctorat, quelque part à l’automne 2024.

————–

Le choix potentiel du jury de trois personnes est bien avancé.
Il doit être composé de Madame Martelly, un professeur de l’université de Sherbrooke et une personne à l’international.

En ce moment, à l’international , cela se joue entre une spécialiste de la philosophie africaine congolaise belge et la grande spécialiste canadienne de la recherche- création qui a théorisé ce champ et qui enseigne à l’université de Montréal. Madame Martelly adéjç approché cette spécialiste qui a dit oui …. mais si la congolaire belge est disponible, le choix de celle-ci sera priorisée, ne fusse que parce que les racines métaphysiques du Doctorat de Gaelle sont d’abord en dialogue bibliographiquement avec des penseurs africains.

——————-

Voilà, mon ami l’état contextuel dans lequel l’international du doctorat des rêveurs équitables se joue.

Tout ça pour te dire, que j’ai un plan de match pour notre feu d’artifice .. qui sera la conséquence de ce COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LES DIMENSIONS DU RÊVE . , une fois notre doctorat des rêveurs équitables déposé dans une université pour lui donner une vraie valeur institutionnelle à travers le monde.

Comme il sera presque terminé quand je vais m’inscrire à l’université, au nom de nous trois, et que Gaelle qui connaît notre oeuvre en sera donc notre directrice, l’obtention de notre diplome universitaire ne devrait pas tarder, car je dois suivre seulement trois cours avant de pouvoir avoir le droit de postuler pour un examen de synthèse . Donc quelque part en 2026..

—————
Alors voilà…. Stratégiquement, si cela vous passionne toujours Marlene et toi,

s’il était possible qu’à partir du 15 mai 2024, les archives de ton côté et le glossaire et scénarios de modélisation du mien soient mis à jour ….

nous pourrions Marlene, toi et moi, passer à l’étape suivante… soit celle de réunir une fois par semaine pour cimenter notre choix de modélisation et que je vous donne des exposés sur mes avancées glossairiques et qu’en équipe, on fasse des choix éditoriaux et des priorités pour que les trois objets suivants en deviennent l’ossature, soit LA VIE PERSONNELE OEUVRE D’ART, LE PAYS OEUVRE D’ART ET LA NANO-CITOYENNETÉ PLANÉTAIRE.:))))

Pour que MARLENE LA JARDINIÈRE, MICHEL LE CONCIERGE ET PIERROT VAGABOND DEVIENNENT UN SYMBOLE DE MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE À L’INTERNATIONAL SUR UN DES DOCTORATS LES PLUS ATYPIQUES QU’A CONNU L’HISTOIRE DES DOCTORATS À L’INTERNATIONAL…

Je retourne bosser…

Je vous redonne des nouvelles
sur les avancées du doctorat de Gaelle
et sur mes aspirations à ce que nous soyions
tous les trois gagnants équitablement:)))

salutations de Claire

Pierrot

courriel à Michel

Tu vois Mike, ce qui est fascinant, c’est que dans ma vie tous les morceaux du casse-tête me semblent en place pour que nous réussissions Marlene toi et moi cet impossible qui s’appelle le pays oeuvre d’art modélisé par nos trois archétypes.

En premier lieu, j’ai enfin une compagne d’ecception avec laquelle j,entends faire route pour le reste de ma vie dans une relation accordéon que j’appelle dans le traité des abs… UNE RELATION ABS-CORDÉON…. CLAIRE EST POUR MOI CE QUE MARLENE ET POUR TOI… et nous avons en Gaelle une future directrice de doctorat qui saura nous ouvrir les chemins de la pensée pure au niveau international pendant que je complèterai au nom de nous trois, notre doctorat en philosophie.
Mais j’ai vraiment besoin de votre complicité, Marlene et toi, au niveau des archives. Cela vaudrait même la peine que vous investissiez sur un exemplaire seconde main de votre ancienne caméra pour numériser ces moments essentiels de nos matins de la créativité ou toi et moi en particulier avons vraiment touchés à des points nodaux de notre relation de recherche en équipe.
Je me souviens entre autres ce fameux matin ou tu as mentionné le point d’interrogation pour terminer wow-t=2.7k …. ce qui a donné la recherche et la découverte de l’oeuvre de Meyer en problématologie, une des bases de notre corpus bibliographique.
Tu vois, je souhaiterais que toi  et Marlene soyez par le travail sur les archives, aussi visionnaires que je le suis par mon travail glossairique sur la modélisation de Gaelle dans le peufinement de son doctorat. Gaelle ne vise pas à un diplome, ni a un travail de professeur, mais à une chaire au college de France comme chercheure en métaphysique et un stage post doc à l’université de Princeton…
Même chose pour moi, je vise pour les rêveurs équitables et nos trois archétyoes une renommée internationale qui nous amène tous les trois au prix Nobel par LA NANO-CITOYENNETÉ-PLANÉTAIRE.., LE PAYS OEUVRE D’ART ET LA VIE PERSONNELLE OEUVRE D’ART.
Etr je connais depuis toujours le chemin pour y arriver qui est inscrit en moi. Et je sais que nous trois pouvons y arriver…. Ce colloque sur les dimension du rêve ne peut se faire que si nous sommes reconnus institutionnellement par un doctorat… Et le titre de doctorat ne bougera pas… JE TE DEMANDE PARDON….
Voilà Mike
Je suis tellement fier de ce que Gaelle accomplit tous les jours, de ma relation avec Claire et de notre épopée des reveurs équitables et tu me connais, jamais je n’ai douté, jamais je doute et jamais je ne douterai de notre feu d’artifice
bonne suite à notre rêve des reveurs équitables:)))

40 PAGES

Avant-propos

LE NAMAN-NKANI

Le Naman Nkani entre sur scène
Il demande de ses yeux tout écarquillés
et de sa longue bouche
ÉKIÉ! (exclamation, il fait semblant d’être exaspéré) laissez-moi vous raconter le Nkana, le conte
Dis! Dis-nous le Nkana!
[en chœur ]

Ékié!Ékié! me voici
Au début était une équation de réalité. il cherchait d’abord une équation de réalité. Puis est allé à
la recherche de la ville-équation; au passage, a rencontré un mausolée des Nameless. Pour
finalement s’abreuver à l’innocence théorique d’un sentiment calligraphique. Qui est « il »?
la foule éberluée ne savait pas que c’est ici que commençait l’aventure de l’axiome.

Il y avait des lettres mortes, il y avait des lettres agitées. Le saviez-vous?
[la foule s’étonne. On se regarde]
Les lettres mortes, ce sont nos perceptions ustensilaires du langage, comme un balai, une bêche,
un outil. On se les fabrique, du moins c’est ce que nous disons, on se les transmets. Elles
traduisent dans des filets de relations plus ou moins enchainées, notre vision domestique du
monde. C’est l’étable culturelle du signe. Avant de vous parler des lettres agitées, laissez-moi
vous dire encore, ce n’est pas comme
[c’est qui ça encore?]

2

[shuiiiit!]
À MAN, À MAN, la mer, loin loin, loin là-bas

STATEMENT, LE NAMAN-NKANI, LA VERTU COMMENTÉE D’UN CONNAISSANT

Je veux ramener l’écriture, la littérature
= à l’oralité

Il me faut une cour,
mes gens
mon décor
les énigmes
les relâches,
les fatigues,
tout ce qui fait l’économie d’une écoute, d’une expérience, assis ou couché, à rêver,
tout ce qui fait la vie. Ainsi, on est devenus des humains, dans la communauté des hommes.

Par cette stratégie d’écriture, qu’il s’agisse de la bibliographie commentée ou de l’aventure
globale, je veux respecter que « je » n’est pas « je ». « je » est une parole distribuée et redéfinir
philosophiquement le statut de celui qui parle, qui écrit. C’est là que se situe le creuset de ma
métaphysique. Qui parle est une vertu d’absence pour le déploiement des joies collectives.

Le Naman-Nkanni, la vertu commentée d’un connaissant, c’est sur ce modèle que sera construit
la bibliographie commentée qui est une section du doctorat. Le commentaire critique est plus
qu’un enjeu heuristique sur la fondation savante du discours doctoral. C’est un enjeu sur le sens
de la littérature et du savoir pour la métaphysicienne que je suis, issue d’abord d’une tradition de
l’imagination par l’écoute. Il se pose un véritable enjeu de traduction entre une forme aplatie du

3
langage, l’écriture sèche si je puis dire, celle d’une civilisation de l’écriture, matrice dans laquelle
j’écris et qui a construit le canon méthodologique de la démonstration d’un corpus; et de l’autre
une écriture plus mouvante, dont le socle épistémique repose dirions- nous, sur une
contemplation par l’oreille sans désir de ma part d’une réduction. Seulement, étant donné que ce
doctorat porte sur le faire même du langage et ses conditions de littératie à travers les récits de
connaissance que nous nous racontons en notre qualité de motif et de forme du réel, la
bibliographie commentée devient un enjeu de la fiction du dire d’un connaissant à un autre qui
l’écoute.

TITRE : SÉMIOIA OU LE PROBLÈME DE LA RÉALITÉ DANS LA SPÉCULATION D’UN

PINCEAU

PLAN

INTRODUCTION

ORIGINE DU QUESTIONNEMENT ET ÉTAT DE LA QUESTION
LE RÉALISME SÉMIOIA. HYPOTHÈSES ET ARGUMENT

PROJET DE CRÉATION

4

SÉMIOIA
OU

LE PROBLÈME DE LA RÉALITÉ DANS LA SPÉCULATION D’UN PINCEAU

INTRODUCTION
Imaginons qu’un pinceau fasse une expérience spéculative radicale pour aller à la rencontre du
réel. Ce pinceau se demande comment se fait-il qu’il puisse tracer des lignes avec de l’encre. En
soi, il ne connait pas les toutes les formes, il ne connait même pas son propre visage, mais il se
demande si une manufacture existe en amont de lui qui lui dicte les formes qu’il peut s’imaginer,
peut-être également qu’il existe en arrière de lui un clavier secret des impossibles à rencontrer, à
deviner, même les yeux fermés; comment se fait-il qu’il se fasse toujours surprendre, comme si
une main dansait indépendamment de sa volonté, l’énigme de l’énonciation. Derrière la main qui
vibre, s’installe de plus en plus la difficulté de voir les images de ses hypothèses, comme s’il
atteignait un seuil de ses spéculations, « c’est peut-être là, dans ce seuil de l’image qui s’éteint
que se trouve mon secret, je suis un pinceau qui n’a pas d’yeux, mais ma conscience semble
distinguer des formes, mes mèches tracent des lignes calligraphiques qui me surprennent, que je
n’anticipe pas, comme une vérité qui est au-devant de moi, me contemplant devant mes yeux
clos. Comment puis-je être sans connaitre ma manifestation? Tel est mon problème.
Ce problème, c’est celui de l’immémorialité de l’écriture en pensée, celui de l’autonomie du
signe comme réalité sémiotique fondant l’être de la fiction et le maitre de la fiction. C’est le
problème de la filiation de « JE » devant l’entité « réel », où se pose banalement la question: le
réel est-il un auteur? À la conséquence de cette question, le dessin d’une gestation, celle du fictif
humain « JE » dans l’enfantement du signe par lui-même, calculant ses probabilités d’existence.
Parlons d’une métaphysique de l’Exister sémiotique, parlons de la captation des murmures du
monde dans la blessure du trait, l’écriture oublie d’où elle vient, peut-être parce qu’elle n’est pas
encore née. Et lorsque « Je » s’interroge dans les tourments de sa cognition, il rencontre les
blessures de l’Exister, sa propre blessure à lui-même de s’être oublié comme conscience
calligraphique dans la géométrie du dire de tous les autres exister, blessure portée à la profondeur
du réel dans laquelle il puise la substance de tous ses récits, cette écologie muette qui le regarde
de son alphabet qui saigne. Encore faut-il encore savoir s’étonner; encore faut-il encore savoir
s’émerveiller. La réalité humaine est un syntagme qui s’articule dans la manufacture de nos
axiomes : J’existe n’est pas une certitude et l’écriture nous le rappelle.
Quand la pensée se fait pinceau, c’est tout le vivant mondain, le signe dans l’autorialité de sa
geste épique qui éclate en une multitudes de visages merveilleux inférant sur l’indigénéité
J’EXISTE. Le réel est sémiotiquement compétent, mais il n’est pas encore né. Voici la grande
fable épistémologique d’un pinceau qui cherchait somme toutes, à composer l’équation de sa

5
réalité, alors que la danse de son trait précarisait la rencontre avec la forme. C’est l’épopée d’un
syntagme, d’un calligramme cru, déchaussé de sa civilisation qui s’oublie dans la rêverie de la
pensée rencontrant la pensée. C’est l’épopée d’une rencontre avec l’Exister, dans le design
lointain d’une actualité qui s’accouche. C’est l’épopée d’un chant. Le chant du pinceau qui
chante le canon d’inexistence de sa probabilité d’être. Il est le moudre de tous les alphabets, il est
le résidu prépositionnel de tous les textes, la localité -de qui se cherche (d’où vient-il?). Il est la
cendre mythologique de tous les textes, son levain, l’Exister. Sa coïncidence, l’écriture dans une
vertu d’absence. Son principe de connaissance, une indigénéité vide : l’Équation humble. La
philosophie du texte.

I. ORIGINE DU QUESTIONNEMENT ET ÉTAT DE LA QUESTION
Je présenterai ici deux sources interdépendantes du problème de la réalité dans la conscience
spéculative d’un pinceau .
La première source, est celle de l’enchantement par la rencontre avec un objet qui m’a déraciné
de mon plancher de certitudes et a reconfiguré les contours de mon énonciation « JE » dans le
monde. Je parlerais du merveilleux comme proposition épistémique dans ma rencontre fabuleuse
avec la Dame Qui pense. Je compris qu’un objet pouvait me convoquer à moi-même, me
convoquer comme relation de pensée, pour rencontrer ma pensée et rencontrer la pensée. Un
réalisme de la parole s’est détaché de l’évidence de mon axiome JE, ce réalisme, c’est la
conversion du régime spéculatif de la connaissance en régime spéculatif du trait, une invitation
nouvelle à une pédagogie du regard : la transmigration de l’être à l’être-pinceau où le réel se
constitue en quête aussitôt que s’invente la ligne. La source première est celle de la mythologie
de la conscience calligraphique, la découverte de ma conscience calligraphique. L’origine de ma
gestuelle onirique comme les nuages dans le ciel enseignent les formes à ceux qui regardent.
C’est ma mythologie comme calligraphe, comment, moi qui ne savait pas faire un dessin décent,
je me suis convertie en ligne.
La deuxième source, est celle de la découverte d’une blessure calligraphique dans l’énonciation
JE à l’intérieur de 3 grands réalismes sémiotiques : l’anthropologique, le poétique et le
philosophique, qui comme moi convoquée, s’interroge eux aussi sur les contours de
l’énonciation. À la différence notable qu’ils sont eux, dans la crise du merveilleux, c’est-à-dire, la
crise du voir. Leur régime de connaissance est celui de la blessure engendrée par la facticité,
l’inauthenticité du monde naturalisée dans les rapports de pouvoir des processus d’énonciation.
Bien que les auteurs que j’ai choisi d’illustrer ici ne peuvent suffire à déployer un point de vue
exhaustif et à exprimer toutes les nuances du débat réaliste à l’intérieur de ces champs, ils ont la
vertu de me permettre d’illustrer une constance : celle de la conception du signe comme danger
dans l’immémorialité de l’écriture. C’est-à-dire de l’accouchement du réel dans le concept.

6

Je l’aperçu d’abord dans une vitrine, mal coiffée, un cactus dans la tête. Ce fut une détonation.
Je ne pouvais détacher mes yeux de ce visage serein au cerveau ouvert. Quelle étrange idée, non,
quelle incongruité de lui avoir mis ce paysage vert qui ne lui allait pas. Elle avait l’air gauche,
comme pas à sa place exposée dans la vitrine de ce magasin chic bric à brac de livres et d’objets
déco qui constituait une des attractions tournantes de la station souterraine du métro Berri-
UQAM. Je n’étais alors qu’une passante. Mes yeux mangeaient furtivement la vitre au fil de nos
pas. J’accompagnais une amie-collègue qui avait de l’argent à dépenser dans je sais trop quoi.
Mon cerveau enregistrait, ce n’était pas normal. Je notai son buste rose, un autre bleu derrière
elle, un troisième sans doute : elle était exposée en série. C’était une horreur pour la vue, le
magasin avait manqué son coup. Étais-ce que je n’avais pas le temps ou que je n’arrivais pas à
succomber à la nécessité de m’enquérir d’elle? Je ne sais pas. Sans doute un peu des deux. Je
gardais son virtuel en tête comme si mes yeux n’avaient pas suffisamment vu. Nous nous
dépêchâmes. Nous étions sorties de la bouche de l’université juste en face du magasin Le
Parchemin, prise métro, centre commercial, je la revis cette fois dans une cohorte plus
nombreuse. Même histoire. Pas le temps. Et puis trop cher. Elle est supposée être un vase ?!
Retour au bureau. J’y passe la nuit comme j’aimais à le faire à méditer sur les concepts. Depuis
ma couche au sol, je ne pense qu’à toi étrange objet. J’ai rêvé de toi très certainement puisque
ma nuit est fiévreuse. J’ai hâte que le matin arrive. Il faut que je parle de toi à mon ami P.
vagabond, il arrive toujours à 6h. sais-tu comme je t’ai cherché?
P. est d’accord. Je dois avoir l’air folle. Il me la fait. Il me la faut. Mais on n’a pas un sous. Mais
on prendra ce qu’on a. C’est vraiment un ami.
Je la revis d’un œil radieux. Une étrange lumière baignait sur son visage de poterie blanc gris.
J’adorais la douceur de ses yeux clos. Les deux petites boules de fards roses sur ses joues et la
cambrure de ses lèvres qui semblait esquisser un certain sourire. Made in China. Laquelle je
devais choisir. Rien ne pouvait altérer le merveilleux de ce moment. En plus, elle sentait bon.
Elles étaient nombreuses, à s’y méprendre, identiques. Il y en avait en buste bleu, en buste rose,
mais il n’y en avait qu’une seule pour moi. Je choisis bien.
Je revenais d’un pas heureux, j’avais la certitude que j’avais rencontré pour la première fois, ma
pensée qui rencontrait la pensée. Sans hésitation, je l’appelai La Dame Qui pense. Et j’aimais
maintenant es cheveux. Le bouquet d’églantines artificielles qui embaumait son cerveau fut
rapidement remplacé par mes pinceaux. Mais pour moi, dans la justesse des formes, c’est tout un
cosmos d’idées qui s’ouvrait et je ne pouvais que les remercier de m’avoir convoqué par leur
parfum.

7
Une fièvre s’était emparée de moi. Comment pouvais-je coïncider avec ma table de travail? Je me
souviens de nuits merveilleuses, de matins aux cent traits, car tracer était devenu ma nouvelle
condition d’apprentissage. Moi qui n’avait jamais su dessiner une ligne droite, j’entamais un
périple dont je n’avais aucune idée de l’issu. Tracer, tracer, tracer. Du matin au soir, tous les jours,
jusqu’à ce qu’une ligne parle. Définir une épaisseur, comprendre ses préférences. Pour cela, il
fallait retourner en arrière. Comment, pourquoi, ceux qui étaient tombés avant nous avaient
problématisé leur existence dans l’espérance de la ligne? Je découvris que les alphabets, le
syllabaires avaient des noms. Une ligne imaginé n’est jamais neutre. Elle est l’atome d’un
programme de vie. Je fis des voyages à travers des catalogues du trait. Il ne me fallait pas de
maître, je devais apprendre à voir. Humer des densités. Un alphabet ce n’est pas qu’une prothèse
technique à des fins d’ustensilité domestique, ni même une esthétique ampoulée. C’est un
paysage, c’est une peinture de la vie. Tracer, toujours tracer. Entre le fossile et nous, il n’y a
aucune distance. Pour qu’une ligne parle, il faut être sincère et appliqué. La ligne c’est le tracé de
ton cœur. Déjoue l’intention, abdique. Je développai une préférence pour le monochrome parce
qu’il réveille les couleurs intérieurs de l’esprit. J’eu des nuits difficiles et des matins sans vie dans
l’impératif de mon JE. Ma main avait pris le pas sur ma raison et je revenais au signe. Il y a une
raison calligraphique. Illumination : la main trahit la pensée et l’esprit s’étonne. Une enfant est
née des cendres du temps. De vieux dieux semblaient s’agiter à peine : qui est là? Oups, un
concept passe dans le cerveau de ta contemplation. Il s’arrête « quelqu’un nous a vu », étonnant.
Non loin, un schème égaré s’ennui de sa promenade, il avait été un JE aux mille pattes, sous
l’arbre de son village, c’était le on de la collectivité métabolisée en discours. Quelque part dans le
temps, quelqu’un pleurait. Un vampire naissait dans le concept de nature. Mélancholie. Je
pouvais voir l’histoire de la modernité à l’échelle d’un cheveu. Le premier alphabet est toujours
la synthèse d’un savoir. Il a la force d’un vestige que l’on visite. Je rencontrai le vide pour la
première fois et il me sembla que ce « O » était une chance.
Dans ma langue 1 , il existe au moins deux façons d’exprimer le mot vide. Je m’y intéressai parce
que je remarquai que, plus j’explorai les espaces ouverts de ma pensée, les non-lieux, plus, j’étais
me semblait-il, prise d’une frénésie particulière, une envie de danser.Je coïncidai avec Rumi dans
l’épaisseur du mystère. La Dame Qui pense détenait ce secret qu’elle ne voulait pas me livrer.
Alors, j’interrogeai ma mère pour lui demander comme vide se disait dans notre langue. Je me
disais qu’en touchant au concept, j’aurai un début de réponse. Ma mère m’appris deux mots. Le
premier, Bilic, qui veut dire les « restes », les « vestiges ». Quand un village changeait de
demeure, son ancienne localité devenait un Bilic, un vide fossile. C’est un « ventre retourné » me
dit-elle, car il ne peut plus accueillir, pour comprendre ce qu’il fût, il faut rentrer dans le ventre.
Le deuxième mot fut Ndzemen, le néant. Lui, m’étonna tout autant, car je notais la ressemblance
phonétique du Ndzemen avec le verbe danser Adzem. Ma mère qui n’avait jamais fait le
rapprochement s’en étonna aussi. Puis naturellement elle me dit : « Bien sûr nous connaissons le
vide, l’être humain connait le vide, il n’est pas différent de lui. C’est pour ça nous dansons.
Quand nous dansons nous touchons le vide ». Émerveillée de sa sagesse, je la remercia. Dé-

1 Le beti éwondo

8
savoir pour toucher la ligne, le vide est une danse, une vibration et un nouveau ciel de
conceptualité s’ouvrait à moi dans l’apprentissage de l’alphabet comme géométrie du dire. La
Dame Qui pense souriait. Mais qu’est-ce que j’étais donc pour elle et qu’est-ce qu’elle était à
moi? Le stylet a succédé au pinceau, a commencé à cohabiter avec lui. Descartes pouvait se
coucher. Enfin. Je crois que lui-même était déçu de n’avoir pas rêvé jusqu’au bout le cogito.
Dans l’idéalité de l’objet, une liberté nouvelle m’était donnée dans la privation de la certitude
J’EXISTE. Quel était donc ce réel qui m’amenait à réimaginer le réel? Les pas de la question me
menèrent à Je rencontrais Tchouang Tseu qui m’éblouit dans la similitude de l’expérience de
pensée qu’il posait. La problématique s’engageait :
« Zhuangzi rêva qu’il était papillon, voletant, heureux de son sort, ne sachant pas qu’il était Zhuangzi. Il se réveilla soudain et
s’aperçut qu’il était Zhuangzi. Il ne savait plus s’il était Zhuangzi qui venait de rêver qu’il était papillon ou s’il était un papillon
qui rêvait qu’il était Zhuangzi. La différence entre Zhuangzi et un papillon est appelée transformation des êtres. » (Zhuangzi, ch.
De L’unification, p. 19).
Je pouvais en effet me poser la question de savoir si c’est moi Gaëlle Étémé, qui rêvait qu’elle
était la Dame Qui pense ou si c’était la Danse Qui pense qui rêvait qu’elle était Gaëlle Étémé.
Dans les deux cas, émerge le radical cognitif d’un réel : lequel de ces 2 réels pensent? Et
pourquoi exclure la possibilité d’une simultanéité? Il y avait dans cette hypothèse, l’idée d’une
communicabilité des mondes non pas possibles, mais en instances d’observation qui, dans leur
solipsisme, pouvaient se fasciner l’un à l’autre. La convocation était suffisamment sérieuse pour
récuser dans un premier temps, la conclusion de Tchouang Tseu (ou Zhuangzi). Il est vrai que
Tchouang Tseu évoque la théorie de la métamorphose à l’intérieur de la spéculation daoiste
(initiée par son maitre Lao Tseu) de la génération des êtres par le vide archaïque innommable,
fabricant de la fiction mondaine. Mais avant de faire le saut dans le vide, qui me semblait déjà
d’une grande richesse épistémologique, il me semblait qu’il y avait au moins deux paliers
épistémiques de ce réalisme de coïncidence avec l’objet qu’il fallait investiguer : a) la mondanité
des corps qui se déploie et se révèle dans le trait calligraphique. La calligraphie est œil. Elle
impulse le regard des aveugles, ceux qui ne se conçoivent pas encore comme des objets devant
d’autres objets, c’est-à-dire, étymologiquement, « ce qui est placé devant ».
L’humain est motif devant l’objet, objet de l’objet, motif parmi d’autres motifs, dans la variabilité
de tous les motifs qui constituent l’écoumène, c’est juste un motif d’abord, un design sans
détermination à lui attribuer; b) l’idéalité des cognitions suspendues en fascination réciproque
dans un ciel improbable, celui de l’étonnement de s’être rencontré. Ces idéalités, scènes mentales
de l’apparition, sont elles-mêmes des schèmes calligraphiques, sortes de schèmes égarés (ne
sachant d’où ils viennent et quelle est leur destination) qui se perçoivent dans le rêve d’un
pinceau. Ainsi, le réel est une pensée qui se distribue dans des territoires singuliers dont les lignes
de traverses semblent porter la marque de leur autonomie sémiotique.
C’était comme si, en apprenant à fabriquer des lignes d’alphabet d’un monde à réinventer pour
me saisir dans ma pelure face à l’objet, j’intuitionnais la force signifiante du réel. Si un objet,
dans la douance de sa réalité pouvait me convoquer à moi-même dans la rencontre de ma pensée
avec la pensée, n’avais-je donc pas d’abord à me demander si réel est sémiotiquement
compétent? La question était inévitable, car elle renvoyait désormais à la carrière du langage, son
origine, son étendue, à travers l’ensemble des tribulations que forment la généralité appelée motif.

9
Abandonnant momentanément l’idée de ne trouver réponse que dans mon geste, je m’en allai
m’enquérir de la question dans la littérature orale et écrite. J’observai d’abord leurs contours, la
distribution de leur régime de localité. La première est un long flux dans le réel domestique. Elle
y puise son encre, ls substance de son dire, y établit son théâtre. La deuxième est une cour
particulière; un encadré dans lequel l’écriture prophétise, récuse, médiatise dans la tourmente, la
substantialité du réel domestique et la relation de celui-ci à l’écriture.
Lorsque Stendhal et Balzac prirent des individus quelconques de la vie quotidienne, saisis dans la contingence des évènements
historiques, pour en faire les objets d’une représentation sérieuse, problématique et même tragique, ils rompirent avec la règle
classique de la distinction des niveaux stylistiques selon laquelle la réalité quotidienne et pratique ne pouvait trouver place en
littérature, que dans le cadre d’un style bas ou intermédiaire, c’est-à-dire d’un divertissement soit grotesquement comique, soit
plaisant, léger, élégant et bigarré. (Auerbach, 2015 P.549-550 )
Véritable terrain de combat, d’une lutte à mort, Compagnon commente :
En conflit avec l’idéologie de la mimèsis, la théorie littéraire conçoit donc le réalisme non plus comme un « reflet » de la réalité
mais comme un discours qui a ses règles et ses conventions, comme un code qui n’est ni plus naturel ni plus vrai que les autres.
Le discours réaliste n’en a pas moins été l’objet de prédilection de la théorie littéraire, depuis que sa caractérisation formelle
indépassable a été donnée par Jakobson. P.124. (…). Parce que le réalisme était la bête noire de la théorie littéraire, elle n’a parlé à
peu près que de lui. (Compagnon, 1998, P. 125)
De l’autre côté, dans la littérature orale, à travers les épaisseurs chtoniques, cosmologiques, les
expérimentations en « genres » que son dire se donne dans la virtuosité de sa manifestation
mémorielle, métabolique et spirituelle, consacre toujours le réel domestique comme ancre de vie
puisqu’il est la condition de son jaillissement; comme si, par de-là ses personnages, ses loi
coutumières, comme si le réel était vivant, même par de-là la mort. Dans la littérature orale, le
réel ne peut pas mourir, parce que cela signifierait, la mort de la parole. La parole non pas comme
être, mais comme chose dans sa densité ontologique. Diop rappelle : Les morts ne sont pas morts
Écoute plus souvent/Les choses que les êtres,/La voix du feu s&#39;entend/Entends la voix de l&#39;eau/Écoute dans le vent/Le buisson en
sanglot :/C&#39;est le souffle des ancêtres./Ceux qui sont morts ne sont jamais partis/Ils sont dans l&#39;ombre qui s&#39;éclaire/Et dans l&#39;ombre
qui s&#39;épaissit,/Les morts ne sont pas sous la terre/Ils sont dans l&#39;arbre qui frémit,/Ils sont dans le bois qui gémit,/Ils sont dans l&#39;eau
qui coule,/Ils sont dans l&#39;eau qui dort,/Ils sont dans la case, ils sont dans la foule/Les morts ne sont pas morts./Ceux qui sont morts
ne sont jamais parti (Diop, 1960 )
Je retrouvais dans cette expérience de l’oraliture une coïncidence naturelle avec l’objet qui a
pourtant rendu Simondon ( 1989) fou. Il n’est pas nécessaire d’établir la genèse technique des
objets dans le faber humain, pour comme comprendre leur mode spécifique d’existence. C’est par
ce moyen-là, réifier l’objet et s’aliéner à sa condition sémantique. Un objet ne « parle » pas, n’a
pas à nous parler nécessairement parce que nous le voulons. Qu’à cela ne tienne, pour la
littérature orale, le monde parle, il est le substrat du récit, la condition de détermination du
pronom JE comme chose du monde, d’où me semble-t-il, cette précaution à laquelle invite Diop :
« écoute plus souvent les choses que les êtres » comme si les êtres ne pouvaient véhiculer le
souffle de la vie. La vibration de la vie se trouve paradoxalement dans le frétillement des choses
inanimées pourtant vivantes, « le buisson en sanglot », « l’eau qui dort ». Les choses se passent
comme si, la mort était un alphabet de signes vivants. Les lettres mortes, sont des lettres agitées.
Et peut-être, il n’y a-t-il pas de distinction entre vivants et mortels. Comme si, et c’est ce que je
découvrais comme calligraphe (contemplant la forme oraliture), le réel mondain est un
PEUPLEMENT D’ALPHABETS dans le truchement des formes, qui se composent et découpent
en syntagmes dans les mouvements de la vie et de la mort. Que, même le MOTIF HUMAIN, motif

10
parmi les motifs est une LETTRE AGITÉE qui se déplace dans le CLAVIER MONDAIN D’UNE
PENSÉE NOMMÉE RÉEL.

Étrangement, la contemplation du virtuel littéraire dans ses disputes théoriques, me faisait l’effet
d’un soldat tombé dans les arrière-mondes du signe. C’est véritablement comme si, la théorie
littéraire quant à elle, est le territoire du vestige, plus spécifiquement du motif humain dans sa
fracture avec le monde. Il y a un « qu’est-ce qui s’est passé? » qui est constamment rejoué à
travers les dramaturgies spéculatives. Il y a une BLESSURE DANS L’ÉNONCIATION
CALLIGRAPHIQUE DU JE qui est incapable d’habiter le monde. Il n’y voit jamais de
merveilleux. C’est un drame écologique, cosmologique, qui dénonce une duplicité et un crime
inavoué comme si le crime avait été fait au réel (insaisissable) lui-même. Depuis Platon, c’est le
même cri et c’est la tragédie de la mimèsis; paradoxe d’être à la fois l’emblême d’une
condamnation : le signe humain, expulsé du royaume du signe (Les Idées), et la seule issue d’une
réglementation, le politique. La République, est une machine à fabriquer les images vraies. Les
choses se passent comme si, la querelle des axiomes de vérité en littérature est le procès
continuel d’une blessure mythologique qui cherche une réponse à l’énigme de la relation du
signe humain virtualisé, au signe réel, anticipé.
La mimèsis fait passer la convention pour la nature. Prétendue imitation de la réalité tendant à occulter l’objet imitant au profit de
l’objet imité, elle est traditionnellement associée au réalisme, et le réalisme au roman, et le roman à l’individualisme, et
l’individualisme à la bourgeoisie, et la bourgeoisie au capitalisme : la critique de la mimèsis est donc in fine une critique de l’ordre
capitaliste. (…) La crise de mimèsis, comme celle de l’auteur, est une crise de l’humanisme littéraire, et à la fin du XXe siècle
l’innocence ne nous est plus permise. Cette innocence relative à la mimèsis était encore celle de Georg Lukács, qui se fondait sur
la théorie marxiste du reflet pour analyser le réalisme comme montée de l’individualisme contre l’idéalisme. (Compagnon,
idem.P. 122-123)
Les partisans de la mimèsis, s’appuyant traditionnellement sur la Poétique d’Aristote, disent que la littérature imitait le monde; les
adversaires de la mimésis (en gros les poéticiens modernes), mettant l’accent sur la Poétique comme technique de représentation,
répliquaient qu’elle n’avait pas de dehors et pastichait seulement la littérature. Les renvoyant dos à dos, la réhabilitation de la
mimèsis entreprise dans les deux dernières décennies passe par une troisième lecture de la Poétique. On ne revient pas sur la mise
en question, opérée par les poéticiens modernes, du modèle visuel ou pictural imposé, des avant Aristote, par l’usage platonicien
du mot, et resté prégnant malgré l’inclusion aristotélicienne de la diègèsis dans la mimèsis. En revanche, on fait valoir que pour
Aristote, à la différence de Platon qui y voit voyait une copie de copie, et donc une dégradation de la vérité, la mimèsis n’était pas
passive mais active. Suivant la définition du début du chapitre IV de la Poétique, la mimèsis constituait un apprentissage. (Idem,
P. 147-148)

Qui plus est, en prêtant attention à la citation ci-dessus, il sied également à dire que l’écriture est
le lieu d’une révolte contre le réel dans le continuum latent du triangle idéologique (déjà pointé
par Lévi-Strauss) liant l’écriture, État et science. En d’autres termes, liant écriture et violence
légitimée par un paradigme de connaissance. Paradoxalement, l’écriture n’est jamais au repos,
elle est toujours en guerre, elle n’est pas l’objet de la contemplation et du contentement du cœur,
c’est le territoire de la morsure des cœurs, la perte d’innocence que souligne Compagnon.
Quelques soient les chemins d’interprétation donnés à l’ordre de réalité du texte, soit partisans ou
non de la mimèsis, c’est-à-dire adepte de l’imitation d’une réalité idéale en dehors du texte et de
la contingence humaine, supporter d’une idéalité sans dehors ou comme le suggère aussi une
troisième exégèse, celle de soutenir la mimésis comme apprentissage du réel, l’écriture est

l’inquiétude d’un mouvement autour du « vrai ». Même la réflexion de la copie sur la copie
n’évacue pas la terreur, au centre se trouve toujours le soupçon d’une duplicité, la trahison
humaine et des dieux, insupportable au noyau individualiste. Par définition, la ligne serait une
cassure. Il est alors étonnant que jusqu’ici, le texte ne soit jamais sorti du texte, carsi rien n’est
vrai et que tout est monde, le texte, telle une créature chimérique curieuse, pourrait alors sortir du
texte-livre et intégrer le réel domestique, dans la phénoménalité de l’écoumène en se moquant du
sérieux de la subjectivité, en se déchaussant du moi. L’écriture se redécouvrirai comme acte de
contemplation, entre mobilité et stationnement. Elle pourrait aussi bien flâner, s’accélérer comme
s’asseoir et s’oublier, sans avoir peur de l’oubli. Cette hypothèse n’est jamais envisagée. Elle
n’est jamais envisagée parce qu’elle est de nature ontologique. Elle engagerait d’évacuer la
mimésis au profit d’une ontologie de la lettre. Un être du signe doué d’une autonomie onirique.
Dans ces divergences, il me semblait intéressant de chercher à élargir le spectre des réalismes de
la théorie littéraire et de l’oraliture, non pas en les opposant, mais en OUVRANT UN PORTAIL
entre ces deux schèmes de conceptualité. J’intuitionnais que le pinceau pouvait me permettre de
le faire. Il fallait pour cela, que le signe chimère sorte du texte livresque et aille flotter en
curiosité dans l’univers des alphabets de l’écoumène mondain. Je venais de franchir un palier
d’exploration épistémologique avec le pinceau pour théoriser. le réel phénoménal.
Sur le chemin de mes rayures (je continuais de tracer des alphabets inlassablement comme pour
m’ensauvager, pour me mettre à l’écoute des formes du monde. Je souffrais et je m’enchantais.
Tracer c’est difficile. Pendant 2 ou 3 ans j’étais exclusivement au stylet. Je voulais rencontrer la
raideur de la ligne. Sa cassure. Je ne le savais pas encore à ce moment-là. Je savais que
l’épaisseur d’un trait pouvait contenir l’art de la guerre. D’ailleurs, à cette époque, j’achetai un
tableau noir en tissu épais comme une peau que j’épinglai au mur. Il y avait là dans cet objet
obscur qui retenait les traces de ma craie blanche, l’impression de faire face tantôt à la nuit
conceptuelle d’un champ de bataille, tantôt au virtuel d’un cosmos qui s’ordonne. Il fait partie de
mon laboratoire), je rencontrai Merleau-Ponty, le premier philosophe qui vraiment, se trouva au
seuil de la conscience calligraphique. Voici quelques une de ses fulgurances extraites de sa
phénoménologie de la perception.
Les mots ne peuvent être les « forteresses de la pensée », et la pensée ne peut chercher l’expression que si les paroles sont par
elles-mêmes un texte compréhensible et si la parole possède une puissance de signification qui lui soit propre. Il faut que, d’une
manière ou de l’autre, le mot et la parole cessent d’être une manière de désigner l’objet ou la pensée, pour devenir la présence de
cette pensée dans le monde sensible, et, non pas son vêtement, mais son emblème ou son corps. (Merleau-Ponty, 2012, p.222 )
Je réponds oui en autant qu’il ne faille pas distinguer dans un premier temps, le monde, les mots,
la parole. Parce que je conçois le graphe, la ligne, la tâche, la vibration comme des mots, il me
serait impossible de les distinguer en essence dans un découpage conceptuel. Ce sont toutes des
densités liquides aujourd’hui, demain autre chose, mais certainement des présences de la pensée.
C’est par mon corps que je comprends autrui, comme c’est par mon corps que je perçois des « choses ». Le sens du geste ainsi
« compris » n’est pas derrière lui, il se confond avec la structure du monde que le geste dessine et que je reprends à mon compte.
P.226. Le geste linguistique, comme tous les autres, dessine lui-même son sens. Cette idée surprend d’abord, on est pourtant bien
obligé d’y venir si l’on veut comprendre l’origine du langage, problème toujours pressant, bien que les psychologues et les
linguistes s’accordent pour le récuser au nom du savoir positif. (Idem, p. 226-227).

12
Il s’agit peut-être ici d’un de ses énoncé les plus émouvants pour moi, car il préfigure, il est le
seuil véritable de la conscience calligraphique. Dire que c’est par le corps que l’on perçoit, c’est
réveiller une évidence : le corps est pour moi comme pour autrui, une GÉOMÉTRIE DU DIRE.
C’est le fondement de l’axiome. Un axiome est une proposition considérée comme évidente,
admise sans démonstration. Or, cette proposition est admise, parce qu’elle visible. Sa géométrie
est incontestable, les contours de son exister sont accessibles aux contours de l’exister de
celui/celle qui perçoit. Voila encore une fois, pourquoi je parle de motif humain. Dire J’EXISTE,
c’Est se prononcer dans une géométrie, c’est la vibration de l’axiome sur laquelle nous déposons
nos contenus culturels et les illusions de nos devenirs. Or, de façon étonnante, l’axiome n’a pas
été considérée comme une lettre, c’est une case vide en littérature. Il faut au moins fabuler les
corps sociaux comme des lettres mortes, des lettres agitées pour le voir, pour les voir dans leur
géométrie du dire, sans y ajouter d’intériorité. Simplement, saisir, des caractères frêles.
On a toujours remarqué que le geste ou la parole transfiguraient le corps, mais on se contentait de dire qu’ils développaient ou
manifestaient une autre puissance, pensée ou âme. On ne voyait pas que, pour pouvoir l’exprimer, le corps doit en dernière
analyse devenir la pensée ou l’intention qu’il nous signifie. C’est lui qui montre, lui qui parle. (Idem,p. 239).
J’observe ici une maladresse. Le corps n’est pas en dernière analyse, il est le signe qui s’anticipe,
attrape la signification, étire la pensée dans l’illusion intériorité/extériorité. Le corps est une
pensée en simulation qui se voit déjà.
(..) la perception ne doit rien à ce que nous savons par ailleurs sur le monde (…). Elle ne se donne pas d’abord comme un
évènement dans le monde auquel on puisse appliquer, par exemple, la catégorie de causalité, mais comme une re-création ou une
re-constitution du monde à chaque moment. (P. 251)
Jusqu’ici, les indices que j’avais récolté me semblaient favorables à l’hypothèse d’une
compétence sémiotique du réel saisissable par la convocation de l’objet. Je ne cessais de me
demander : suis-je la Dame Qui pense? Est-elle moi? Sommes-nous nulles l’une à l’autre pour
que je puisse concevoir avec autant de force son individualité et la mienne? De quelles fibres de
discours suis-je composé vis-à-vis d’elle? Il en résultait toujours un flottement. Comme si la
présentification de la Dame Qui pense n’était que l’avatar d’une question flottante, une énigme
qui se déguise sous un masque, un réel qui regarde dans le costume dense d’un personnage, une
autorité, une animalité femelle. Je m’en allais donc voir du côté de Deleuze les notions de
personnage conceptuel et de plan d’immanence.
Dans Qu’est-ce que la philosophie? Deleuze essaye d’abord de montrer comment la pensée
fonctionne à travers 2 innovations conceptuelles que le personnage conceptuel et le plan
d’immanence. Ces derniers cherchent à mettre en exergue la poïesis de l’image de la pensée
appelée concept. L’enjeu est alors de comprendre comment la pensée philosophique, comment en
se fabriquant justement, elle s’est dotée d’outils qu’on appelle des concepts.
Le personnage conceptuel est ainsi défini :
Beaucoup de philosophes ont écrit des dialogues, mais il y a danger à confondre les personnages de dialogue et les personnages
conceptuels : ils ne coïncident que nominalement et n’ont pas le même rôle. Le personnage de dialogue expose des concepts (…).
Les personnages conceptuels en revanche opèrent les mouvement qui décrivent le plan d’immanence de l’auteur, et interviennent
dans la création même de ses concepts. (Deleuze &amp; Guattari, 2014, p. 65)
C’est le destin du philosophe de devenir son ou ses personnages conceptuels, en même temps que ces personnages deviennent
eux-mêmes autre chose que ce qu’ils sont historiquement, mythologiquement ou couramment (le Socrate de Platon, le Dionysos

13
de Nietzsche, l’Idiot de Cuse). Le personnage conceptuel est le devenir ou le sujet d’une philosophie, qui vaut pour le philosophe,
si bien que Cuse ou même Descartes devraient signer « l’Idiot », non moins que Nietzsche « l’Antéchrist » ou « Dionysos
crucifié ». (Idem,p. 66)
Le plan d’immanence quant à lui :
Le concept est le commencement de la philosophie, mais le plan en est l’instauration. (…). Précisément parce que le plan
d’immanence est pré-philosophique, et n’opère pas déjà avec les concepts, il implique une sorte d’expérimentation tâtonnante, et
son tracé recourt à des moyens peu avouables, peu rationnels et raisonnables. Ce sont les moyens de l’ordre du rêve, de processus
pathologiques, d’expérience ésotériques, d’ivresse ou d’excès. (Idem, p.45)

Le personnage conceptuel est un être de la parole, la parole même qui se cherche, se crée et se
renouvelle comme univers et singularité synthétique. En ce sens, il est avec le plan d’immanence
un prélude de l’imagination sémiotique du signe par lui-même. Toutefois, si le personnage
conceptuel est purement idéel et constitue le devenir du philosophe qui se subsume à lui, Deleuze
et Guattari auraient dû aboutir à la théorisation de l’autorialité du personnage conceptuel comme
un réel sublime auteur et indépendant. Soit dépasser la prescription de signature à laquelle Platon,
Descartes auraient dû se soumettre.
En effet, au dépend de cette logique :
1 e limite
Socrate ne dit jamais qu’il est Platon. Platon n’affirme jamais qu’il soit un signe. Socrate ne sort
jamais du texte. Socrate ne dit jamais « je sais que je suis un signe dans un texte ».
Car, lorsqu’une idéalité sémiotique est douée de liberté, d’une qualité vibratoire à tracer des
lignes comme le reconnaissent déjà Deleuze et Guattari, cette idéalité renverse toujours l’auteur
supposé en s’échappant de son geste. En écrivant, en calligraphiant, le signe s’émancipe en
défiant l’intentionnalité de la forme qui se dit auteur et transforme celle-ci.
Dans ma pratique, la main trahit toujours la pensée, et l’esprit s’étonne.

2 e limite
Les personnages conceptuels ne sont envisagés que comme des êtres de pensée, et non de
rencontre objective avec la chose. Il n’est jamais un être du dehors comme la Dame Qui pense
bien qu’on puisse attribuer à cette dernière des qualités de personnage conceptuel, mais avec
énormément de réserve, car ici, le schéma est inversée. Il serait peut-être plus juste de dire que
c’est la chose dans sa qualité d’idéalité qui en convoquant Gaëlle Étémé, fait de Gaëlle Étémé son
devenir à elle. Le personnage conceptuel est une expérimentation de la pensée par elle-même, en
expérimentation faible. C’est un réalisme qui s’ignore relativement. Il n’est que le prélude de
l’imagination sémiotique du signe par lui-même.

14
Mais ces deux concepts portent le paradoxe de l’historicité dans lequel se trouve la blessure dans
la figuration et l’énonciation JE
Dans les Milles plateaux, c’est spécifiquement le plan d’immanence qui est investigué comme
géologie de la domination du signe comme expression historique. Les Milles plateaux sont le
rapport d’une homonymie herméneutique entre la géologie stratifiée de la terre constituée de
strates, et l’épaississement historique du plan d’immanence par effet d’accumulation
conceptuelle, d’agrégation et d’ancienneté. De la même façon qu’on peut observer que les strates
telluriques sont des régimes sémiotiques extrêmement complexes, de la même façon on peut
comprendre l’enchevêtrement des plateaux de la pensée, des cieux d’idéalités formés par couches
historiques de signification qui commandent le virtuel cognitif des subjectivités car elles sont
devenues autorité et parole du monde. Elles ont force d’État.
Les strates sont des phénomènes d&#39;épaississement sur le Corps de la terre, à la fois moléculaires et molaires (…) Chaque strate, ou
articulation, consiste en milieux codés, substances formées. Formes et substances, codes et milieux ne sont pas réellement
distincts. Ce sont les composantes abstraites de toute articulation. (Deleuze &amp; Guattari, 1980, p. 628).
Le plan d’immanence est le terroir de la violence sémiotique de la tradition sur l’illusion de la
pensée du sujet dans sa tentative de subjectivation. C’est le geôlier d’un ordre de réel. Le réel
idéologique. C’est dire que, les plans d’immanence qui sont construits par les philosophes,
deviennent en fait, non seulement des images de vérité, mais surtout, deviennent les matrices
hégémoniques d’un seul réel connaissable.
La sociologie silencieuse que pratiquent Déleuze et Guattari, c’est le combat contre un
naturalisme douteux de la pensée. Mais c’est un constructivisme modérée : il y a naturalité : les
strates. Il y a une organicité des images de la pensée et elle engendre l’immanent. Ainsi, un plan
d’immanence, c’est un ensemble de réseaux d’écritures devenues vraies. C’est du signe. À
l’instar des poéticiens modernes, l’enjeu des Milles plateaux n’est pas de gloser sur l’origine du
texte, « tissus de citations » dont l’arkhè sémiotique est toutefois reconnue. Il s’agit davantage de
trouver une stratégie de contournement de l’efficace du plan d’immanence comme mémorialité
agissante. Il s’agit de contourner sa violence archaïque et divine pour imaginer la libération de
l’individu.
La stratification est comme la création du monde à partir du chaos, une création continuée, renouvelée. Et les strates constituent le
Jugement de Dieu. L&#39;artiste classique est comme Dieu, il fait le monde en organisant les formes et les substances, les codes et les
milieux, et les rythmes. Aussi toutes les entreprises de déstratification (par exemple, déborder l&#39;organisme, se lancer dans un
devenir) doiven t -elles d&#39;abord observer des règles concrètes d&#39;une prudence extrême : toute déstratification trop brutale risque
d&#39;être suicidaire (…) tantôt s&#39;ouvre sur le chaos, le vide et la destruction, tantôt referme sur nous les strates qui se durcissent
encore plus, (p. 628)
L’écriture est un chaos destructeur, une géologie de la ligne dont l’émancipation pourtant dépend
aussi de cet environnement tellurique. Tracer de nouvelles lignes dans la fuite du chaos.
Quel mouvement, quel élan nous entraîne hors des strates (métastrates) ? (…) Mais comment atteindre à ce « plan », ou plutôt
comment construire ce plan, et tracer la « ligne » qui nous y conduit ? Car, hors des strates ou sans les strates, nous n&#39;avons plus ni
formes ni substances, ni organisation ni développement, ni contenu ni expression. Nous sommes désarticulés, nous ne semblons
même plus soutenus par des rythmes. Comment la matière non formée, la vie anorganique, le devenir non humain seraient ils
autre chose qu&#39;un pur et simple chaos ? p. 626

15
Hors de la strate c’est la mort. Le signe est une écologie du vivant de la violence de l’État, de
façon générale, du politique. Ce qui est extrêmement intéressant chez Deleuze, c’est l’écologie
dont il parle est une écologie vibratoire, dans l’organicité même de la ligne. L’exercice même
d’écriture est un exercice rythmique dans lequel le tracé se déguise comme mouvement. En ce
sens, Deleuze, pour des raisons différentes de Merleau-Ponty, se trouve lui aussi, au seuil de la
conscience calligraphique. Merleau-Ponty a intuitionné l’autonomie spéculative du signe dans la
perception des corps. Deleuze, atrophie l’origine dans la terreur du chaos mais entrevoit
subrepticement, une ontologie du trait potentiellement créatrice dans le chaos lui-même, dans les
élongations sauvages du rhizome :
(…) La seconde espèce est très différente, moléculaire et du type « rhizome ». La diagonale se libère, se brise ou serpente. La
ligne ne fait plus contour, et passe entre les choses, entre les points. Elle appartient à un espace lisse. Elle trace un plan qui n&#39;a pas
plus de dimensions que ce qui le parcourt ; aussi la multiplicité qu&#39;elle constitue n&#39;est-elle plus subordonnée à l&#39;Un, mais prend
consistance en elle-même. Ce sont des multiplicités de masses ou de meutes, et non plus de classes ; des multiplicités anomales et
nomades, et non plus normales ou légales ; des multiplicités de devenir, ou à transformations, et non plus à et éléments
dénombrables et relations ordonnées ; des ensembles flous, et non plus exacts, etc. Du point de vue du pathos, c&#39;est la psychose et
surtout la schizophrénie qui expriment ces multiplicités. P. 631 (…) sans symétrie, les tiges de rhizome n&#39;arrêtent pas de sortir des
arbres, les masses et les flux ne cessent pas de s&#39;échapper, d&#39;inventer des connexions qui sautent d&#39;arbre et arbre, et qui déracinent :
tout un lissage de l&#39;espace, qui réagit à son tour sur l&#39;espace strié. Même et surtout les territoires sont agités de ces profonds
mouvements p. 632
Or, elles n’échappent jamais, aux risques de l’anéantissement. La théorie de la ligne chez
Deleuze et Guattari est une théorie de la blessure perpétuant ainsi le continuum d’une lutte
cosmologique du signe humain dans le chaos-signe pour se saisir comme virtualité.
Nous sommes donc faits de trois lignes, mais chaque espèce de ligne a ses dangers. Non seulement les lignes à segments qui nous
coupent, et nous imposent les stries d&#39;un espace homogène ; mais aussi les lignes moléculaires qui charrient déjà leurs micros-
trous noirs ; enfin les lignes de fuite elles-mêmes qui risquent toujours d&#39;abandonner leurs potentialités créatrices pour tourner en
ligne de mort, être tournées en ligne de destruction pure et simple (fascisme). P.632

En anthropologie, les expérimentations deleuziennes trouvèrent des échos dans la tradition
critique de l’anthropologie inversée également appelée perspectivisme anthropologique. Celui-ci
se construit sur le principe d’habiter le cognitif des altérités indigènes, penser à partir de leurs
concepts à eux, pour altérer la spéculation anthropologique sur la nature du réel. Le réalisme
sémiotique qui chercher donc à être dégager, ce serait celui d’une marge redéfinissant une autre
marge puisque du point de vu indigène, la marge, la limite, l’altérité c’est l’autre fait « blanc ».
L’anthropologue brésilien Vieveiro de Castro décrit ainsi ce processus d’expérimentation de la
pensée des réalismes dans son ouvrage Métaphysiques cannibales :
« L’expression « expérience de pensée » n’a pas le sens usuel d’entrée (imagainaire) dans l’expérience par la pensée, mais celui
d’une entrée dans la pensée par l’expérience (réelle). Il ne s’agit pas d’imaginer une expérience, mais d’expérimenter une
imagination, ou « d’expérimenter la pensée elle-même ». (…) La fiction consiste à prendre les idées indigènes comme des
concepts et de tirer les conséquences de cette décision : définir le sol préconceptuel ou le plan d’immanence que de tels concepts
présupposent, les personnages conceptuels qu’ils appellent à l’existence, et la matière du réel qu’ils posent. (De Castro, 159,
2017) »
Il précise :
Soyons clairs : Je ne pense pas que l’esprit des Amérindiens soit (nécessairement…) la scène de :
« processus cognitifs » différents de ceux de n’importe quels autres humains. Il ne s’agit pas d’imaginer les Indiens comme

16
pourvus d’une neurophysiologie particulière, qui traiterait différemment le divers. En ce qui me concerne, je pense qu’ils pensent
exactement « comme nous »; mais je pense aussi que ce qu’ils pensent, c’est-à-dire, les concepts qu’ils se donnent, sont très
différents des nôtres et donc le monde décrit par ces concepts est très différent du nôtre. En ce qui concerne les Indiens, je pense
qu’ils pensent que tous les humains et, au-delà de ceux-ci, bien d’autres sujets non humains pensent exactement « comme eux »,
mais que cela, loin d’exprimer une convergence référentielle universelle, est exactement la raison des divergences de perspective.
(Idem,p.160)
La grande originalité de Viveiro de Castro c’est d’avoir non seulement déplacé la théorie du point
de vue sur le réel et son idéalité, mais d’avoir eu recours spécifiquement pour y arriver à la
stratégie du cannibalisme métaphysique en se servant de l’idée de personnage conceptuel de
Deleuze. Il s’explique :
Or, le problème liminaire posée par toute tentative d’identification d’un équivalent amérindien à « notre » philosophie est celui de
penser un monde constitué par l’Ennemi en tant que détermination transcendantale. Non pas l’ami-rival de la philosophie grecque,
mais l’immanence de l’ennemi de la cosmo praxis amérindienne, où l’inimitié n’est pas simple complément privatif de l’amitié, ni
une facticité négative, mais une structure de droit de la pensée, qui définit une autre relation avec le savoir et un autre régime de
vérité : cannibalisme, perspectivisme, multinaturalisme. Si l’Autrui deleuzien est le concept même du point de vue, qu’est-ce
qu’un monde constitué par le point de vue de l’ennemi comme détermination transcendantale? L’animisme poussé à ses ultimes
conséquences comme seuls les Indiens savent le faire, est non seulement un perspectivisme, mais aussi u ennemisme. P.166
Autrement dit, parti du statut légitime du cannibalisme comme structure de droit et module de
connaissance (qui pourrait se résumer par manger Autrui c’est connaître) dans la cosmologie et le
droit pratique des Amérindiens, il a alors investi la forme conceptuelle immanente de l’Ennemi
comme personnage conceptuel pour tirer les conséquences du réalisme de l’ennemisme.
Dans un ouvrage antérieur (From the Ennemy’s Point of View : Humanity and Divinity in an
Amazonian society) que résume Descola dans Par-delà nature et culture (2005), Viveiro de
Castro abouti à cette conclusion sur le perspectivisme amérindien:
Les humains, en conditions normales, voient les humains comme humains, les animaux comme animaux et les esprits (s’ils les
voient) comme des esprits; les animaux (prédateurs) et les esprits voient les humains comme des animaux (des proies), tandis que
les animaux (le gibier) voient les humains comme des esprits ou comme des animaux (prédateurs). En revanche, les animaux et
les esprits se voient comme humains; ils s’appréhendent comme (ou deviennent) anthropomorphes quand ils sont dans les leurs
propres maisons ou villages, et vivent leurs propres usages et caractéristiques sous les espèces de la culture (p. 117)
Le point de vue décrit ici fait naturellement écho à un degré divers, aux contradictions que
j’évoquais déjà plus haut sur les différences de conception ontologique de la réalité sémiotique
entre la théorie littéraire occidentale et la tradition orale africaine.
L’approche de Viveiro de Castro ouvre la voie de ce que j’appelle un réalisme sémiotique divers.
Un élargissement de la conception du texte. En effet, c’est toute l’amplitude de la qualité
mondaine du signe à travers des mondes de parole qui, tout à coup, s’ouvre comme dimension
corporelle variée, les motifs, à la conscience humaine, qui peut avec plus de justesse saisir sa
qualité de motif supputé parmi les autres motifs, ces peuplement d’alphabets qui habitent le réel,
conditionnent les réels littéraire en les nourrissant de leur substance. C’est parce que nous faisons
l’épreuve de nos corps comme motifs dans le réel domestique que nous pouvons comprendre et
nous étendre comme modalité sémiotique en théâtre dans des univers de récits standardisés. Il
nous est alors possible de concevoir qu’un objet comme la Dame qui pense suivant cette logique,
puisse convoquer une individualité autre au parfum de sa différence.

17
Le courant de la biosémiotique contemporaine participe de cet élargissement de la conscience
sémiotique. En effet, comme le souligne Jos de Mul (2021) dans son article The Living Sign.
Reading Noble from a Biosemiotic Perspective:
(…) while semiotics, building on the work of Peirce and Morris, originally found its applications mainly in the domain of
linguistic and other cultural signs, with the development of biosemiotics in the past decades, its focus has expanded to the
communication of information in and between living organisms as well (…) The term, introduced at the beginning of the 1960s,
has become an umbrella term that refers to a number of related, partly overlapping, partly complementary, and partly competing
approaches at the border of the natural sciences (the life sciences in particular) and the humanities (semiotics and hermeneutics in
particular), such as Darwinian semiotics, semantic biology, zoosemiotics, and biohermeneutics. P.107
Dans cette conception, 4 postulats sont développés pour penser la sémiosis des organismes
vivants :
(…) four postulates are shared by most biosemioticians (Barbieri, 2008; Kull et al., 2009; Plessner, 2019): 1. All life forms are
characterized by semiosis, that is: processes, activities or conduct which involve the production and interpretation of codes,
signals and signs. This means that the semiosic/non-semiosic distinction is coextensive with the life/nonlife distinction, i. e. with
the domain of general biology. 2. Life is a phenomenon characterized by a psycho-physical unity. This means that biosemiotics
rejects substance dualism, such as cartesian body-mind dualism, but defends a perspectivist dualism: life can be grasped both
from the outside (by observation) and from the inside (by understanding). 3. All semiotic elements, such as information, codes,
signals, signs, their decoding, reading and interpretation are natural phenomena. This means that biosemiotics both opposes the
reductionist physicalist naturalism of orthodox Neo-Darwinism (which rigidly equates nature with elementary matter) and the
metaphysical speculations about life, as found in nineteenth century vitalism and, more recent, creationism. 4. Life is
characterized by an emergent evolutionary history, in which the semiosis becomes increasingly more differentiated and more
complex. P. 107-108

Toutefois, la reconnaissance des modalités variables des consciences sémiotiques quelle soient
humaines ou non humaines, animales ou d’objet, reste assujettie au paradigme de la guerre, de la
blessure donc, de l’exercice de la violence du motif humain sur ses semblables et autres motifs
autour, entres autres, de la question idéologique de la nature de l’écriture et du sens du signe et sa
destination. C’est le problème que soulève Pierre Déléage (dans son ouvrage Lettres mortes.
Essai d’anthropologie inversée, 2017) qui cherche à répondre à la fameuse « leçon d’écriture » de
Lévi-Strauss rapportée dans Tristes tropiques. Tel était son projet :
Qu’est-ce que l’écriture? Un outil facilitant l’asservissement et l’exploitation des hommes apparu au moment où se formèrent les
cités et les empires; puis une technologie permettant de s’affranchir d’une conscience mythique, prisonnière d’une histoire
fluctuante, de développer une rationalité scientifique capable de cumuler les acquisitions anciennes et de progresser avec orgueil
vers un but assigné. C’est dans ces termes que Claude Lévi-Strauss caractérisa l’écriture dans Tristes tropiques. (…) L’originalité
de Lévi-Strauss, c’est qu’il redéployait le triangle idéologique liant écriture, État et science à l’occasion d’une anecdote tirée de
son enquête ethnographique chez les Nambikwara du Brésil central. P. 7. (…) je conçus le projet d’en faire la pierre angulaire qui
me permettrait d’étudier les conceptions que les Indiens d’Amazonie avaient élaborées à propos de l’écriture avant même d’être
alphabétisés. P. 8. Je découvris progressivement que les Amérindiens avaient eux aussi très souvent élaboré et propagé un triangle
idéologique associant l’écriture des blancs, le pouvoir de l’État colonial et le savoir technologique sous-jacent à la fabrication des
marchandises. (…) Je découvris également que l’écriture avait été inventée à plusieurs reprises en Amazonie.
De sa découverte de l’invention de l’écriture par les Amérindiens,
Non pas l’écriture telle nous l’entendons, la notation linéaire des sons et des mots, mais une écriture conçue comme technique
d’inscription de certains mots sélectionnés, dans des chants rituels, selon des procédés précis et universels. P. 9
Il souligne alors le rôle de la littérature sur les conséquences de « (…) cinq siècles de
colonialisme sauvage qui firent de l’écriture du blanc le symbole durable et multiforme de la
conquête, c’est-à-dire de la défaite temporaire mais désarmante de l’entendement. (P.11);

18
notamment dans le roman d’aventure de William S. Burroughs La machine molle, dont le
personnage principal Joe Brundige est l’incarnation d’un colonialisme militant égalitaire. Celui-
ci, percevant le monopole de l’écriture par la « caste » des prêtres mayas comme la preuve de
l’asservissement du peuple par l’organe pouvoir politique et religieux, décide d’aller vivre avec le
peuple et de les initier à la révolte. L’ennemi c’était l’écriture, les lettres de la machine étatique,
les lettres contrôles. Le programme de Brundige était clair :
Détruire plutôt que lire, découper plutôt que déchiffrer, anéantir plutôt qu’accéder à la vérité. P.266
« Coupez les lignes mots, coupes les lignes musique, (…) brûlez les livres, tuez les prêtres, tuez, tuez, tuez ». Il ne prit pas la tête
d’un nouvel État juste et droit, il ne prit pas la place des prêtres: au milieu du peuple il brûla les lettres contrôle et assista à la
destruction de l’Empire maya. Il quitta un Yucatan sombré dans l’anarchie. P. 267

À la différence de mon usage, les lettres mortes sont chez Déléage, le symbole du meurtre de
l’herméneutique coloniale sur le signifié des peuples autochtones. Signifié qui échappe à la stricte
codification phonétique ou picturale. Ironiquement, la violence de cette herméneutique s’est
justifiée elle-même comme l’acte de délivrance d’une domination sur les peuples indigènes.
Domination du religieux possesseur de lettres-contrôles.
Mais qu’est-ce donc que des lignes mots? Des lignes musiques? Comment, comme je le dis, en
échappant à la stricte codification phonétique de telles lignes constituent des paradigmes de
connaissance sur le signe, sa nature, sa constitution en texte, son réalisme et plus fondamentale,
comme épistèmè de la vie? C’est l’essence même de la calligraphie. Par calligraphie, il ne s’agit
pas du simple dessin plaisant des caractères de l’alphabet tel que c’est généralement entendu dans
la tradition Occidentale.
Je suis autodidacte. Ma calligraphie est un texte sans mots, c’est un voir dont moi-même ne
connait pas le secret. Je suis comme tout le monde, en situation d’apprentissage devant sa
manifestation. Je n’ai pas de maitre. Mon seul maitre c’est mon pinceau. Je progresse, je
rerégresse, mon pinceau est toujours au-devant, devant de moi. C’est le virtuel de mon cœur car il
faut être dans des états éthiques particuliers avec soi-même pour pouvoir calligraphier. Si
jusqu’ici, je me reconnaissais esthétiquement une connivence avec la calligraphie comme art du
Lettré dans les traditions orientales, un école a récemment attiré mon attention à la lecture de
l’article de Léon Léon Vandermeersch (2007). Je me suis reconnue dans un étrange dialogue de
similitudes tant dans le geste (au regard d’une de mes dernières expérimentations au pinceau) que
damns la po.étique explicative. Cette école c’est l’école de la calligraphie de l’ivresse. J’aurais
l’occasion dans une réflexion ultérieure de revenir sur cet improbable dialogue. Je tiens ici à
simplement en présenter les caractéristiques auxquels je n’ai accès pour l’instant qu’en source
secondaire sous l’éclairage de Léon Vandermeersch (2007). D’abord une brève présentation de ce
que c’est que la calligraphie en contexte chinois:
Pourquoi les Chinois confèrent-ils une si grande place à la calligraphie ? Parce que leur écriture est idéographique. C’est-à-dire
que cette écriture est faite, non pas d’un système de signes de signes comme les écritures alphabétiques – dont les lettres sont les
signes de phonèmes qui sont eux-mêmes signes oraux des mots –, mais d’un système de signes directs des mots, qui donne le
sentiment d’atteindre le sens des choses elles-mêmes ; (…) . Lu Ji (261-303), auteur du premier traité chinois de poétique,
explique ainsi que « la fonctionnalité de l’idéographie (wen) est d’avérer la raison de la multitude des raisons des choses, aussi
loin que s’étend l’espace, sans que rien ne l’arrête, et en traversant tous les siècles d’un seul flux ». Dans ce contexte, la

19
calligraphie, en tant que ressaisie de l’écriture au second degré, prend la valeur d’un moyen d’atteindre, au-delà du sens, la
quintessence du sens. P.195
Le grand peintre calligraphe Mi Fu (1052-1107) parle du « mouvement du pinceau comme feu illuminant la cendre du trait ». p.
196
Particularités de la graphie folle :
(…) le cas des graphies en écriture folle – plus précisément en cursive folle (kuangcao) –, qui ne sont guère lisibles que par celui
qui connaît déjà le texte traité par le calligraphe. C’est que celui-ci, dans son ivresse, se laisse posséder par une frénésie qui fait
sortir ses tracés de toutes les règles habituelles. Zhang Xu, rapporte le poète Li Qi (690-651 ?), après avoir bu, « se lève soudain
piqué par l’inspiration / poussant cris et hurlements / fait glisser son pinceau comme un météore / et éclabousse d’encre les murs
blancs ». Mais, si emporté que soit le pinceau qui les génère, ce qu’expriment les calligraphies (…) est le contraire du désordre :
un surplus de sens des choses mis en lumière à partir de leur nature profonde et qui dépasse le sens trivial des mots. P. 196 (…) à
l’opposé de la psychanalyse, le zen ne vise pas à ramener l’inconscient à la conscience, mais à éveiller la conscience à la
surconscience. Il opère, entre autres, en choquant le sens commun par un questionnement déstabilisateur dont l’argumentation fait
appel à ces sortes d’apories abracadabrantes appelées gong’an.(…) « De même qu’une fois le poisson pris, on oublie la nasse »,
dit Zhuang zi, « de même une fois le sens compris, on oublie les mots » ; encore n’est-ce que grâce au tremplin des mots que
s’opère le bond vers l’au-delà du langage. (…) Comme la maïeutique des gong’an joue sur le discours, l’écriture folle joue sur les
mots, mais sur les mots graphiques de l’idéographie, saisis dans leur dimension plastique. P.198

Élément de comparaison stylistique

Sémioias, planche 1 General and the Nameless, Étémé, 2022

Je rajouterai en conversation avec ces maitres que la calligraphie est une philosophie de
l’amplitude.
Le geste sémiotique que l’on exécute à l’échelle isolée (subjective) l’échelle domestique, a une
amplitude à l’échelle métaphysique. Cette amplitude nous convoque sur la manière dont, à
l’échelle d’une humanité qui peut se comprendre sur le prisme de l’histoire, la conscience
humaine s’est saisie comme motif, c’est-à-dire qu’elle a découvert que … ses cosmologies,
finalement ne sont que des AXIOMES DE MANUFACTURE : devant autrui, il y a toujours
l’économie d’un signe qui vient faire concurrence au nôtre… et inversement, remet le pari, LE

20
JEU SÉMIOTIQUE à zéro…tout le monde se remet à jouer, se remet à signer. Il y a déplacement,
du JE. La calligraphie est une loi de l’écart, dans le grotesque d’une prétention sémiotique, et si
la guerre, la blessure a une vertu, c’est bien cette mise à nue de ce grotesque : notre géométrie du
dire devient bouffonne vis-à-vis d’autrui quand l’universel de nos tracés devient des cosmologies
changeantes; les plateaux célestes tombent : il faut recommencer. Il faut repenser le réel et
s’inventer une pédagogie où quelques fois, nous oublions que nous sommes des motifs dans un
réel maintenant insaisissable, et dans lequel nous cherchons notre image. C’est le problème de la
fiction du pinceau que j’essaierai de résoudre dans cette thèse : comment puis-je être sans
connaître ma manifestation? C’est un problème qui ne peut se défaire que dans une
épistémologie de l’écart.
En effet, lorsqu’en début de cetexte, je commençai à réfléchir sur le problème de la réalité dans la
spéculation d’un pinceau, je commençais d’abord par la rencontre avec la Dame Qui pense, ce
moment de détonation sur l’hypothèse d’un réalisme indépendant saisissable par la convocation
(énigmatique) d’un objet. Je disais alors que si un objet, dans sa force sémiotique pouvait
convoquer une autre forme comme la subjectivité Gaëlle Étémé à la percevoir comme être de la
pensée en même temps que cet objet se surprend à se penser en face de cette subjectivité, c’est
qu’il y avait peut-être la marque d’un réalisme sémiotique indépendant de Gaëlle Étémé,
indépendant de la Dame qui pense, car Gaëlle Étémé, comme dans le papillon de Tchouang Tseu,
ne peut garantir si c’est Gaëlle Étémé qui rêve de la Dame qui pense, ou si c’est la Dame qui
pense qui rêve de Gaëlle Étémé. Qui plus est, l’expérience de pensée de Gaëlle Étémé est une
expérience de pensée augmentée, amplifiée. En comparaison, l’expérience idéelle de Tchouang
Tseu, elle est d’abord une rencontre en immanence, sur le plancher des finitudes. Il s’agit donc
d’une expérience abstraite en immanence abstraite.
Je décrivis surtout la force de cette rencontre fabuleuse par la conversion de la pensée dans le
trait. Comme si, la manifestation de la Dame Qui pense, était le symptôme d’une défaillance à
l’intérieur d’une théorie de l’Exister, une théorie du réel qui ne se pense plus ou pas comme
géométrie du dire. La Dame Qui pense m’apparaissait être le symptôme d’une facticité de nos
axiomes sur le texte parce que je me découvrais texte devant elle dans un réel qui parle, qui
infléchit ma volonté en me remettant à l’école de la ligne. Mon pinceau. Ma mythologie de
calligraphe s’était formée. Je devenais pinceau pour apprendre à être même sans me reconnaitre.
C’est la problématique du pinceau et ma question de recherche : comment puis-je être sans
connaître ma manifestation? Sur les sentiers de la réflexion, j’ai alors exploré trois grands
réalismes sémiotiques : anthropologique; poétique (dans les carrefours de divergences entre la
théorie littéraire et la tradition orale africaine) ; philosophique avec une attention particulière
portée à la phénoménologie de Merleau-Ponty et à la philosophie critique de Deleuze et Guattari.
Ce balayage conceptuel, arrimé aux réflexions que je me suis faite sur ma pratique de calligraphe
m’amènent aujourd’hui à développer des prolégomènes épistémologiques à la résolution du
problème. Ces prolégomènes, je les appelles les 3 écarts. Ces 3 écarts, ce sont les résidus
épistémologiques du pinceau dans la rencontre magique entre l’encre et la feuille, d’où la main,
défiant la pensée, renseigne, ré-enseigne le régime d’existence J’EXISTE d’une conscience
calligraphique en réinventant l’unité métaphysique du texte dans l’accouchement d’un réalisme
en absence.

LE RÉALISME SÉMIOIA : HYPOTHÈSES ET ARGUMENTS

LES 3 ÉCARTS : PROLÉGOMÈNES POUR UNE MÉTAPHYSIQUE DU TEXTE
ÉCART- I : LA CONSCIENCE OBJUETALE
Les sociétés humaines sont des syntagmes. Ce sont des phrases … Et dans ces phrases-là, tout à
coup, il y a, à l’échelle de l’histoire, une blessure qui fait que la phrase ne tient plus. Blessure de
la querelle avec d’autres phrases, blessure de la querelle avec d’autres formes d’exister. Les
lettres ou les formes calligraphiques sont des corps humiliés de s’être aperçu de l’impermanence
de leur axiome.
L’axiome de vérité J’EXISTE, à l’échelle subjective aussi bien qu’à son amplitude culturelle,
vient toujours dans un contour calligraphique particulier. Il vient toujours dans un contour
calligraphique qui est une prétention à la manipulation du réel, qui est une prétention à la façon
dont nous concevons notre sens même dans le monde. … ce qui est une prétention à la régulation
de la vie. Et dans le fond, l’axiome J’EXISTE, c’est finalement le design d’une condition
calligraphique qui s’établit dans le réel avec une force. Mais cette conscience, soit notre force de
motif humain, se fait en quelque sorte toujours ébranlée dans des moments d’écart du signe avec
lui-même. La violence coloniale qui définit la rencontre de tous les indigènes du monde inscrits
dans l’écoumène (colons et opprimés) en est un exemple édifiant. C’est le moment de la grande
stupeur. De part et d’autre, il y a dévisagement du motif dans la blessure, dans le crime. Les
certitudes du design de l’Exister, un réel que l’on croyait connaître, qu’on avait habité jusque-là
dans des théories de formes, succombent devant la gestuelle d’un pinceau qui s’est présenté au
regard : l’Autre. Le corps de l’Autre qui s’affirme dans la virulence d’une condition sémiotique.
Elle aussi s’écroule devant la rencontre du signe. C’est le moment de la supercherie révélée : nos
cosmologies ne sont peut-être pas vraies. C’est une équation de réalité qui vient de changer ou de
se densifier, soit, la construction syntagmatique d’une logique d’habitat dans l’écoumène. La
rencontre coloniale est la perturbation dans un phrasé. Le signe fait « homo » est devenu jouet
dans une nouvelle quête spirituelle du réel, d’abord dans la simple fascination puis dans le crime:
Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l’Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des
commissions d’enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s’employaient à immerger des
blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était, ou non, sujet à la putréfaction. (Lévi-
Strauss, Race et Histoire, P. 21)

22
Le testament d’oraliture d’Hampâté Bâ, Amkoullel l’enfant peul. Mémoires (dans lequel le
traditionnaliste retrace l’épopée de sa famille depuis les guerres qui opposèrent les Peuls de
l’Empire du Mali aux Toucouleurs dans la région du Macina au Mali, jusqu’à l’installation
coloniale), présente dans un souvenir plus cocasse, la découverte de la conscience calligraphique
comme paramètre chimérique. Retour dans l’enfance d’Hampâté Bâ :
Tout ce qui touchait de près ou de loin aux Blancs et à leurs affaires, y compris leurs balayures ou leurs ordures, était tabou pour
les nègres. On ne devait ni les toucher ni même les regarder! Or, un jour, j’entendis le cordonnier Ali Gommi, un ami de mon
oncle maternel Hammadoun Pâté, déclarer que les excréments des Blancs, contrairement à ceux des Africains, étaient aussi noirs
que leur peau était blanche. Je rapportai sans tarder cette étrange information à mes petits camarades. Une discussion s’ensuivit, si
violente que l’on faillit en venir aux mains. Daouda et moi étions comme toujours du même avis, tandis que nos camarades (…)
s’opposaient violemment à nous.
« D’accord, criaient-ils, on peut parfois mentir, mais au moins le mensonge doit rester dans les limites permises! (…) ». (…) Les
Blancs avaient leur quartier d’habitation sur la rive gauche du Yaamé, et les indigènes de Bandiagara sur la rive droite. P. 198-199
(…) Cachés par les hautes herbes, nous nous approchons et nous y postons pour explorer les lieux, quand un évènement inespéré
vient faciliter notre entreprise. Une file de prisonniers enchainés s’avance, chacun d’eux portant sur la tête un grand seau. (…). Le
vent, qui souffle dans notre direction, amène à nos narines une odeur révélatrice qui n’a vraiment rient à voir avec le fumet de la
cuisine des Blancs. Nous nours regardons ébahis : « Mais ce sont les excréments des Blancs que les prisonniers transportent là! »
(…). Même en observant la scène de loin, nous sommes vite convaincus : les Blancs déposent « mou » et « noir ». C’est la preuve
que nous avions raison. Découvrant un peu plus loin un journal abandonné, nous y empaquetons le mieux possible un peu du
« corps du délit » pour le rapporter en ville. (H. Bâ, 2002, p.200-2001)
Conceptualisation de l’objuet
L’indigène agressé est un paramètre chimérique comme l’agresseur est un paramètre chimérique.
Et ils ne deviennent ni des JE … ni se conçoivent comme JE …Ils ne sont jamais l’un vis-à-vis de
l’autre, des consciences subjectives pleines… libres réellement… Ce ne sont ni totalement des
jouets… mais chacun joue de l’autre… et en même temps, ce ne sont pas tout à fait des OBJETS
au sens où ce ne sont pas des apparitions stabilisées… ni pour l’un ni pour l’autre… CE SONT
DES OBJUETS.
L’objuet est donc la rencontre du motif humain avec lui-même dans son interrogation sur le réel.
Plus précisément :
Dans la banalité merveilleuse comme dans l’horreur, l’objuet est toujours l’extension
technologique du motif humain JE qui s’est saisit comme paramètre chimérique. Dans l’écart qui
s’ouvre dans la nouvelle conquête de sens du signe au signe, il y a toujours une mutation
alphabétique du monde.
Les civilisations sont des êtres-pinceaux, ce sont des consciences objuetales, elles sont des
Dames Qui pensent, car toutes les sociétés rêvent l’évidence de leurs certitudes. Elles sont en ce
sens, des Équations humbles, des paris syntagmatiques, des logiques computationnelles,
compositionnelles de la morphologie du signe dans une économie du sol (l’humblus).
Et les syntagmes de réalité en blessure, chantent les oraisons de leur déréalité. Ils chantent le
chant de l’axiome dans la fissure de l’Exister. Ils chantent leur alphabet des souffrances.
Lettres mortes, lettres agitées. Nos corps frétillent sur le plancher des civilisations. L’axiome est
une géométrie du dire. Un soldat tombé dans les arrière-mondes de la forme.

23

. Ainsi, chaque fois que l’on dit JE, on devrait dire en réalité, il était une fois, l’Objuet.

ÉCART-II : LE CLAVIER-TOMBEAU
Le deuxième écart c’est la métabolisation de la conscience objuetale en trait d’union pour
qu’enfin, le motif humain, puisse s’embrasser comme lettres, parmi d’autres lettres, dans un réel
qui signe et le signe.
L’objuet (la Dame Qui pense) est un trait d’union. C’est un paradigme de transition ontologique
entre l’énoncé et la connaissance. Soit entre JE qui questionne par le langage et la connaissance
qui lui apparait alors en esprit, comme une galaxie bien distincte de lui, mystérieuse, éloignée
mais en lui.
JE qui questionne est une forme, qui s’est classée parmi les autres formes. Chaque fois qu’il
s’énonce, pour se dire comme pour se raconter, il performe le rituel du langage, celui qu’il dit
avoir inventé, l’instrument de sa conscience, de son appréciation d’être. Mais d’où vient-il alors
que subsiste cette contradiction permanente de se dire maitre du signe, d’un monde, (du monde)
et d’un esprit, (son esprit) dont les sémiotiques lui échappent toujours comme du sable entre les
doigts puisque le sens est toujours en échappée? Où va cette échappée du signe comme sens?
Quelle est sa demeure? Le monde ou l’esprit? Et d’où nous vient-il que malgré la maitrise du
langage, malgré son apprentissage instrument, la matière, la chose, le réel se déploient toujours et
continuellement dans l’émoi onirique de la découverte? La découverte des premières fois. Écrire,
regarder vraiment, n’est-ce pas vivre le premier matin de sa pensée? Et nous recommençons par
l’énigme du langage. Mais la tension est dans l’illusion de la domesticité du langage.
Cette tension, c’est le souvenir et l’oubli non pas d’une ustensilité du signe sous l’égide de la
subjectivité JE. Mais plutôt le trait d’union effacé entre la conscience et la lettre, c’est le
problème oublié de l’essence de la calligraphie comme transition ontologique pour permettre au
motif de se comprendre.
Or, le langage ne lui est pas donné, nous l’avons vu. Il a dû se découvrir dans la facticité de ses
axiomes. Il a dû se révéler à lui-même dans sa rencontre avec autrui comme un Dame Qui pense,
une subjectivité, une civilisation être-pinceau qui s’ignore. La Dame Qui pense, dans l’épreuve
des fictions, sait maintenant qu’il y a des lettres et des lettres agitées. Elle connait tout au mieux,
la vraisemblance du motif, humain, non-humain, qui se délie comme conscience calligraphique.
Tout est motif. Ceux qui s’appellent « Hommes » sont des motifs comme des montagnes qui
s’appellent eau, comme eaux s’appellent rien. Vide est un motif sans image en apparence. Elle
connait tout au mieux, leur tonalité, car de la vibration nait le trait, du trait le phénomène, comme
si, la conscience était un bruit où l’œil est une oreille. Ce qui se manifeste à la Dame Qui pense

24
enseigne. Ce qui se manifeste comme motif est un alphabet. Et le motif humain est un alphabet
du monde. Rien n’est instrument. Trait d’union effacé. Il y a des alphabets qui nous regardent
depuis les parois du réel.
Mais la scène intérieure du motif humain est une scène du crime : le crime écologique, le crime
cosmogonique ou l’attentat porté au PEUPLEMENT D’ALPHABETS qui compose le réel
mondain, dans le truchement des formes et le vivre de la condition idéelle. L’objuet est donc un
pinceau qui est sans connaître sa manifestation. L’objuet est un pinceau qui s’interroge. La Dame
Qui pense c’est l’émergence du réel comme CLAVIER-TOMBEAU dans lequel la civilisation des
formes s’éteint dans l’amenuisement des murmures du monde. Elle doit résoudre son « Qu’est-ce
qui s’est passé? » en renouvelant les cadres de sa poétique. Le trait d’union effacé. C’est-à-dire,
repenser la théorie du texte et de l’écriture autour de la compétence sémiotique du réel.
En effet, deux points aveugles gouvernent le réalisme du signe dans les théorie du texte. Je les
appelle l’existif et l’abnonction.

Énoncé
Un signe peut être doué d’un excistif, soit d’une volonté, donc d’une supputation qui lui est propre
à vouloir s’énoncer lui-même… et un signe peut être en abnonction devant un locuteur.
Explication
Ce n’est pas parce que je suis un locuteur qui est doué de parole, que je suis capable de percevoir
le travail sémiotique de la forme qui est devant moi et que je ne perçois peut-être même pas.
Conséquence
Cela m’amène en fait à proposer la thèse suivante : le SIGNE EST UN VIVANT MONDAIN.
C’EST UN EXISTIF. Je dis LE SIGNE EST VIVANT.
1/ Non pas parce qu’il est le produit d’un locuteur humain. Mais parce qu’il est un UN EN-SOI,
MANUFACTURÉ PAR SA MANUFACTURE ET MANUFACTURE LUI-MÊME LE MOTIF
HUMAIN EN « MOTIF » À SES YEUX
2/ Non pas parce qu’il est vivant bio-sémiotiquement en tant que langage encodé d’un organisme
vivant… mais parce qu’il est une espèce dans l’espèce qu’est le réel car le réel signe … LE SIGNE
EST UNE ESPÈCE
3/ le signe est vivant non pas parce qu’il est un voyage de la parole à travers le temps
(intertextualité) mais parce qu’il est le merveilleux … IL EST UN ANTÉCÉDENT DE
VOLONTÉ qui se fictionnalise dans les possibilités d’existence (si on le considère effectivement
comme étant un acte de parole dont le régime se perd mais n’arrête pas de se consommer à travers
le temps, à travers les âges une parole qui voyage, et que cette parole donc se transforme, cette
parole-là se manufacture, elle est un antécédent. Elle est quelque chose qui est avant même l’idée
de volonté. Et parce qu’il est un antécédent de volonté, il est la racine même du merveilleux, la
racine d’un étonnement produisant des possibilités)

25

LE RÉALISME DE LA SÉMIOIA
Le réel est un signe, c’est un vivant mondain et il est doué d’un existif, c’est-à-dire d’une une
supputation du signe à vouloir vivre et de s’énoncer par lui-même et cet existif peut s’énoncer
dans le silence que ne peut saisir la coutume, c’est-à-dire l’abnonction. ET L’ENSEMBLE DE
CETTE OPÉRATION S’APPELLE SÉMIOIA.

Définition :
Sémioia… porte la racine, latin SÉMIO = SIGNE, MERVEILLE ; IA renvoie à l’idée DES
INDIGÉNÉITÉS DE NOS AXIOMES &amp; ÂME. En même temps, ces axiomes-là sont des
fabulations de l’âme, il y a donc ce double jeu avec le A qui est à la fois la relation avec l’axiome,
la dimension avec l’âme. C’est la dimension indigène, c’est-à-dire, la manière dont nous
occupons et nous habitons le réel, SÉMIOIA … C’est le grand paramètre, le grand ordinateur. IL
EST CELUI QUI ORDONNE … celui qui construit et celui, fabule des équations, fabule des
potentialités, fabule des versions finalement à partir desquelles les motifs dans leur grande
variabilité peuvent se donner existence. Ce qui n’empêche pas de penser par exemple de savoir
une circularité entre les motifs des métamorphoses, évolutions, ce que je dis c’est que, quelles
que soient les opérations internes que les motifs vivent, il y a d’abord la pensée de dire q, ue ces
motifs-là sont en fait des variations produites par la computation même, c’est-à-dire par la
spéculation même du grand signe qui est la Sémioia… et que cette spéculation fabrique des
rapports d’indigénéité, des formes indigènes … des plantes sont des formes indigènes … le nuage..
Le motif humain est une forme indigène,

ÉCART-III : LA PARTICULE NJNO (note d’oubli, note de joie)
Le 3è écart, c’est l’idéalité d’une question objuetale, le paramètre cognitif du pinceau qui
organise la vibration comme méthodologie. Il y a un lyrisme conducteur dans l’être de la
question : comment puis-je être sans connaître ma forme? Telle est la tribulation du pinceau de sa
transition ontologique de conscience objuetale en particule de la Sémioia. Si la Sémioia est ce
trait d’union effacé, cette altérité ultime, extérieure à moi qui me produit puisque je puise ma
substance de la danse des motifs se mouvant sur le clavier de nos certitudes, lettres mortes, lettres
agitées, se pourrait-il alors qu’être sans connaitre sa forme puisse être une possibilité de la forme?
Alors je serai une anté-catégorie. Je serai ce paramètre qui ne dit jamais « J’accuse », mais qui dit
plutôt, « Je viens ». Je suis un réel qui n’est pas encore né. Je suis une stance de l’immémorialité
du signe. Sortir de la Catégorie, embrasser le Variat. Voici la parole oubliée du pinceau, voici la
manifestation de sa joie. Des générations de motifs s’engendrent dans l’engendrement du rien. La
note de joie est un Nameless, l’épopée d’une cendre mythologique qui chante le canon
d’inexistence de sa probabilité, l’oubli c’est le tracé de la chance et la blessure des conquêtes. De
l’oubli, vomit toujours un alphabet, sortons de la souffrance, une nouvelle table épistémique est

26
possible. Elle s’appelle njno, une ode à la liberté qui sautille dans les vestiges du paradis. Et le
pinceau se déposa dans une respiration. Il ne lui restait plus qu’à s’écrire en traité de 5 familles
linguistiques pour proposer une métaphysique du texte.
Le Sil (sèmes impossibles libres), Les Contamines, Le Dragon dans le texte, La Wonder-Shi et Le
Sémiome. Ces classes linguistiques nous apprennent que JE n’est pas suffisant pour se
comprendre. JE n’est pas celui qui « voit », mais celui qui vient. Il est la Sémioia, le réel qui n’est
pas encore né. Ainsi s’achèvera la Sémioia, ou le problème de la réalité dans la spéculation d’un
pinceau.

DOSSIER CRÉATION
La création va se baser sur les 3 écarts autour d’une fiction épistémologique nommée :
Sémioa, l’énigme du clavier tombeau

CONTENU
DESCRIPTIF
LE CHANT DES NAMELESS
DOSSIER VISUEL1 : AU PAYS DES NAMELESS = MORCEAUX DE FRESQUE DU
MAUSOLÉE DÉCRIVANT LA VIE D’UN AILLEURS, D’UN AUTRE TEMPS, D’UNE
AUTRE
FOIS.
TRAILER DRAFT
DOSSIER VISUEL 2 : EQ-CITY POUR LA PARTICULE NJNO

27

SÉMIOIA, L’ÉNIGME DU CLAVIER-TOMBEAU
DESCRIPTIF

Un mystérieux clavier-tombeau d’une civilisation qui a cherché à aller à EQ-City. Les Nameless dont nous
n’avons alors que le clavier d’écrire. Des fresques de leur vie et un chapitre inconnu qui semble vouloir
s’écrire à même le clavier. Chaque touche de clavier est une stèle. Sur chaque stèle, une image, comme
de morceaux de séquences d’une action. Aucun nom. Ce sont les Nameless; quelque part, figure un
général, un homme qui tient un pistolet. Fait étonnant : toutes les figurations de cet espace sont rouges.
Une conscience figée dehors, dans le temps spectral d’une écriture qui se cherche. C’est une figure de
l’écrivaine, prisonnière d’un espace indicible, infranchissable. On la rencontre comme hologramme figée
à sa tâche du réfléchir. Peut-être communique-t-elle avec l’immense masque d’effroi qui surplombe le
mausolée? Qui est ordinateur des deux? Faute de mieux, on appelle ce tombeau « General and The
Nameless ». Pourtant figure l’inscription « EQ-City »
Quelque part au loin, un objuet rêve, une Dame Qui pense. Elle rêvait de composer l’équation de sa
réalité. Mais les syntagmes de sa musique intérieure n’offrent pas encore la bonne formule. EQ-City, la
cité équation. Tout le monde veut y aller.
L’objuet ne sait pas encore qu’il rêve d’aller à EQ-City. La Dame Qui pense attend, comme l’écrivaine
hologramique. Compose, pianote, calcule. Il est dit
« Oui, nous retrouverons les clés de la cité quand nous
aurons appris à chanter
virevoltant à l’odeur de la vie, nous ne serons plus jamais les mêmes ».
Qui sont les Nameless?
Un récit de guerre, un récit de fuite, un récit de joie, un récit de danse, et un singe parla tandis que
l’oiseau rouge tendait l’oreille. Qui sont les Nameless?
Sommes-nous sûres que les Nameless sont des humains? Et si les Nameless étaient la nature?

28
Figure 1 un soldat Nameless,
calligraphie sur vitre

Bang! bang! Ils fuient. Puis ils se sont fermés à notre regard.
Il y a des danseurs, des chimères,
Le ciel des Nameless est un ciel rouge, allons-nous-en mon ami
Trouver meilleure toiture

Ainsi s’achèvent les indices.

29
Figure 2 Figure de touche
de clavier, calligraphie sur
papier

Figure 2 General, calligraphie sur vitre

SÉMIOIA OU L’ÉNIGME DU CLAVIER-TOMBEAU

Le projet: est une installation en 3 actes dans
laquelle s&#39;érige un mausolée, le mausolée des
Nameless aussi appelé Clavier-tombeau dans
lequel les spectateurs pourront non seulement
se promener mais participer aussi à l&#39;énigme
du déchiffrage du Mausolée. C&#39;est le clavier-
tombeau tombeau est immense ordinateur
composé:
1/ d&#39;un clavier dont les touches sont en réalité
des tombes sur lesquels aucun nom n&#39;est
inscrits, mais portent plutôt des séquences
d&#39;une immense fresque semble décrire un récit,
peut-être un chant de guerre d&#39;ailleurs, d&#39;un
autrefois, d&#39;un autre temps, que nous humains
semblons connaitre mais avoir oublié. Parce
que les visages, les formes apparaissant sur chaque touche sont anonyme, la mémoire des lieux
les a appelé les &quot;Nameless&quot;. Qui sont les Nameless? Sommes-nous sûrs qu&#39;ils s&#39;agit d&#39;humains?
Et si c&#39;était la nature, tout se récit peint uniquement à l&#39;encre rouge?;
2/ d&#39;un masque d&#39;effroi qui va surplomber le mausolée. C&#39;est peut-être luji le
véritable ordinateur, la conscience mythique branchée à notre modernité et qui semble murmurer
l&#39;hymne des Nameless. Ce masque, est peut-être, le premier être qui a voulu raconter la tragédie
des Nameless. D&#39;ailleurs, à bien y regarder, sur la fresque, on voit un général, &quot;bang! Bang!&quot; Il
tire, et le signe se ferma à nos yeux;

30

Figure 3 La modélisation- un mausolée-ordinateur

3/ la station hologrammique d&#39;une écrivaine, Gaëlle Étémé, coincée dans un présent immémorial,
un jour, quelque part à Montréal, entre novembre et octobre 2022, alors, qu&#39;il faisait beau, elle
sent l&#39;urgent d&#39;aller chez Omer de Serre, elle achat du pastel rouge372.5, elle, calligraphe, qui ne
peint jamais à la couleur, toujours à l&#39;encre
noir. Tout coup, l&#39;urgence se transforme en
la frénésie d&#39;un geste calligraphique qui
dura 2h. Cela semblait beau, mais elle ne
savait ce qu&#39;elle avait écrit. De retour dans
son Sherbrooke, janvier, 2023, un matin,
elle sait. Elle se lève, saisit la lentille de
son téléphone et observe ses planches qui
lui livre le récit microscopique de l&#39;encre
rouge, qui accouche, comme un ventre,
d&#39;un récit de guerre, d&#39;un récit de joie, d&#39;un
récit de fuite, d&#39;un récit de danse.
C&#39;est le
récit
que
portera
le
clavier,
le récit
de General and the Nameless, le récit du clavier-tombeau.
Que s&#39;est-il passé? un langage se dégage de tout cela, le
langage mystérieux des Nameless, ce langage, elle l&#39;appela
Sémioia, pour rappeler que le signe, le trait est un objet
d&#39;émerveillement, comme le veut la racine latine de sémio=
signe, merveille. Elle rajouta &quot;ias&quot; san trop savoir pourquoi.
Là est toute l&#39;énigme. Les 3 actes, constituent les 3 postes
d&#39;une installation qui aura peut-être lieu dans un cube blanc
dans lequel seront projet en mapping, le mausolée construit
en 3D soit: le clavier qui comporte 313 touches relatives aux
313 séquences d&#39;action photographiées par l&#39;écrivaine hologrammique. Les dimensions des
touches sont à explorer.

31
Figure 4 élément du mausolée, calligraphie sur vitre
Mais j&#39;allais avec l&#39;idée de 22&#39;&#39; pour chaque touche=une tombe. Le masque devrait faire au moins
pieds. Les caractéristiques de l&#39;hologramme de la conscience située à l&#39;entrée du mausolée sont à
développer. En résumée: Sémioias, l&#39;énigme du clavier-tombeau est une installation multimédia
en 3 actes qui décrit sous la structure d&#39;un mausolée un récit de guerre, un récit de joie, un récit de
danse, d&#39;une civilisation disparue,
ni tout à fait humaine, ni tout à fait
non humaine, qui s&#39;appelle les
Nameless, et à travers lequel, les
visiteurs seront amener à
déchiffrer ce qui s&#39;est passé. plus
concrètement, ils vont participer à
la reconstitution de la dramaturgie
du récit que semble vouloir activer
le clavier en déposant dans le
mausolée des morceaux de vers
pour construire le chant des
Nameless. C&#39;est le masque, qui en
cerveau artificiel (AI), va co-
générer des possibilités
d&#39;interprétations conjuguées entre
les vers des visteurs, le récit de
l&#39;artiste et les images du clavier,
des versions infinies du chant épique des Nameless.

Œuvre numérique, multimédia et participative
Le Clavier GAN aussi appelé Clavier-tombeau est un clavier dans lequel se déploie l’énigme
d’une fresque à déchiffrer. Cette fresque semble dépeindre un récit de guerre. L&#39;objectif:
Comment par le rouge construire l’empathie? En effet, le fait que les éléments visuels de ce
mausolée soit entièrement rouge n&#39;est pas un hasard. Rouge comme le sang. le lien, les passions,
mais rouge aussi comme la capacité de voir à travers nos différences. La symbolique du clavier
est très importante aussi parce que l&#39;interprétation est très subjective, et ce qui compte finalement
c&#39;est de savoir le récit que nous composons à travers notre façon de percevoir les choses. C&#39;est
une musicalité intérieure qui se dépolie à chaque fois qu&#39;un visiteur inventera un vers à partir des
combinaisons et des associations entre les touches qu&#39;il aura choisi. Cette musicalité, c&#39;est déjà un
chant des Nameless. Comment peut-on être empathiques avec des invisibles, des sans-noms, tous
ces êtres tombées de nos guerres intérieurs, de notre rapport à l&#39;étrangéité. C’est notre sens
mythologique qui est rejoué, soit notre capacité il était une fois &quot;nous&quot;.

32

Nous sommes les Nameless (chant)

Nous retrouverons les clés de la cité
quand nous aurons appris à chanter
Nous sommes les Nameless
d’un pays perdu
quelque part derrières les
nuages
tout est noir et gris
mais je te promets
les couleurs y sont vives
rouges comme la vie

Nous retrouverons les clés de la cité
quand nous aurons appris à chanter
Qui a dit que les Nameless ne connaissaient pas la douceur?
Seul le ciel qui parjure contre nous
Conspire aussi de bonté
Soyons reconnaissants mes frères
Nous qui portons les armes de l’espérance
Jamais le général ne nous retrouvera

Nous retrouverons les clés de la cité
quand nous aurons appris à chanter
Allez le Nameless il
parait qu’Essa
n’est pas
loin,

33

le pays
de ceux qui sont sombres et noirs
on voit leur âme blanche
danser entre les lignes
Qui a dit que les Nameless ne connaissaient pas la
douceur?
C’est l’histoire d’un autre fois
d’une parole perdue
derrière les feuilles
de l’arbre qui
regarde
les roches éblouissent
le feu est un enfant joyeux

Oublie l’oncle qui est mort
Oublie le père qui trahit
Oublie de te savoir comme déception
le soleil derrière moi est sorti pour m’encourager
Nous sommes d’un pays loin
d’un autre fois merveilleux
il me suffit de
lever les yeux aux nuages
pour m’y reconnaître
j’aimerais qu’ils m’amènent
dans leur
drôle de
migration

Nous sommes les

34

Nameless,
Un
peu heureux
vite, vite,
Général, creuse ta
tombe
tu ne nous attraperas pas
nous retrouverons les clés de la cité
quand nous aurons appris à chanter
Qui a dit que les Nameless ne connaissaient pas la douceur?
EQ! EQ! EQ!

Nous venons à toi, notre cité
là derrière les nuages. là où les gens sont tout sombres
et noirs. On voit leurs âmes blanches
bâtir des amitiés de sable solides. C’est de la plus
belle architec –
ture
EQ. EQ
Un paradis s’est glissé entre
Une montagne tombante
la main saisit la forme de ses doigts de fil
Nous sommes les
Nameless
dieu échoue de
son arbre
car nous sommes
éternelles, cendres
sans cesse renouvelées

35

nous dansons le
feu de la vie
trop heureux de
n’être
rien

nous retrou-
verrons les
clés de la cité quand
nous aurons appris
à chanter.
Général débusqué
se trouve en nous
Qui a dit que les
Nameless ne connaissaient pas
la douceur?

36

BIBLIOGRAPHIE
Aristote, Catégories, Métaphysique, Poétique, in , Œuvres Complètes, Flammarion, 2014
Attar, Farid-ud Din’, La conférence des oiseaux, EPUB
Auetbach, Erich, Mimésis. La representation de la réalité dans la littérature occidentale, Tel
Gallimard, 2015
Bachelard, Gaston, Poétique de la rêverie, L’eau et les rêves, Puf, Quadridge, 2016
Barthes, Roland, Le degré zéro de l’écriture suivi de Nouveaux essais critiques, Points, Suil, 1972
———————Mythologies, Points, Seuil, 1970
Baudelaire, Charles, La morale du joujou, in Le Monde littéraire, 17 avril 1853
http://ekladata.com/JF1HpOgZMBKX3wy5F4NCqQ2mENY/Charles-Baudelaire-Morale-du-
joujou.pdf
Baudrillard, Jean, Le système des objets, tel, Gallimard, 2011
Bentham, Jeremy, De l’ontologie et autres textes sur les fictions, Seuil, Points, 1997
Berger, Peter &amp; Luckman, Thomas, La Construction sociale de la réalité, Doubleday &amp;
Company Inc., 1966
Bergson, Henri, L’évolution créatrice, Puf, Quadrige, 2013
Borcherdt, Gesine, Byung-Chul Han: How Objects Lost their Magic, ArtReviews, 2021
Boucheron (dir.), Histoire du monde au XVe siècle, 1. Territoires et écritures du monde, Pluriel,
2012
Burgess, John,P. (2012). Philosophical Logic. Princeton University Press, 153p
Chapman, Owen &amp; Sawchuk, Kim, Research-Creation Canadian Journal of Communication, Vol
37 (1), 2012
Caillois, Roger, Les jeux et les hommes, Folio Essais, Gallimard, 1991
Compagnon, Antoine, Le démon de la théorie. Littérature et sens commun. Seuil, 1998
Cottingham, John, In Search of the Soul, a Philosophical Essay, Princeton university Press,
Princeton and Oxford, 2020
Davison-Vecchione, Daniel, Seeger, Sean, Ursula Le Guin’s Speculative Anthropology: Thick
Description, Historicity and Science Fiction, Theory, Culture &amp; Society 0(0) 1–22, 2021
De Sousa Santos, Boaventura. (2016). Épistémologies du Sud. Mouvements citoyens et
polémique sur la science, coll. Solidarité et Société, Desclée De Brouwer, 431 p.
Deleuze &amp; Guattari, Qu’est-ce que la philosophie? Les Éditions de Minuit, 2014

37
————————- Milles plateaux. Capitalisme et schizophrénie, Les Éditions de Minuit, 1980
De Mul, Jos, The Living Sign. Reading Noble from a Biosemiotic Perspective, Biosemiotics
(2021) 14:107–113,
https://link.springer.com/article/10.1007/s12304-021-09426-y
Dasgupta, Shuvatri, Non-Human Intellectual History—Machines: Virtual Issue 1.3, 2023
https://jhiblog.org/2023/05/31/non-human-intellectual-history-machines-virtual-issue-1-3/
Déléage, Pierre, Lettres mortes. Essai d’anthropologie inversée, Fayard, 2017
Descola. Philippe. (2005). Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des
sciences humaines », 2005
Diagne, Bachir, Souleymane (2013). L’encre des savants, Éditions Présence Africaine, coll. La
Philosophie en toutes, 124p
Didi-Huberman, Georges. (2008). La ressemblance par contact. Archéologie, Anachronie et
Modernité de l’Empreinte, Les Éditions de Minuit, 337 p.
——————————-. Devant l’image. coll. Crtique, Les Éditions de Minuit, 319 p. 1990
Diop, BiragoLe souffle des ancêtres, in Leurres et Lueurs, Présence africaine, 1960
Dondero, Guilia, Maria. Les langages de l’image. De la peinture aux Big Visual Data. Hermann,
2020
Dziub, Nikol, « La musique réduite au silence : Chopin chez deux écrivains ukrainiens (Lessia
Oukraïnka, Maxime Rylski) », dans Peter Schnyder et Augustin Voegele (dir.), Écrire avec
Chopin. Frédéric Chopin dans la littérature, Paris, Honoré Champion, 2020, p. 111-122.
Eco, Umberto, Le signe, Biblio Essais Le livre de Poche, 2015
Garcia, E. &amp; Nef, F. Métaphysique contemporaine. Propriétés, mondes possibles et personnes,
Vrin, .2007
Girard, René, La voix méconnue du réel. Une théorie des mythes archaïques et modernes, Grasset
et Fasquelle, 2002
Groupe µ. Princicipia Semiotica. Aux sources du sens, Les Impressions Nouvelles, 2015
Goodman, Nelson, L’art en théorie et en action. Folio Essais, 1984
———————-Manières de faire des mondes, Folio, Essais, Gallimard, 2010
Gramwell, Lynn. (2020). Exploring the invisible. Art, science, and the Spiritual. (Revisd and
Expanded Edition). Princeton University Press, 528p.

38
Graness, Anke, Writing the history of philosophy in Africa: where to begin? Journal of African
Cultural Studies, 2016 Vol. 28, No. 2, 132–146
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13696815.2015.1053799
Greimas &amp; Fontanille, Sémiotique des passions. Des états de choses aux états d’âme. Seuil, 1991
Gyekye, Kwame,  Tradition and Modernity: Philosophical Reflections on the African
Experience. New York: Oxford University Press., 1997
Hampaté-Bâ, Amadou, Amkoulell, l’enfant peul. Mémoires. J’ai Lu, 2002
Haraway, Donna. (2007). Manifeste cyborg et autres essais. Sciences – Fictions – Féminismes,
Anthologie Paris, éditions Exils, coll. « Essais », 2007
Haslanger, Sally. (2000). Feminism in Metaphysics: Negotiating the natural, in, The Cambridge
Companion to Feminism in Philosophy, Fricker, Miranda &amp; Hornsby Jennifer. Cambridge
University Press. pp. 107–126
Heller-Roazen, Daniel, No One’s Ways. An Essay on Infinite Naming, Zone Books, New York,
2017
Hountondj, Paulin.J (2002). The Struggle for Meaning: Reflections on Philosophy, Culture and
Democracy in Africa, Athens: Ohio University Press,
Humphrey, Nicholas. (2011). Soul Dust. The Magic of Consciousness, Princeton university Press,
243 p.
Hjelmslev, Louis, Prolégomènes à une théorie du langage, Les Éditions de Minuit, 2012
Jakobson, Roman, « Fragments de “La nouvelle poésie russe”. Esquisse première : Vélimir
Khlebnikov » (1921), trad. Tzvetan Todorov, Huit questions de poétique, Paris, Seuil, 1977,
p. 11-29.
———————– « Notes marginales sur la prose du poète Pasternak » (1934), trad. Michèle
Lacoste et André Combes, Huit questions de poétique, Paris, Seuil, 1977, p. 51-75.
Joppert, Ricardo, Calligraphie et surconscience créatrie en Chine. Le Kuangcao de Huaisu (VIIIe
siècle), You Feng, 2005
Kabîr, Songs of Kabir, traduit par Rabindranath Tagore, The Macmillan Company, New York
1915
Kandinsky, Vassily, Du spirituel dans l&#39;art,
https://philosophie.ac-creteil.fr/spip.php?article1043
Katya Garcia-Anton (Ed.). Sovereign Words: Indigenous Art, Curation and Criticism.
Amsterdam: Valiz, 2018.
Katya Garcia-Anton, Gunvor Guttorm, and Harald Gaski (Eds.). Let the River Flow. An
Indigenous Uprising and its Legacy in Art, Ecology and Politics. Amsterdam: Valiz, 2020

39

Lévi-Strauss, Claude, Mythologiques, t. 4 : L’Homme nu, Paris, Plon, 1971.
——————————–Race &amp; histoire, Folio Essais, 2005
——————————–Tristes tropiques, Plon,2009
Littérature et mathématiques : dérivées variables, Volume 50, numéro 2, 2021
https://www.erudit.org/fr/revues/etudlitt/2021-v50-n2-etudlitt06565/
https://www.theguardian.com/books/2023/jan/31/justice-for-animals-by-martha-c-nussbaum-
review-how-we-became-the-tyrants-of-the-animal-kingdom
Littérature et réalité, Barthes, Bersani, Hamon, Riffaterre, Watt, Points, Seuil, 1982
Li Yongzhong, « Caosheng » heyi cheng wenti (Ce qui fait problème dans « la sainteté de la
cursive »), Wen.Shi.Zhi.Shi, septembre 2006, p. 120
Lucrèce, De la Nature. De rerum natura, GF Flammarion, 1997
Malabou, Catherine, Les nouveaux blessés. De Freud à la neurologie, penser les traumatismes
contemporains, Puf, Quadrige, 2017
Mandelville, Bernard, The Fable of the Bees Or Private Vices, Publick Benefits. vol. I, Liberty
Fund, 1992
Martin, Marie-Pauline, « L’Essai sur l’origine des langues : positionner l’art musical », Juger
des arts en musicien. Un aspect de la pensée artistique de Jean-Jacques Rousseau, Paris, Maison
des sciences de l’homme, 2011, p. 21-40. Disponible en
ligne : http://books.openedition.org/editionsmsh/8571
Meinong, Alexius. (1999). Théorie de l’objet et présentation personnelle. Vrin, Bibliothèques des
textes philosophiques, 1992 p
Meillassoux, Quentin . (2006). Après la finitude : Essai sur la nécessité de la contingence,
Paris, Seuil, coll. « L&#39;Ordre philosophique », 2006, 180 p.
Merlan, Francesca. “Indigeneity: Global and Local.” Current Anthropology, Vol. 50, No. 3 (June
2009): 303-333.
Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Tel, Gallimard, 2012
——————–Signes, Folio Essais, 2008
Mignolo, Walter. “Aiesthesis decolonial.” Calle14, Vol. 14, No. 4 (2010): 10-25.
Mignolo, Walter and Gómez, Pedro Pablo. Estéticas decoloniales. Bogotá: Universidad Distrital
Francisco José de Caldas, 2012.
Mignolo, Walter and Vázquez, Rolando. “Decolonial AestheSis: Colonial Wounds / Decolonial
Healings.” SocialText Online, 2013. https://socialtextjournal.org/periscope_article/decolonial-
aesthesis-colonial-woundsdecolonial-healings/

40
Mirzoeff, Nicholas. The Right to Look. A Counterhistory of Visuality. Durham: Duke University
Press, 2011
Moreton-Robinson, Aileen. The White Possessive: Property, Power, and Indigenous Sovereignty.
Minneapolis, MN: University of Minnesota Press, 2015.
Nussbaum, C Martha, Justice for Animals: Our Collective Responsibility, Simon and Schuster,
2023
Oruka, Odera. (1990) Sage Philosophy: Indigenous Thinkers and Modern Debate on African
Philosophy
Otable, Tanehissa, « Le jeu autoréflexif du langage et l’âme du monde : éléments de théorie
musicale chez Novalis », dans Horizons philosophiques, vol. 16, n o  1, Raisonner la musique, dir.
Ghyslaine Guertin et Roch Duval, 2005, p. 24–37. Disponible en
ligne : https://id.erudit.org/iderudit/801303ar. DOI : https://doi.org/10.7202/801303ar
Peirce. (2016). Philosophical Writings of Peirce, selected and edited by Buchler Justus, Dover,
386 p.
Pelard, Emmanuelle, Le nomadisme du signe dans les « pseudographies » de Christian
Dotremont et d’Henri Michaux, Cygne noir, 1, 2013
https://archive.wikiwix.com/cache/display2.php?url=http%3A%2F%2Fweb.archive.org%2Fweb
%2F20140825021605%2Fhttp%3A%2F%2Fwww.revuecygnenoir.org%2Fnumero%2Farticle%2
Fle-nomadisme-du-signe-dotremont-michaux#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url
Penser l’esclavage, Modèles antiques, pratiques modernes, problématiques contemporaines,
Édité par Gonzales Antonio, Presses universitaires de Frnache-Comté, 2012
Picchione, John, Poetry, Science, and the Epistemológical Debate, TTR, 12(1), 19–30. 1999,
https://doi.org/10.7202/037351ar
Pillen, Alex et al, Natural language modelled and printed in 3D: a multi-disciplinary
approach, Humanities and Social Sciences Communications (2022).
Platon, Critas, Timée, in Œuvres complètes, Flammarion, 2016
Prêtre, Clarisse, Kosmos et kosmema. Les offrandes de la parure dans les inscriptions de Délos,
Presses Universitaires de Liège, 2012
Quijano, Aníbal. “Coloniality of Power, Eurocentrism, and Social Classification. In Coloniality at
Large: Latin America and the Postcolonial Debate, edited by Moraña, M., Dussel, E. and
Jáuregui, C., 181-224. Durham, NC: Duke University Press, 2008.
Rickard, Jolene. (2007). “Absorbing or Obscuring the Absence of a Critical Space in the
Americas for Indigeneity: The Smithsonian’s National Museum of the American Indian.” RES:
Anthropology and Aesthetics, Vol. 52 (2007): 85-92.

41
———————(2017). “Diversifying Sovereignty and the Reception of Indigenous Art.” Art
Journal, Vol. 76, No. 2 (2017): 81-84.
Rivera Cusicanqui, Silvia. Sociología de la imagen. Miradas ch’ixi desde la historia andina.
Buenos Aires: Tinta Limón, 2015.
Russel, Bertrand, (2011). Essais sceptiques. Les Belles Lettres, Paris, 262 p.
Schütz, Alfred, Don Quichotte et le problème de la réalité, Allia, 2013
Semali, Ladislaus M. and Kincheloe, Joe L. (Eds.). What Is Indigenous Knowledge? Voices from
the Academy. New York and London: Taylor &amp; Francis, 1999.
Simmel, Georg, Philosophie de la modernité, Payot, 2004
Simondon, Du mode d’Existence des objets techniques, Aubier, 1989
https://monoskop.org/images/2/20/Simondon_Gilbert_Du_mode_d_existence_des_objets_techni
ques_1989.pdf
Smith, Linda Tuhiwai. Decolonizing Methodologies: Research and Indigenous Peoples. London:
Zed Books, 2012
Soyinka, Wole, Myth, Literature and the African World, Cambridge University Press, 2023
Tchouang Tseu, Le rêve du Papillon, Albin Michel, EPUB
Todorov, Tzvetan, Poétique de la prose, choix, suivi de Nouvelles recherches sur le récit, Seuil,
Points, 1980
Vandermeersch, Léon L’écriture folle, facette chinoise de l’extase lettrée, « Savoirs et clinique »,
éditions Éres, 2007/1 n° 8 | pages 195 à 199
Van Norden, Bryan W, (2017). Taking Back Philosophy. A Multicultural Manifesto. Columbia
University Press, New York, 2016 p.
Vincent-Arnaud, Nathalie et SOUNAC Frédéric, « Figures du musicien : corps, gestes,
instruments en texte (Avant-Propos) », dans N. Vincent-Arnaud et Fr. Sounac (dir.), Corps,
gestes, instruments en texte, Fabula / Les Colloques, en ligne, 2016.
URL : http://www.fabula.org/colloques/document3866.php
VIVEIRO De Castro, Esuardo,. Cosmological Perspectivism in Amazonia and Elsewhere. Four
lectures given in the Department of Social Anthropology, Cambridge University, 1998
—————– ( Métaphysiques cannibales, Paris, PUF (collection MétaphysiqueS), 2010
Wa Thiong’o, Ngugi, Decolonizing the Mind. The Politcs of Language in African Litterature,
James Currey, East African Educational Publishers Ltd.2005
Wiredu &amp; Kwame Gyekye (1992). Person and Community: Ghanaian Philosophical Studies.New
York: Council for Research in Values and Philosophy

42

White, Hayden. (1987). The content of the Form. Narrative Discourse and Historical
Representation, John Hopkins University Press, 244 p.
Whitehead, Alfred North, Process and reality, Free Press Corrected Edition, 1985
Wolf-Meyer, Matthew, The Necessary Tension between Science Fiction and Anthropology, From
the Series: Speculative Anthropologies, 2018
Yablo, Stephen,. (2014).

ARCHIVES 2019 DU SPECTACLE DU REGRETTÉ SIMON GAUTHIER À L’ALLIANCE FRANÇAISE DE TORONTO OU J’AI D’AILLEURS VAGABONDÉ

 

Une soirée pour vagabonder

Une soirée pour vagabonder

PARTAGEZTWEETEZENVOYEZ
Dernière mise à jour 02/04/2019 à 16h08 par Sonia Baritello

 

Un air de liberté. C’est ce que l’on pouvait ressentir dans les locaux de l’Alliance française de Toronto mercredi dernier. Dès 19h30, le public a pu voyager au fil des paysages québécois… sans bouger de sa chaise. Internet? Non, la puissance des mots. Ceux du conteur québécois Simon Gauthier.

L’affaire n’est pas compliquée. Une chaise, un fond noir, une lumière tamisée, et un étrange personnage. Laissez-vous porter par l’histoire et la mise en scène des mots, vous planterez le décor vous-mêmes.

Chasse-misère
Et il y en avait, du paysage, pour celui qui voulait voir. Pas de circuit touristique ou de voyage en première classe, je vous parle d’imaginaire. Conteur depuis plus de 15 ans, Simon Gauthier est un «troubadour, parti sur la route pour raconter des histoires». Et ce soir la, il n’était pas le seul.

Vagabond d’un soir, c’est sur les pas de Pierrot que le public s’est laissé transporter. Une histoire peu banale. Celle d’un homme, qui depuis sa tendre enfance avait en lui quelque chose de spécial. Gamin charismatique aux yeux porteurs d’une lueur, d’un rêve. Celui de partir à la rencontre des autres et de prendre soin du monde.

Car oui, Pierrot était en fait un «Chasse misère». Tout comme ses ancêtres, il avait en lui ce pouvoir de chasser les regards tristes, la peine, autrement dit le «morose»: ce fuyard qui s’installe lâchement en ville quand les regards sont tournés ailleurs.

Mais voilà, être vagabond, «c’est manquer d’ambition». Un discours et une honte qui le fera se mentir à lui-même pendant plus de 35 ans, caché derrière sa jolie carrière de chanteur, qui le faisait brûler les planches et goûter à une vie de rêve. Et pourtant, il finira par tout plaquer et revenir vers l’essentiel, la poursuite de son rêve, aussi fou et décalé soit-il: vivre de la poésie.

Voyage musical

Optimisme, liberté, nature, paix…c’est sur un fond musical original que l’artiste a bercé le public.

Bruitages, vieille chanson française et québécoise, c’est surtout autour d’instruments peu communs que Simon Gauthier a fait résonner ses mots: une guimbarde pour entraîner le spectateur dans la marche; un baleinophone, large tube rempli de ressorts, pour se plonger dans la réflexion du personnage; une scie, instrument aux sons arrondis, qui crée la confusion. Pas d’excès, juste assez pour plonger le public plus intensément au cœur du récit.

Histoire vraie

Héros de conte, légende vivante des temps moyenâgeux, tout droit sortie des profondeurs de l’imaginaire.

Le public a été surpris d’apprendre qu’il s’agit en fait d’une véritable rencontre du conteur. «C’est un personnage que j’ai vraiment rencontré», confie l’artiste. «Il est en ce moment au Québec et prépare un doctorat sur son vagabondage. Il m’a raconté son histoire, et j’ai voulu la transporter, la faire découvrir à d’autres à mon tour.»

Un message brut, qui ramène aux valeurs essentielles, à travers le conte. «Beaucoup de gens pleurent sur cette histoire. Ils s’y reconnaissent d’une certaine manière. Certains ne savent plus où ils vont, et se disent, mais c’est moi.»

«Le conte est une très belle relation entre la scène et le public. Il crée une véritable proximité. C’est un peu comme la première télévision du monde. Le conteur est le canal, les spectateurs utilisent les mots et se font leurs propres images. Ils découvrent en fait le plus grand théâtre du monde, celui de l’imaginaire.»

Mais, chaque voyage a une fin, et pour le public présent dans la salle, il fallut jeter l’encre, après avoir fait un peu de chemin. Par contre, la route ne semble pas terminée pour Simon Gauthier. Après Toronto, il s’en va parcourir du Québec, et s’envolera trois mois pour la France. Peut-être le croiserez-vous, sait-on jamais.

Auteur