L’ÉTAT OEUVRE D’ART… CONFÉRENCE FRANK SCOTT 1950

Sandra Djwa
F.R. SCOTT
UNE VIE
p.374-375-376

La conférence de Scott, qui a pour titre «l’État œuvre d’art», illustre à quel point le nationalisme, l’artiste et le juriste se rejoignent dans son imagination. Dans une certaine mesure, Scott y démontre l’unité de ses préoccupations.

Dans son discours, Scott affiche une opinion idéalisée du fédéralisme canadien – UNE SOCIÉTÉ JUSTE telle que conçue par un roi philosophe et juriste. « La société est en fait un amalgame d’institutions, une toile de relations. Partout, autour et au-dessus, il y a le droit et l’État, liant le tout et imposant un degré d’uniformité qu’aucun autre facteur de cet ensemble ne possède en lui-même. » Y a-t-il une esthétique de la société? ou bien donnons-nous un sens large à l’expression «le beau» en l’appliquant à une institution tout comme à un art? Scott répond par la négative et se rapporte à l’utilisation qu’en fait Jacob Burckhardt et à son étude du X1Xeme siècle sur les cités-États d’Italie, dans la civilisation de la Renaissance en Idalie. Burckhardt y parle de «l’État comme le résultat de la réflexion et du calcul, l’État comme une œuvre d’art». Les États italiens, en raison de l’ordre et de la planification qui les caractérisent, sont des œuvres d’art……

…. Qui sera le créateur du bel État du Canada et comment ce maître artiste choisira-t-il le style de son œuvre?….. la politique, affirme-t-il EST L’ART DE CRÉER DES ARTISTES. C’est l’art d’élaborer, dans la société, les lois et les institutions qui donneront le mieux l’impulsion nécessaire au jaillissement de l’esprit créateur enfoui, à des degrés divers, en chacun de nous. La bonne politique a pour but le DÉVELOPPEMENT MAXIMAL DE CHAQUE INDIVIDU. LIBÉREZ L’ARTISTE EN NOUS ET LA BEAUTÉ DE LA SOCIÉTÉ ADVIENDRA D’ELLE-MÊME.»

Cette vision de la société, tournée, en priorité, vers la culture de l’individu, et de «LA PRIMAUTÉ DU DROIT» COMME ÉTANT NÉCESSAIRE À LA PROTECTION DE L’INDIVIDU ET DE LA SOCIÉTÉ, aura une grande portée au Canada dans les années 1970

…. «la thèse Scott» qui s’est affirmée de manière spectaculaire avec le rapatriement de la Constitution en 1982 et la charte des droits.

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Pierrot vagabond

IL FAUT PENSER L’ÉTAT COMME UNE OEUVRE D’ART….FRANK SCOTT…P.359

EXTRAIT
p.267

Les dates cruciales de l’histoire du Canada sont1663, 1763, 1774, 1791, 1840, 1867, 1931. A chacun de ces moments correspond un changement dans la structure gouvernementale, qui permet de mettre en route quelques nouveaux plans ou objectifs concernant le peuple canadien. Les changements juridiques sont, comme toujours, le moyen d’y arriver.
Quels sont les buts qui sous-entendent chaque nouvelle forme constitutionnelle? Qui définit les objectifs? qui les choisit? Répandre le catholicisme et la culture française, étendre la puissance et le commerce anglo-saxons NE SONT PAS DES CONCEPTS CANADIENS. L’amalgame canadien est-il un objectif en soi? Surtout a-t-il un objectif démocratique?

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p.328

Pour Scott, le droit a une qualité esthétique. Lui-même s’exprime avec élégance, clarté et conviction.

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p.347

L’objectif suprême d’une société juste est de partager sa richesse avec les autres.

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p.358

The world is my country
the human race is my race
the spirit of man is my God
the future of man is my heaven.

La vision morale de Scott,sapolitique et sa poésie sont si intimement liées que l’on peut voir dans «Creed» une confirmation de ses convictions, un manifeste politique ou un credo esthétique….

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p.359

« Je n’ai jamais senti la moindre contradiction entre… la politique et la poésie, car la politique que j’ai professée était pour moi UNE VISION CRÉATRICE DE LA SOCIÉTÉ…. VOUS POUVEZ PENSER L’ÉTAT COMME UNE OEUVRE D’ART.»

En conséquence, il déclare en 1963, que « LA POLITIQUE EST L’ART DE FAIRE DES ARTISTES» et justifie ce paradoxe en affirmant que la politique est « l’art de planifier et d’élaborer les ressources naturelles de la société au bénéfice de tous». Le premier objectif de l’action politique devrait donc être L’INDIVIDU ET SON DÉVELOPPEMENT, afin que «le potentiel inhérent à chaque personne dotée d’un tempérament artistique ou créatif soit pleinement susceptible d’être mis en valeur».

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Pierrot vagabond

FRANK SCOTT BIOGRAPHIE….EXTRAITS POUR LE DOCTORAT

Frank Scott, une vie
biographie
Sandra Djwa
2001 les éditions Boréales pour les éditions françaises
1987 pour l’édition anglaise
extraits…

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p.105

Le groupe est l’une des nombreuses manifestations du nationalisme qui prévalait dans les années 1920. L’esprit qui règne après la guerre favorise l’éclosion d’un vif désir de posséder un art et une littérature authentiquement canadiens qui, selon l’idée la plus répandue, confirmeraient l’existence D’UNE NATION CANADIENNE.

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p.107

Si su Canada, le lien entre l’art et l’identité nationale a toujours été très étroit, il n’a jamais été aussi fort qu’au milieu des années 1920. En automne 1924, le groupe des sept est un phénomène national; l’énorme succès qu’il obtient à l’exposition de Wembley, cette année-là, a convaincu les visiteurs britanniques et par la suite les Canadiens, de l’existence d’un art canadien bien distinct. Comme il faut s’y attendre, les membres du groupe de Scott ont de grandes affinités avec les artistes canadiens et les mécènes de l’art.

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p.129

En fait, dans une nation en pleine mutation comme le Canada des années 1920, où le nationalisme et le modernisme romantique coexistent, de telles théories sont contraignantes. Smith, qui rejette les sujets canadiens et romantiques en faveur du cosmopolitisme, se coupe d’une grande partie de son public naturel. Scott, dont la conception du moderne n’exclut pas un paysage canadien quelque peu agrémenté à la sauce romantique, continue avec E.J. Pratt, d’écrire le poème nordique (et romantique) qui trouve infailliblement écho dans le public.

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p.167

Si, dans les années 1920, le jeune Scott s’interroge principalement sur sa vocation, sur l’art canadien et sur l’identité nationale, c’est surtout la grande question de la réforme de la société canadienne, par le biais de la politique et du droit, qui retient son attention dans les années 1930. La constitution, croit-il, définit, au sens large, la forme d’un Canada indépendant, juste et responsable sur le plan social. Il affirmera plus tard avec une pointe d’ironie que «la politique est l’art de faire des constitutions». Il étudie attentivement le texte de la constitution en prenant chaque mot au sens strict, ce qui l’amène à entreprendre une analyse critique des arrêts qui font jurisprudence en la matière, sans perdre de vue ce qui fait l’esprit du texte de la loi, c’est-à-dire «la sorte de Canada que l’acte de l’Amérique du nord britannique a tenté de créer, et qui, je le pense encore aujourd’hui, valait mille fois la peine d’exister». En droit, en politique et en poésie, son être rationnel et universitaire vit en parfaite symbiose avec son être moral et créatif.

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p.186

Une question clé revient sans cesse sur le tapis durant les années 1930 chez les Scott, chez les Lyman, au restaurant Samovar, rue Peel: « l’art doit-il se contenter d’être de l’art ou doit-il se mettre au service de la société?». Même si bien des gens considèrent que l’aspect social en art, est important, on continue de débattre face aux théories qui défendent l’indépendance de l’art. Ce débat touche les deux Scott (Frank et Marian, sa femme qui est peintre); ni l’un ni l’autre ne croient que l’art peut être subordonné entièrement à la position d’un parti, mais Scott a pourtant le sentiment que l’on ne peut plus apprécier l’art en lui-même

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p.255

Ce désir de se démarquer de la Grande Bretagne, clame Scott, trouve sa source non seulement dans le patriotisme canadien, mais aussi dans le fait qu’au moins la moitié de la population canadienne n’a pas de liens de sang avec la Grande-Bretagne, ce qui rend bien difficile au Canada le maintien de l’unité nationale.

« S’il est une société assez bonne pour cimenter d’une même loyauté toutes les races du Canada et leur permettre de surmonter leurs différences au point où ils pourront instaurer une union politique stable, alors c’est dans la conception même du Canada comme NATION qu’elle se trouve. L’ÉDIFICATION D’UNE SOCIÉTÉ JUSTE et coordonnée au sein de ce vaste territoire, l’élimination de la pauvreté et de l’insécurité grâce à l’utilisation sage des ressources naturelles, le développement des arts et des sciences, la liberté politique et spirituelle – tout cela en maintenant un équilibre entre les revendications des minorités raciales et religieuses – c’est une tâche… qu’on aura du mal à accomplir, sauf si l’on relègue aux oubliettes la politique étrangère impérialiste et désuète.»

L’idée d’une «société juste» lui est venue au printemps de 1939, en même temps qu’ont commencé des rencontres avec un groupe de gauchistes et de nationalistes canadiens-français pour discuter de politique étrangère.

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p.277

Pendant les années 1930, la lutte pour le bien de la société a pris le pas sur l’esthétisme de Scott. Toutefois, il reprend les vieilles notions du bien, du vrai et du beau pour les examiner dans une perspective humaniste et internationale. Tout ce travail de réflexion SUR LE CONCEPT DE DÉMOCRATIE lui fait entrevoir LE LIEN QUI UNIT LA DÉMOCRATIE ET LA BEAUTÉ. Pour Scott, l’artiste a droit à une place importante parmi les chefs de file de la démocratie. La démocratie «aura faim de beauté qu’elle sait en attente d’être créée. Les principaux ressorts de la démocratie sont la vérité, le beau, l’ordre, la création, la maîtrise et le savoir-faire. Ce sont aussi les ressorts de l,art. L’homme créant la vie, l’homme vivant la vie, l’homme comprenant la vie- tous se rejoignent dans ces deux projets.

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Pierrot vagabond

COURRIEL D’ALEXIS AU SUJET DE NOTRE RECHERCHE COMMUNE SUR LE THÈME DE L’ERRANCE

COURRIEL D’ALEXIS LEMIEUX

QUI FAIT SA MAÎTRISE EN CINÉMA

À L’UQUAM

Bonjour Pierrot,
Comment vas-tu?
Je suis en train d’effectuer les dernières corrections de mon mémoire de maîtrise! :)))
Peux-tu me dire si cette partie que je vais ajouter est impeccable et convenable dans la section méthodologie de mon mémoire ? (C’est à la suite du commentaire de Charles Perraton).
–1.4.5
Les expressions “errance axiologique”, “errance fantomatique” et “errance poétique” ont pris naissance dans le cadre de nos réflexions et de nos discussions philosophiques avec Pierrot Rochette au cours des deux dernières années. Nous avons interrogé le thème de l’errance en développant de nouveaux concepts qui lui sont liés. L’apport de Pierrot Rochette sur le plan de nos réflexions théoriques sur l’errance est indéniable.
Lors de notre première rencontre et discussion sur l’errance, au mois de mai 2013, à Salaberry-de-Valleyfield, Pierrot Rochette s’est intéressé à cette thématique par sa pratique du vagabondage et nous nous sommes intéressés à ses errances. Par la suite, nous nous sommes surtout rencontrés à Montréal, à l’UQAM, et en périphérie de l’université.
Le site centerblog.net retrace une partie considérable de nos correspondances écrites avec Pierrot Rochette qui font état de nos échanges théoriques qui ont influencé notre manière de décloisonner le thème de l’errance. Ils demeurent accessibles en ligne. (Nous avons conservé une copie manuscrite de ces correspondances).

Qu’en penses-tu?
Merci! à bientôt, Alexis

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COURRIEL RÉPONSE DE PIERROT

c’est vraiment très bon
à mon humble avis

Pierrot vagabond

LE CANADA PAYS OEUVRE D’ART? … le titre de ma thèse de doctorat en hommage à FRANCK SCOTT et sa question de fond: COMMENT FAIRE DU CANADA UN PAYS OEUVRE D’ART.

Frank Scott, une vie
biographie
Sandra Djwa
2001 les éditions Boréales pour les éditions françaises
1987 pour l’édition anglaise.

Dans mon roman philosophique, MONSIEUR 2.7 K  que l’on peut télécharger gratuitement….(www.reveursequitables.com/presse/monsieur 2.7k), Je décris une rencontre (romanesque bien sûr) entre Frank Scott et mon personnage principal Marie-Lola-Miel…

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MONSIEUR 2.7K (UN 1000 PAGES)
P.276-277
EXTRAIT….

Je passai plusieurs fois au 431 rue Clark à Montréal m’entrenir avec monsieur Scott et sa compagne Mariann.  J’étais subjuguée par l’idée de l’état oeuvre d’art. Devant ma passion d’artiste à
dessiner l’avenir de mon pays . Scott me dit soudain:

”L’état oeuvre d’art du 20ième siècle est constitué d’une part de la primauté du droit
(Kant) sur la force comme de l’individu versus la communauté et d’autre part, de la primauté de
l’état-providence
(Beverridge) sur les multinationales
autant que sur la langue, la religion la
race ou l’ethnie. Celui ou celle qui découvrira la conséquence logique des deux prémisses, soit la
primauté du droit et l’état Providence dessinera l’état oeuvre d’art du 2ième siècle. Mais comme
vous le savez sans doute, qui parle d’oeuvre d’art parle aussi d’histoire de l’art. Peut-être
devriez vous aussi chercher dans cette direction ? Peinture, littérature, sculpture… Même l’histoire des
religions part du fait que celle-ci pourrait se conceptualiser comme une mosaïque de systèmes
poétiques et politiques.

Mais, lui dis-je,
comment, sur quel sujet et avec qui faire ma maîtrise dans un tel
flou?

M. Scott me proposa, ”K”…omme tuteur, un homme charmant du nom de Jack Warwick,
en année de recherche à Mc Gill , spécialiste du ””K”…oureur des bois” dans la littérature
”K”…anadienne française. Issu d’Oxford, il était sur le point d’ obtenir un poste de chercheur à
l’université de Toronto. Après quelques conversations des plus stimulantes, il me fit miroiter la possibilité de m’y emmener ”K”…omme assistante de recherche si le hasard lui était favorable,
étant donné ma passion pour la littérature et la politique d’ici.
”Vous savez, me dit monsieur Warwick
Quand Lewis et Clark
ont été mandatés par le président américain
pour explorer (et s’approprier) l’ouest ”K”…anadien
il y a de cela 200 ans…
c’est à des ”K”…anadiens
qu’ils ont pensé pour les guider dans ces terres inconnues.
Des ”K”…anadiens des frenchmen
qui couraient les bois et les rivières
du ”K”…ontinent depuis 200 ans déjà.

Etre ou ne pas être, voilà la question , me dit-il
en riant
Ce serait formidable ”K”…ue vous y soyez.

Quelle serait la femme idéale pour vous Jack?

Celle du ”K”…oureur des bois? lui dis-je
en riant aux éclats…

Jack Warwick de répondre :
Celle qui serait Maria Chapdelaine
par la beauté du pays qui ”K”…oule en elle et
Margaret Sangers par sa passion ”K”…ontinentale
à se conquérir comme femme.
Le mythe féminin du 21ième siècle
au ”K”…anada comme le disait jadis les amérindiens
un symbole de liberté féminine
à la grandeur des deux Amériques

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FRANK SCOTT
FUT EN 2001 LE DÉCLENCHEUR
DE MA QUÊTE DOCTORANTE
DU CANADA PAYS OEUVRE D’ART et le pourquoi j’écrivis mon 1000 pages monsieur 2.7 k pour tenter de comprendre ma vision post-moderniste comme post-internet du Canada.

Je me rends compte que depuis 2001, la bouleversante découverte du programme de recherche en philosophie politique de Franck Scott n’a pas bougé en moi  au travers des mes milliers d’heures de lecture.

Frank Scott a posé la bonne question: COMMENT FAIRE DU CANADA UN PAYS OEUVRE D’ART? Il a même articulé le chemin de la stratégie contextuelle, comme celui des enjeux, de la problématique et de la méthodologie d’argumentation.

LA PENSÉE DE FRANK SCOTT SERA DONC AU COEUR DE MON CADRE THÉORIQUE COMME DE MA STRATÉGIE CONTEXTUELLE.

Je commence donc à relire sa biographie ce matin, 15 ans après l’avoir découvert, dans la cave de la librairie alternative recyclo-livres de Victoriaville où j’ai dormi sur une table au milieu des livres durant 4 ans et demie pour mieux redessiner philosophiquement mon Canada pays œuvre d’art par( CE QUE JE CROYAIS UNE RÉPONSE IDÉALISTE PRAGMATIQUE À LA QUESTION DE FRANK SCOTT)…..une masse critique de vies personnelles œuvre d’art.

 

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Pierrot vagabond

LE TABLEAU «COUREURS DES BOIS AU COUCHER DE SOLEIL EN HIVER» DE CORNELIUS KRIEGHOFF (1815-1872), ICÔNE DU «CANADA PAYS OEUVRE D’ART?«

Philippe Dubé, professeur au département des études historiques à l’Université Laval a écrit un excellent article dans le DEVOIR de ce matin: AU PAYS DES DÉSHÉRITÉS, le patrimoine est un pacificateur, il est là pour rassembler, créer un lien social.

Détail du tableau «Coureurs des bois au coucher du soleil, en hiver», de Cornelius Krieghoff (1815-1872). L’oeuvre est un legs d’Arnold Wainwright.

Photo: Musée McCord
Détail du tableau «Coureurs des bois au coucher du soleil, en hiver», de Cornelius Krieghoff (1815-1872). L’oeuvre est un legs d’Arnold Wainwright.

———— (extrait de l’article)

Deux grandes figures

Il faut rappeler que deux grandes figures mythiques hantent notre passé et l’illustrent à la fois : le colon qui s’acharne à s’établir et le coureur des bois qui cherche à explorer l’ailleurs. Deux figures qui s’opposent en quelque sorte : l’une « s’empayse », l’autre se dépayse. Dans ce contexte, il est difficile de s’entendre sur lequel de nos héritages prévaudra dans notre mémoire collective afin de construire l’avenir. Les héros ici se confrontent, s’affrontent même, quand il s’agit de ramener le passé au présent. Ce tiraillement devient évidemment stérile à la longue, car l’« empaysement » poursuit son oeuvre par l’implantation progressive du pays réel alors que le « Canadien errant » n’a de cesse d’arpenter l’ailleurs et de redessiner le pays imaginaire. L’un nous incite à faire corps avec le sol québécois ; l’autre tente de nous réinventer sous des traits venus d’horizons lointains. S’ajoute à ce débat interne le nouvel arrivant qui n’est pas sûr de faire réellement partie de la famille d’accueil, mais qui, pourtant, souhaiterait pouvoir se poser une fois pour toutes sur une terre paisible et prospère afin d’assurer l’avenir des siens.

Dans une pareille conjoncture, on ne sait plus où donner de la tête. Vers quelle image de nous-mêmes se tourner alors que nous avons besoin de figures tutélaires pour guider notre devenir ? Que faire ? Surtout pas la guerre ! Le patrimoine, lui, est un pacificateur, il est là pour rassembler, créer du lien social pour permettre le vivre-ensemble. Ces traces du passé doivent en effet agir comme des repères dans l’espace public pour nous rappeler que d’autres avant nous ont marqué le paysage social et culturel dont nous héritons. C’est pour cette raison que nous devons nous entendre sur les vestiges du temps qui nous précède. Le patrimoine doit être consensuel, il ne peut se permettre d’être conflictuel.

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LE COLON me semble représenter l’empaysement tel que les nationalistes du Québec perçoivent les droits collectifs d’un peuple.

LE COUREUR DES BOIS me semble l’icône d’un territoire à conquérir qui s’appelle LE CANADA PAYS OEUVRE D’ART?.

LA PEINTURE COUREUR DES BOIS AU COUCHER DE SOLEIL EN HIVER  DE KRIEGHOF ME SEMBLE L’ICÔNE MÊME DU CANADA PAYS OEUVRE D’ART? qui devrait un jour transcender la monnaie canadienne…. invitant à une masse critique de vies personnelles œuvre d’art à dessiner le pays œuvre d’art.

Vis ton rêve comme le coureur des bois a vécu le sien, parcoure la beauté du monde et prends-en soin, le Canada de l’imaginaire t’y invite.

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Pierrot vagabond

LE CANADA PAYS OEUVRE D’ART, FER DE LANCE GÉOSTRATÉGIQUE INÉDIT DU RETOUR DE NOTRE PAYS AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU

Ce qui est extraordinaire pour un chercheur en philosophie politique, c’est de redessiner la politique extérieure d’un pays par l’étiquette de NATION et ses attributs essentiels. C’est en sortant du multi-culturalisme comme de l’inter-culturalisme comme base de fondement philosophique de notre multi-identité que le peuple canadien pourra enfin commencer à s’unir derrière la vision d’un monde plus constructif et plus pacifique.

Il m’apparaît intelligent de redéfinir la plateforme électorale de la prochaine élection du parti libéral du Canada par des concepts inspirants comme ceux du canada pays œuvre d’art par une masse critique de vies personnelles œuvre d’art. Ce qui fait suite historique à la lignée interrogatrice des Franck Scott, Pierre-Eliott Trudeau, Justin Trudeau,

Au niveau de la politique intérieure, en faisant de chaque citoyen canadien, qu’importe sa race, sa langue ou sa religion un acteur majeur vie personnelle œuvre d’art du Canada pays œuvre d’art de demain, par une plate-forme électorale architecturalement pertinente, cela permettra de redéfinir philosophiquement une base pour réformer la constitution, le mode de scrutin comme la nature du sénat canadien, hors du conflit binaire entre les droits de l’individu (charte des droits et libertés) et ceux des collectivités (indépendance du Québec).

Mais bien plus, cela provoquera aussi un réalignement géostratégoique de la politique extérieure du Canada, que ce soit au niveau du sens nouveau que prendra la place du Canada au sein du conseil de sécurité de l’ONU ou que ce soit dans son leadership pour un monde dépouillé de son armement nucléaire par des États-Nations acceptant de se départir d’une part de leur souveraineté en faveur d’un bien commun de l’humanité entière, sans guerre et sans enfants qui se meurent de faim ou de blessures de guerre.

Pour Stephane Dion, responsable de la politique extérieure du Canada, élever notre pays au niveau des plus honorables par l’idéalisme pragmatique à l’image des casques bleus de Pearson, ne peut que faire du Canada un modèle dont l’humanité a tant besoin pour relever les défis planétaires du 21eme siècle

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Pierrot vagabond

LA QUATRIÈME QUESTION…. CELLE QUI FAIT LA DIFFÉRENCE ENTRE LE RÊVE CANADIEN ET LE RÊVE AMÉRICAIN.

EN QUOI TON RÊVE PREND-IL SOIN DE LA BEAUTÉ DU MONDE?

Quand on analyse le rêve américain… qui se résume à passer de la pauvreté à la richesse… on peut lui accoler les trois premières questions du pays œuvre d’art.

1- Quel est ton rêve?
2- Dans combien de jours?
3- qu’as-tu fais aujourd’hui pour ton rêve?

Mais le rêve canadien lui s’ennoblit de la quatrième question:

4- EN QUOI TON RÊVE PREND-IL SOIN DE LA BEAUTÉ DU MONDE?

Franck Scott, le brillantissime francophile mentor de Pierre-Eliott Trudeau, le père de Justin Trudeau s’était posé la bonne question:

COMMENT FAIRE DU CANADA UN PAYS OEUVRE D’ART?

Mais la conjoncture régionaliste des émotions primaires (race, langue, religion) avait enfermé les conditions d’intelligence philanthropique de la réponse dans un raisonnement binaire (multi-culturalisme versus mono-culturalisme) avec une tentative d’argumentation éthique (les droits de l’individu par la charte des droits et libertés en prédominance sur les droits de la collectivité (l’indépendance du Québec).

LE CANADA PAYS OEUVRE D’ART PAR UNE MASSE CRITIQUE DE VIES PERSONNELLES OEUVRE D’ART… est un concept de philosophie politique possédant la même intention de redessiner le contrat entre l’état et la nation que le concept de NATION ARC-EN-CIEL en Afrique du sud. En redéfinissant l’étiquette de nation de façon an-historique et constructiviste strict… en fonction de l’avenir, avec l’objectif de se libérer des chaînes de l’histoire aux multiples versions aléatoires variant d’un océan à l’autre selon les forces idéologiques s’affrontant au cœur du territoire.

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WIKEPEDIA… NATION ARC-EN CIEL

La nation arc-en-ciel (Rainbow Nation en anglais) est une notion inventée par l’archevêque Desmond Tutu afin de désigner son rêve de voir construire une société sud-africaine post-raciale. C’est aussi une façon métaphorique de penser la cohabitation des groupes, non par leur fusion mais juste par leur juxtaposition1. Critiquée pour sa symbolique, la notion, qui a succédé à celle voisine de société plurale développée sous l’apartheid, est restée un mirage au regard de l’évolution du pays.
La société plurale[modifier | modifier le code]

Dans le modèle d’apartheid traditionnel, l’Afrique du Sud était déjà présentée comme une société de nations possédant chacune sa propre culture2. À partir des années 1960, le concept de société plurale servit à définir la société sud-africaine pour justifier la séparation raciale3. Plusieurs auteurs étrangers comme Arend Lijphart et Samuel Huntington proposèrent des perspectives d’évolutions pour ce type de société telle l’Afrique du Sud4,5. Ainsi, à partir notamment des modèles suisses et allemands, Lijphart envisagea pour l’Afrique du Sud un modèle de démocratie consociationnelle c’est-à-dire un système politique basé sur l’association et le consensus des divers groupes sociaux, ethniques et politiques du pays6. C’est ce modèle qui aura la préférence de Frederik de Klerk et des dirigeants du parti national lors des premières négociations sur le démantèlement de l’apartheid au début des années 1990.

Inventée par l’archevêque anglican Desmond Tutu, le concept de « nation arc-en-ciel » est censé traduire l’association des différentes communautés d’Afrique du Sud en un nouvel ensemble. Imprégné de symboles religieux, elle constitue une nouvelle alliance (new covenant), un nouveau pacte fondateur succédant à celui des Afrikaners avec Dieu à l’aube de la bataille de Blood River en 1838. Elle évoque cette fois une alliance proposée par Dieu à tous les hommes en rupture avec la tradition calviniste et afrikaner de la prédestination7.

Cette mythologie introduite par un homme religieux sera instrumentalisée par les hommes politiques sud-africains qui y voient un instrument efficace de mobilisation sociale. Elle permet aussi par sa généralisation d’affirmer qu’il n’y avait pas de perdant dans la négociation qui mit fin à la domination blanche tricentenaire et que tous les Sud-africains, quelles que soient leurs origines et convictions politiques, opposés ou non à la séparation territoriale, sont des vainqueurs de la lutte contre l’apartheid7.

Dans ce contexte, la mise en place de la commission vérité et réconciliation concernant les crimes et exactions commis de part et d’autre, et présidée par le même Desmond Tutu, participe à la refondation symbolique de la nation sud-africaine et à la « survalorisation systématique des symboles et des mots »7. C’est ainsi que l’identité nationale sud-africaine tenta d’être repensée par une refondation symbolique et non par une rupture radicale. Aux anciennes catégorisations raciales furent affectées de nouvelles significations sociales aux opportunités nouvelles (urbains, ruraux, hétérosexuels, homosexuels ….). Parallèlement, les mots refondateurs tels que nation arc-en-ciel donnèrent naissance à d’autres concepts comme nouvelle Afrique du Sud pour désigner celle présidée par un président noir « ou miracle sud-africain » pour le bain de sang évité. C’est dans ce mode de fonctionnement que les deux hymnes nationaux, Die Stem (hymne des Blancs) et Nkosi sikelel ‘i Afrika (hymne des Noirs) sont combinés en deux couplets1. C’est dans ce même contexte que, dans un premier temps, plusieurs noms de provinces (KwaZulu-Natal), de villes (Pietersburg-Polokwane …) se voient associés d’un nom bantouphone. D’autres villes sont insérées dans de nouvelles municipalités au nom bantouphone (municipalité de Tshwane, Erkuhuleni)8.

La nouvelle Afrique du Sud va pendant un temps fonctionner sur l’image de Nelson Mandela, figure érigée en emblème fondateur par ses partisans nationaux et ses admirateurs étrangers comme, en France, Jacques Derrida7. La “mandelamania” qui se met alors en place est un palliatif rassurant pour des citoyens en quête d’identité dans le monde nouveau et incertain qui s’installe en Afrique du Sud en 1994. La notion de nation arc-en-ciel sert à combler le vide qu’a laissé la disparition de la pertience des anciennes catégories d’interprétation du monde sud-africain sans pour autant que celles-ci disparaissent concrètement7. Dans ce climat incertain, une permanence historique de la société sud-africaine telle qu’établie dans la période située entre la fin de la seconde guerre des Boers et la promulgation du South Africa Act et fonctionnant à la fois sur un certain double langage et sur des ressentiments opposés (espoir /désespoir, pessimisme/optimisme sur l’avenir), se révèle finalement plus forte7.

Les premières critiques de la notion ont fait valoir que le symbole de l’arc-en-ciel n’était pas cohérent avec sa supposée signification : Les couleurs de l’arc-en-ciel ne se mélangent pas et ne comportent pas la couleur noire7 ni la couleur blanche. Pour d’autres, la “Nation arc-en-ciel” n’est qu’un mythe. Selon le chercheur Vincent Darracq du Centre d’études d’Afrique noire de Bordeaux, les inégalités n’ont jamais été si fortes que dans la décennie qui a suivi l’invention de ce terme9. Dans son roman Chambre 207, l’écrivain sud-africain Kgebetli Moele dénonce aussi ce qu’il considère comme un mythe mais aussi l’ère Mandela.

Alors que le concept de Desmund Tutu est censé symboliser la réconciliation raciale et un avenir meilleur, le pays est aussi connu pour son insécurité qui cependant n’épargne ni les Noirs ni les Blancs. Selon les statistiques, plus de 219 000 attaques et près de 200 000 cambriolages à main armée ainsi que 19 000 meurtres, 52 000 viols et 20 000 tentatives de meurtre ont été enregistrés dans ce pays de 48 millions d’habitants en 2006. Et plus de 16 % de Blancs (qualifiés) ont quitté le pays. Selon une enquête publiée en décembre 2009, seuls environ 50 % des Sud-africains estiment que les relations entre les différents groupes raciaux dans le pays sont meilleures que durant l’apartheid et 46 % des Sud-africains affirment n’avoir jamais eu de rapports sociaux avec des personnes de race différente que ce soit dans leur propre maison ou chez des amis. Ainsi, les cérémonies privées (mariage, baptême ou obsèques) continuent de s’effectuer à l’intérieur d’un même groupe racial ce qui permet de dire que le rêve de la nation arc-en-ciel appelé de ses vœux par Desmond Tutu est encore un mirage10.

DE L’ERR(E)NCE POÉTIQUE À L’ESTHÉTISME POLITIQUE…. LA NATION DU CANADA PAYS OEUVRE D’ART LIBÉRÉE DES CHAÎNES DE L’HISTOIRE

Quand j’ai commencé à vagabonder le Canada pour allumer des rêveurs, j’étais inspiré par la question de Franck Scott, mentor de Pierre-Eliott Trudeau… COMMENT FAIRE DU CANADA UN PAYS OEUVRE D’ART?

Bien sûr, de longues années de recherche autant pragmatiques empiristes qu’idéalistes intellectuelles m’ont amené à saisir la différence entre trois errances (fantomatiques, axiologiques et poétiques).

La race, la religion et la langue sont des constructions sociales régionales permettant à des élites de la classe moyenne de s’emparer de pouvoirs politiques en abusant des émotions primaires du peuple.

Les droits de l’homme par contre, sont les premières constructions sociales issues de la pensée abstraite permettant à un état de redessiner géographiquement l’étiquette de nation pour qu’un pays puisse se géopolitiser selon des normes internationales.

Mais contrairement aux primitifs régionaux de la société morale (langue, race et religion) ou aux well-éducated nationaux de la société éthique (les droits de l’homme), les stricts constructivistes du pays œuvre d’art par des vies personnelles œuvre d’art sont directement issus de l’histoire de l’art et du passage de l’esthétisme à la philosophie de l’art ( le sublime de Kant, l’insolite de Baudelaire et l’indifférence des ready made de Duchamp ayant libéré l’œuvre d’art de toutes les règles sauf de celle qui fait que je décide que telle œuvre ou telle action est une œuvre d’art faisant de chaque personne humaine des artistes comme l’a prophétisé le performeur de fluxus, l’allemand Joseph Beuys).

Bien sur, le passage d’Aristote (la vertu), à Descartes (la raison) à Spinoza (le désir), Kant (la raison transcendantale) et Freud (le moi, le surmoi et le ça_comme cartes géographiques successives de de l’âme humaine a précédé et inspiré ma découverte de l’importance donnée au rêve individuel oeuvre d’art pour cimenter et le sens d’une vie et le sens de la vie et du  rêve d’un Etat-nation œuvre d’art du 21ème siècle.

La nano-démocratie devenant l’outil planétaire des conditions d’intelligence philanthropique, les États des nations-unis seront amenés peu à peu à considérer comme un crime contre l’humanité toute dysfonction reliée au code d’honneur marqueur du 21eme siècle, celui de faire en sorte que chaque personne humaine sur la terre ait un droit inaliénable à une vie personnelle œuvre d’art, avec à son service des forces harmonisées des états-nations œuvre d’art.

Cela m’apparaît le rôle d’un chercheur en philosophie politique par des recherches analogiques, de fonder les paramètres paradigmatiques des conditions d’intelligence philanthropique dont la planète terre aura besoin pour conscientiser sa vie future au-delà de la survie environnementale actuelle.

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Pierrot vagabond

LA LANGUE FRANÇAISE AU QUEBEC… PASSER D’UN BILINGUISME SOUSTRACTIF À UN BILINGUISME ADDITTIF

C’est en vagabondant le Nouveau-Brunswick cet été et en étudiant en particulier la socio-linguistique  défensive de Caraquet, que j’ai pu vivre le malaise d’une langue française soustractive… comme dans le dossier des autobus scolaires où l’on sépare les français des anglais pour protéger la culture francophone… quelle niaiserie au 21eme siècle… on se croirait dans le sud des États-Unis en 1950.

Quelle tristesse que la langue utilisée comme un gettho…. alors qu’ici à l’université Concordia, à la bibliothèque en particulier, le bilinguisme additif et même le trilinguisme additif possède la force et le parfum de la pertinence cosmopolitique, de l’envergure internationale comme de la joie de la différence comme celle de la méritologie par l’émulation….

Au 21ème siècle, la langue française fera partie d’un récit d’une nation progressiste et linguistiquement additive là où philosophiquement l’enjeu géopolitique en fera surgir le bien-fondé, comme à Vancouver, par exemple, l’apprentissage de la langue chinoise devient additivement un atout à l’anglais.

Il m’apparait essentiel dans le Canada pays œuvre d’art de vivre la langue régionale d’un océan à l’autre comme une force pour toute vie personnelle œuvre d’art désirant œuvrer à l’international soit en bilingue additif ou en trilingue additif.

La langue, utilisée négativement politiquement, comme la race ou la religion ne sert qu’à créer une clientèle d’arrière garde à des partis politiques conservateurs divisant pour régner, créant des ennemis intérieurs là où ils où on a tant besoin d’objectifs communs pour que chaque canadien puisse avoir une chance égale et solidaire en vue d’une vie personnelle œuvre d’art inspirée par un rêve personnel et cela dans la langue de son choix.

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Pierrot vagabond