ISABELLE LA BOXEUSE… LA REMARQUABLE INTENSITÉ DES 16 DERNIERS JOURS AVANT LE DÉPOT DE SON MÉMOIRE DE MAÎTRISE SUR L’ART ET LA BOXE

ISABELLE LA BOXEUSE

OU LA FEMME OEUVRE D’ART D’UN RÊVE ÉPIQUE À LA HAUTEUR D’UN PAYS

Cela fait 5 ans maintenant que j’ai le bonheur de côtoyer à titre d’ainé intellectuel une des personnalités les plus énigmatiques que je n’ai rencontrée dans ma vie. Intègre, insolente, d’une intelligence conquérante, tenace, méticuleuse, avec une hygiène de croissance de vie intense, sans filtre, la raison directement branchée sur son cœur, loyale à sa famille autant quà sa confrérie de la boxe, CETTE JEUNE CHERCHEUSE UNIVERSITAIRE a mis quatre ans de lectures fondatrices pour architecturer un document de près de 100 pages alors qu’on lui en demandait 30.

Je peux témoigner de cette eumétrie sans faille que fut la nôtre. Faisant passer la franchise par l’intensité de ne jamais faire de compromis, Isabelle s’est toujours battue intellectuellement pour non seulement faire respecter ses intuitions conceptuelles, mais surtout pour faire les vérifications bibliographiques qui s’imposent. Je représentais plus pour elle un coffre à outils dans lequel piger au besoin pour sculpter ses propres outils conceptuels. (Ex: sa méthodologie reposant sur une oralité littéraire modulant baroquement la réthorique cinglante  à l’argumentation intuitive.)

«LE RING EST LE SEUL TABLEAU QUE J’HABITE» fut son axiome… L’Arthlétisme son étiquette originale à conceptualiser dans un work progress tenant compte d’une démarche à plus long terme,  par le biais d’un argumentaire baroque très bien documenté, au summum de ce que l’exercise stylistique d’une maîtrise institutionnalisée exige de ses étudiantes. (soit un niveau de cohérence où les apprentissages méthodologiques à maîtriser soupoudre un peu excessivement le contenu du sujet lui-même.) Le doctorat qui suit insistant sur l’originalité et les apports novateurs permettant d’enrichir substantiellement un champ de connaissance.

Combien de fois Isabelle la boxeuse m’a dit, alors que nous étions assis durant des heures et des heures au restaurant: «Je ne veux pas que tu te mêles de ma maîtrise « je veux juste que tu me dises si la manière dont je m’y prends est correcte.»

Alors qu’il ne reste plus que 16 jours avant le dépôt de son mémoire, je sais que, en sortant de son travail, d’autres heures seront encore à consacrer à corriger, corriger, corriger, améliorer, synthétiser, redessiner… ET IL EN SERA AINSI JUSQU’À LA DERNIÈRE MINUTE. A mon humble avis, cette femme exceptionnelle,  s’est bâtie une formidable tête de doctorante alors qu’elle vient d’une famille où il y a beaucoup d’amour entre grand-mère, frères, neveux nièces, mais où Isabelle devient la première génération d’universitaires (et elle compte bien en faire bénéficier ses neveux et nièces).

Il faut rendre hommage ici à sa directrice Hélène  qui a su composer remarquablement avec douceur mais rigueur, avec cette couleur indécente d’une personnalité créatrice survoltée, promise à un brillant avenir intellectuel. Isabelle lui voue une grande admiration et elle a bien raison.

A sa directrice, que je ne connais pas personnellement, j’aimerais juste lui confirmer que l’intégrité intellectuelle d’Isabelle durant les quatre années de sa réflexion théorique sur son objet de recherche… fut sans faille, à la hauteur d’un pays, entre la passion et les larmes, entre la colère et la fierté d’une combattante, autodidacte à ses heures, fière de suivre des cours à l’université, désirant contribuer en devenant un jour une pédagogue hors norme. C’est une acharnée d’aider l’autre à se battre contre ses difficultés d’apprentissage. Quand je la regardais accompagner son frère dans ses études, je me disais: « Elle… le jour où elle va faire œuvre, il y a une carrière qui l’attend».

Il te reste 16 jours Isabelle… les 16 jours les plus intenses de ta vie… garde le focus:)))))

Pierrot vagabond, ton g.p.

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PASSAGE DE LA CONCLUSION

DU MÉMOIRE DE MAÎTRISE D’ISABELLE LA BOXEUSE

QUI SERA DISPONIBLE GRATUITEMENT SUR INTERNET

D’ICI QUELQUES MOIS.

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UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL

BOXE
CORPS-À-CORPS : RÉALISATION D’ŒUVRES PERFORMATIVES ET CHORÉGRAPHIQUES CONFRONTANT LA FIGURE DE L’ARTISTE À CELLE D’UNE PUGILISTE.

MÉMOIRE-CRÉATION
PRÉSENTÉ COMME EXIGENCE PARTIELLE
DE LA MAÎTRISE EN ARTS VISUELS ET MÉDIATIQUES

Conclusion
extrait

Résumons puisque cette jeune femme c’est moi ; celle qui aura persisté de ses préceptes à ses concepts, aura affronté le rachitisme réflexif d’un vieillard n’ayant jamais boxé. Celle qui aura su faire taire les trente ans de connaissance de cet érudit, la chemise poudrée de pellicules disant : « T’as raison, mais s’pas l’temps que t’ailles raison ! », aura tout autant rejeté la méthodologie de ce rabougris osant rajouter : « Hey, c’est moé qui mène » le ton acerbe d’un vieux John Wayne sartrien, furieux et rougi, par la passion qui le désorganise, imposant un branle-bas d’arguments logiques trop lent pour elle, surintendant la force de ses compliments comme un vieux pyromane oubliant le gaz qu’il transporte, ne tenant compte, ni de la subtilité ni de la nuance contenue dans les choix de cette jeune femme.
Retenons, celle qui aura refusé les lectures en diagonal, lu en entier tous les ouvrages essentiels à ses recherches forçant l’éloge d’un mérite dont ce monsieur supérieur – j’ai raté trois mariages – ne pourra jamais se glorifier – celle qui aura été confrontée à la seule réplique positive qu’il n’eut pas le choix d’évacuer : « n’oublie jamais qu’l’jour où tu fais œuvre, toi, y’a une carrière qu’y’t’attend » exigeant toujours plus. Celle qui aura su se détacher de la logique austère de vieux chansonnier, qui sera restée vigilante quant à l’influence de cette espèce agissant pire qu’un fumeur septagénaire asthmatique qui revendique un cendrier alors que les codes sociaux de la résidence dans laquelle il se trouve ne le permettent plus, elle aura refusé tout autant les fêlures de ce vieillard, oubliant que la société qu’il fuit dans ses livres n’existe déjà plus, alors que la mienne a grandement changé, négligeant trop souvent la confiance qu’il porte en cette jeune femme.
Cet anthropophobe infusé dans l’impossibilité de se faire couler un café, aura été opposé à une jeune femme intègre dont les efforts honorent une telle démarche. S’emportant, s’offusquant, se fâchant à plusieurs reprises même, elle aura affronté cette vieille chaussette teintée de patriarcat comme la confiture d’un bonbon goudronné, et aura préservé donc maintenu son autonomie, aura peu à peu atteint une maturité intellectuelle bien au-delà de la sévérité des commentaires de cet homme appartenant à la canne d’une génération élitiste, ne l’aidant pas, elle aura combattu cette tendance vacillante d’animateur porté à réfléchir à sa place le concept de l’Arthlétisme, puisque trop heureux tel un dictionnaire vivant, dérangeant, voulant définir avec l’heure un terme plus grand que la possession matérielle de ses quatre bouteilles d’eau contaminées qui le pressurent dans son rôle de poète-imprécis-dont-le-centre-de-convictions-reste-à-clarifier, un concept qui, l’Arthlétisme, avouons-le, le concerne peu, et même pas du tout, car Le ring est le tableau que j’habite. Il est mon seul tableau.
Et ce de quelle manière ?
Rappelons-le lui, ainsi qu’à d’autres, tel qu’il est écrit depuis déjà plusieurs années dans le synopsis de l’œuvre vidéographique et documentaire intitulée le Boxe-painting :
« J’ai en mémoire la boxe comme une éternelle seconde vie, je suis seule avec cette idée qui habite mon âme, comme si elle avait son espace dans mon esprit. Ce souvenir est d’horreurs et de privations, il m’interpelle si fort que maintenant j’ai froid. »
Finalement, que peut une jeune femme devant ce vieillard survivant à des recherches inachevées qui finissent par l’assoupir ? Mais surtout que fait cette femme dont la vitalité, l’intensité et la joie intrinsèque contraste avec le joug-jello d’un être pareil dont l’hermétisme indécent ennuie le sens commun ?
Elle joue ? Alors disons qu’elle joue à l’assistante de recherche et à la petite fille colorée d’un grand-père-œuvre-d’art qu’elle n’a jamais eu, telle l’Alice Munro d’un prix Nobel et ainsi elle ne doit jamais oublier qu’elle est de loin plus analytique, probablement plus précise, voire plus conceptuelle que ce vagabond qui ne sert à rien ! Malgré tout, notons que nous formerons une dyade professionnelle, puisque que je l’ai décidé, une dyade à la hauteur d’un pays dont l’éthique marquera peut-être l’Histoire , c’est pourquoi j’accepte la présence de ce vieil homme.
Je suis celle, pour qui, boxer est plus grand que créer. La boxeuse en moi, ayant vécu par le biais de la pratique pugilistique des états de conscience altérés, mais dont le corps était en état de vieille, plutôt en survie, en proie aux exigences et aux contraintes physiques dont il avait été forcé, met en relief un phénomène qui, dans ce ring fut suffisamment lucide pour admettre que ce surgissement, dans l’état où elle se trouvait , ne pouvait pas être donné à voir par la volonté ni par les prouesses athlétiques. Celle qui, la boxeuse, croyant en cet état de fait, a vécu l’expérience d’une force vitale bergsonienne, d’une énergie plus grande encore, que ce à quoi elle s’attendait, écrivons-le, car ce n’était ni la conscience pensante ou réfléchissante, mais bien un espace à l’intérieur d’elle-même qui combattait à sa place, un peu comme si la noblesse et la sagesse réunies à travers ses os avait choisi de livrer cette performance malgré un corps épuisé, drainé de fatigue.
Cette jeune femme c’est moi, créatrice de l’Arthlétisme, celle qui a toujours rêvé d’atteindre l’universel, celle qui s’est acharnée à saisir, intellectuellement, l’énergie dont elle était habitée. Je suis celle qui a cherché à rejoindre l’Esprit de la boxe, et qui, je l’espère le cherchera toujours…Ces années de recherche m’auront permis d’identifier distinctement ce qui se passe en moi lorsque je boxe ; l’instinct se bat avec l’Intelligence continuellement, et derrière se loge l’intuition créatrice ayant pour fonction de synthétiser les émotions sous-jacentes qui traversent mon corps lorsqu’il se meut. (J’écris « derrière », car il s’agit d’un mouvement frémissant qui me traverse le dos, frappant l’entendement par les jugements synoptiques de ces images qui m’habitent, ce mouvement résonne, je le reçois et il revient par des mots)…….

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